le blog de MARILYNE BERTONCINI

coin de bureau, petit matin

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écrire dans la pénombre poudrée du petit matin…

23 août, 2016 à 9:02 | Commentaires (0) | Permalien


The Underside of the Riviera sur Mediterranean Poetry

mediterranean poetryThe Underside of the Riviera
 
A sooty morning flickers behind the window,
under the mist embroidered by the tangled breaths
in the metallic belly of the train.
Crumpled bodies are folded on the seats under the vulture wings
of an unfolded newspaper.
The platform is rustling with mixed languages,
and the panting of the train, the squeak and stink of the brakes,
the snort of the cars, and shrill of the rails.
A silent bird is soaring very high – No one sees it but me.
A geostationnary satellit twinkles like a star.
The light on the platform down here
jigsaws the knife-blade profiles of the palms
and the morning glow barely hems the pass of Villefranche.
 
In Monaco, the train slowly vomits –
empties its paunch under
the gloomy neon light of the tunnel,
where the bitter light of the daybreak
drills like an eye.

A tiny range of blue-grey clouds on the skyline,
where the ruddle-rose morning oozes in the sky,
is streaked by a geometrical flight.
Then the rows of buildings
and the cranes before the station
swallow the sky.
 
Turning back,
facing the sunset, blink your eyes
and keep on the weary retina only bars
of fire
instead of the rollers.

22 août, 2016 à 10:18 | Commentaires (0) | Permalien


Les Yeux clos

Ferme les yeux, puis presse l’index sur tes paupières pour créer l’indispensable brasillement de mimosa d’arrière-plan.

Patience : attends l’éclaboussure stellaire, l’éclatement de nova, au creux du noir des yeux rouverts sur l’espace intérieur.

Ensuite, imagine un anneau, un très grand anneau de fer ou d’acier – très grand – pas trop! – qui tourne en miroir de lui-même et s’enroule, et que tu parcours, les yeux clos, en marchant à tâtons.IMG_5982

Tu commences à l’intérieur du métal froid, que tu sens sous tes doigts – tu perçois même la saveur de fer sidéral tandis que tu marches sur le ruban. Tu avances, pas à pas, et te retrouves plongé dans l’éclaboussement parfumé du mimosa de ton enfance – tes doigts égrènent la pelucheuse constellation de l’acacia dealbata qui te caresse aussi les joues et prononce à tes lèvres les mots muets du souvenir…

Tu continues d’avancer le long du ruban qui tourne sur lui-même, et hop, le métal glacé de la vie retourne bruissant comme une vague, tu continues…

Te voici pris dans le mouvement perpétuel de l’anneau d’éternité qui se trouve, dans mon musée imaginaire, sous le nom de Chilida.

19 août, 2016 à 9:48 | Commentaires (0) | Permalien


Minute de silence

 

.

Au canon de midi

la radio a cessé

.

La brise marine même a retenu son souffle

Tout s’est tu

La circulation doucement étouffée

s’éteint

.

Par la fenêtre ouverte m’enveloppe

comme un drap tiède le silence

qui retombe

.

Puis un scooter au loin

le vent qui bat de l’aile

et la vie qui reprend.

18 juillet, 2016 à 12:27 | Commentaires (0) | Permalien


Pas d’oiseaux ce matin…

.

Pas d’oiseaux, ce matin.

Il fait trop chaud, dis-tu :

Les oiseaux, comme nous,

s’en vont vers les collines

quand la ville surchauffe.

 

Pas d’oiseaux, ce matin.

Les sirènes sans cesse…

Les oiseaux, comme nous,

pleurent l’espèce humaine,

la folie et la haine.

