le blog de MARILYNE BERTONCINI

Nuages du matin ( Micromythologie – 12)

 

Sur les lattes bleues de la mer

seul l’éblouissant triangle d’une voile

le long des falaises de nacre d’innombrables nuages

couleur de lièvre -

inaccessible côte de l’île de DelosIMG_1132 - Copie

flottant sur l’horizon où elle glisse avant

de disparaître

 

29 septembre, 2016 à 19:07 | Commentaires (0) | Permalien


Shan Shui

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Montagne et Eau se dégagent de l’ocre

et ouvrent plus que la fenêtre,

le mur tout entier,

devenu paysage de rêve,

où se perdre dans une brume d’or.

 

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29 septembre, 2016 à 17:50 | Commentaires (0) | Permalien


Il Ramo d’Oro ( Micromythologie – 11)

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In questi pensosi boschi

vivono ancor’i morti

come leggende

 

Li puoi sentire sussurare

nel nero canto degli uccelli

 

pour rameau d'or

 

Freme la loro pelle ove calpesti

il morbido muschio

e le loro gracili membra si rompono

coi rami secchi.

 

Sotto la palpebra del cielo

il lago cela quel segreto :

i morti senza memoria

sono il bosco che ti circonda.

.

Dans ces bois pensifs

vivent encore les morts

comme légendes

 

Tu les entends chuchoter

dans le chant noir des oiseaux

 

Leur peau frémit sous la mousse

que tu foules

et leurs membres graciles cassent

avec les rameaux secs

 

Sous la paupière du ciel

le lac cache ce secret :

les morts sans mémoire

sont le bois qui t’entoure.

.

.

28 septembre, 2016 à 9:47 | Commentaires (0) | Permalien


« Ennuage-moi » by Carol Jenkins, a bilingual collection, translator Marilyne Bertoncini

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Surprise du soir, dans la boîte aux lettres : le chapbook de Carol Jenkins publié pour le 32ème Festival International de Poésie  de Trois Rivières, Quebec; avec mes traductions, et la superbe quatrième de couverture, dont je suis très fière : Thank you so much, Carol !

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27 septembre, 2016 à 21:45 | Commentaires (0) | Permalien


Diana Marina (Micromythologie -10 )

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Quel giorno

quando il treno si fermò

a Diana Marina

 

le swing de Paul Anka

croonant au creux de mes oreilles

Stay by me Diana

 

signe venu de si

loin

dans l’éclat de midi

 

I hope we’ll never part

 

terrifiante et soudaine certitude

d’avoir définitivement

rejoint

ta

même

solitude.

 

25 septembre, 2016 à 16:52 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 9 – Démeter et Koré

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Matriochka au foulard d’aurore ourlé d’or

elle cherche une adresse et tend en souriant

un papier griffonné

 

Sa fille est une princesse russe

jaillie de sa longue robe fleurie

de pavots

.

Souple tige d’une tulipe noire

elle se balance sur des chaussures blanches

comme des cothurnes à semelles de liège

 

J’indique de la main l’arrêt qui correspond :

elles descendent à Acropolis

et disparaissent entre les vases

d’oliviers.

 

coquelicot balcon (1)

 

 

 

 

22 septembre, 2016 à 11:37 | Commentaires (0) | Permalien


Combats (Micromythologie – 8)

platane (2)

 

Tout en haut du platane

là où perchent les pies dans le nid du mistral

se battent aussi Lapithes et Centaures

 

Ecoute le crépitement de crécelle des thyrses

le craquements des lances sur les torses cabrés

les noires bouches ouvertes sur le cri silencieux de lointaines batailles

 

Les armures diaprées cèdent aux coups de butoir

et se déchirent en lambeaux veinés de marbre

et de jade.

 

Toute la rage aussi des enfants d’Ouranos

agitant les moignons de mille bras dressés pour la menace

contre le ciel d’un noir livide

 

Et les Sabines qu’on enlève

leurs beaux bustes arqués dans l’effort

leur folle chevelure plus agitée encore que celle de Méduse

 

Par-dessus la mêlée soudain

la couronne tressée de Cybèle , déesse courroucée

et le calme du Tout réabsorbé au profond du mystère.

19 septembre, 2016 à 10:28 | Commentaires (0) | Permalien


INFERNET (micromythologie – 7)

INFERNET

 

Il suffit au poète d’un mot

se détachant sur le fond bleu où se confondent ciel et mer

pour que le réel se double de son étoffe de mythes.

 

Les lettres brûlées de rouille d’INFERNET

sont soudain investies du même pouvoir

que celles inscrites au fronton de l’Enfer de Dante :

 

le vent sur la tôle rongée se met alors à mugir

Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate,

et les cris des mouettes pleurent de l’outre-monde.

18 septembre, 2016 à 6:51 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 6 : Les Grains de Grenade

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J’ai croqué, je crois, trop de grains de grenade :

 

je dialogue en silence avec l’ombre

de morts plus vivants que les ombres

s’agitant au soleil

 

et leur ombre s’ajoute à l’ombre des vivants.

grains de grenade

17 septembre, 2016 à 11:17 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 5

les moires

Les Moires

 

Sur un banc du  jardin d’enfants

muettes ou silencieuses

elles tricotent lentement

 

et leurs yeux marécages

suivent les jeux des chérubins

insouciants du temps

 

sous la frondaison d’or

de l’arbre aux mille écus.

 

16 septembre, 2016 à 8:40 | Commentaires (0) | Permalien


L’OEIL

 DSCN1320(pour Enrico)

 

Mon oeil se