 

Plus d’oiseaux ce matin -

le ciel est vide

et tremble

en attendant demain…

 

17 juillet, 2016 à 10:13 | Commentaires (0) | Permalien


14 juillet 2016 – attentat de Nice… goût de cendres…

Doménikos Theotokópoulos (El Greco), Pietà, c. 1587-97

Doménikos Theotokópoulos (El Greco), Pietà, c. 1587-97

 

Agrippa d’Aubigné déplorant, dans Les Tragiques,  les déchirements de la France pendant les guerres de religion : à lire comme un appel à l’union des hommes de bonne volonté face à la barbarie qui nous atteint :

Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D’ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l’usage ;
Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux,
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n’en a plus d’envie.
Mais son Jacob, pressé d’avoir jeûné meshui,
Ayant dompté longtemps en son cœur son ennui,
À la fin se défend, et sa juste colère
Rend à l’autre un combat dont le champ et la mère.
Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble.
Leur conflit se rallume et fait si furieux
Que d’un gauche malheur ils se crèvent les yeux.
Cette femme éplorée, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;
Elle voit les mutins tout déchirés, sanglants,
Qui, ainsi que du cœur, des mains se vont cherchant.
Quand, pressant à son sein d’une amour maternelle
Celui qui a le droit et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l’autre qui n’est pas las
Viole en poursuivant l’asile de ses bras.
Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine ;
Puis, aux derniers abois de sa proche ruine,
Elle dit : « Vous avez, félons, ensanglanté
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté ;
Or vivez de venin, sanglante géniture,
Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture !

Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, I, Misères, v.97-130.

15 juillet, 2016 à 11:17 | Commentaires (0) | Permalien


Qui pleure les oiseaux morts

.

Qui pleure les oiseaux morts

sur le bord de la route ?

 

Quelques plumes qui volent

s’accrochent aux buissons

comme des fleurs de vent.

 

Le frêle corps sans vie

palpite étrangement

 

mais le cou est tordu

et du bec entrouvert

des vers tôt sortiront

 

Qui pleure ces oiseaux morts

sur le bord de nos routes ?

.

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.


5 juillet, 2016 à 10:31 | Commentaires (0) | Permalien


The Rooflet and Other Poems

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merci à Dominique Hecq pour cette publication dans le numéro 18 de la revue, intitulé « LIGHTING OUR DARKNESS »,

à lire ici :

http://www.doubledialogues.com/article/the-rooflet/

29 juin, 2016 à 17:49 | Commentaires (0) | Permalien


PAESINE, tableau-poème avec Ghislaine LEJARD

paesine

27 juin, 2016 à 18:15 | Commentaires (0) | Permalien


Les Oyats

oyats

 

Le sable crisse sous les pas

volète entre les oyats

 

et les oyats meuvent

avec un bruit de cistres

leur lent drapé de houle rousse

 

Les racines creusent la dune

labourent la cendre du sable

et sourdement labyrinthent

 

tressant leurs longs doigts blêmes

autour du coeur de la matière

au creux noir de la parole

 

Les mots remontent de la mémoire

et cristallisent comme le sel

au pied de cendre des oyats.

.

.

26 juin, 2016 à 18:35 | Commentaires (0) | Permalien


La Dernière Oeuvre de Phidias : lecture d’Angèle Paoli

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Le très bel article d’Angèle Paoli peut être lu en entier sur Terre de Femmes :

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2016/05/marilyne-bertoncini-la-derni%C3%A8re-%C5%93uvre-de-phidias-par-ang%C3%A8le-paoli.html

 ou sur Paperblog :

http://talent.paperblog.fr/8045779/marilyne-bertoncini-la-derniere-uvre-de-phidiaspar-angele-paoli/

25 juin, 2016 à 16:49 | Commentaires (0) | Permalien


« ÎLE », livre pauvre avec un collage de Ghislaine LEJARD

ile avec ghislaine lejard

L’île

s’ouvrait comme un fruit

inaccessible et bleu

 

ou était-ce un nuage dont la croupe imitait

la douceur des collines couvertes de pommiers?

 

Rêverie hauturière qu’un mirage de mots

applique comme un baume

à tes lèvres de sel

 

 

6 juin, 2016 à 9:47 | Commentaires (0) | Permalien


Lecture de Phidias par Marilyse LEROUX, dans la revue TEXTURE

 

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à lire ici :

http://revue-texture.fr/d-un-livre-l-autre-789.html

3 juin, 2016 à 10:04 | Commentaires (0) | Permalien


« INRI » et « Un Peu de Terre pour des Racines », sur Levure Littéraire, n.12

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Un peu de terre pour des racines

(extrait)

Comme des graines jetées au vent

les fonctionnaires du vaste Empire

du Milieu,

emportaient avec eux une poignée

de leur terre natale –

noirs grumeaux agrippés aux racines d’un arbre

nain,

dans le grès d’un pot à couverte céladon,

couleur de l’air après la pluie,

ou aux glaçures flambées de lavande

et de langues de pourpre –

fragile cosmos portatif

couleur du Ciel

ou de la Terre.

 

Arbre de vie, porteur du nom,

arbre-pont chargé d’histoire,

de main en main, de père en fils,

il passait

comme un témoin

de l’origine vers l’avenir :

 

Il suffisait de bien peu de terre,

autour des racines de l’arbre,

pour retrouver,

dans sa changeante feuillaison,

le babil du pays natal,

les brumes du matin,

l’odeur du jasmin

écrasé sous la langue

pour en sucer le miel…

 

le texte est à lire sur la revue dirigée par Rodica Draghincescu qui publie deux de mes poèmes et des photos dans le numéro consacré aux « Camps de la Résistance & les Champs de la Conscience », avec un prestigieux sommaire :  http://levurelitteraire.com/marilyne-bertoncini2/#

 

31 mai, 2016 à 10:19 | Commentaires (0) | Permalien


Lost in Translation

stucco antico - collezione personnale.

.

I just feel like Lot’s wife :

lost in translation,

in the caustic desert -

everlasting pillar of salt,

the last image of a forlorn cry

and the briny taste of their tears

out of this land of no language.

21 mai, 2016 à 8:23 | Commentaires (0) | Permalien


La Dent

blausasc septembre (28)

Je me brosse les dents – l’une de mes incisives est marquée d’une tache noire, évidente, très gênante.

Regardée plus attentivement, la vilaine tâche s’avère être une perforation. Je n’aime pas les dentistes – il faudra pourtant que j’y aille !

Mais alors que j’observe, fascinée, cette improbable dent « gâtée », je m’aperçois qu’à travers elle, j’entrevois un jardin. Ma dent est une fenêtre ! Le paysage, de l’autre côté, s’étend, immense, et dans la grotte de ma bouche, je découvre que j’abrite des plaines, des forêts, des jardins fleuris miroitant au crépuscule – et je rêve d’y pénétrer.

16 mai, 2016 à 13:37 | Commentaires (0) | Permalien


Méditation : fragment d’Héraclite, n. 36

composition (15)

« Pour les âmes, mort est devenir eau,

et pour l’eau, mort, devenir terre.

Mais de la terre, l’eau naît,

et de l’eau, l’âme. »

dans la traduction de Jean-Paul Dumont,

et sur un bref  extrait d’une musique du groupe SÖNDÖRGÖ, dont le nom évoque si justement, me dit Maria Maïlat, l’écoulement de l’eau,

un montage vidéo à voir ici :

https://www.youtube.com/watch?v=7FYlO3LbVoM

 

 

9 mai, 2016 à 9:01 | Commentaires (0) | Permalien


Pensées d’Eurydice

bertonpoil

 

avec les beaux dessins de Pierre PERRIN,

et dans la belle mise en page de

Sébastien DE CORNUAUD-MARCHETEAU,

 

à lire sur la Revue CE QUI RESTE,

que je remercie  de nous accueillir :

 

https://issuu.com/revuecequireste/docs/pens__es_d_eurydice

 

http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/

7 mai, 2016 à 8:13 | Commentaires (0) | Permalien


Entretien sur Librebonimenteur, à l’occasion de la sortie de « La Dernière oeuvre de Phidias »

à l’invitation de Jean-Louis Riguet, que je remercie, l’entretien dans sa chronique « à l’écoute de »

https://librebonimenteur.wordpress.com/2016/04/30/jl-a-lecoute-de-marilyne-bertoncini/

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1 mai, 2016 à 16:01 | Commentaires (0) | Permalien


Les Ajoncs

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la moto sur l’asphalte t’enroule

dans les vagues d’encens et d’or

des ajoncs

.

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29 avril, 2016 à 8:15 | Commentaires (0) | Permalien


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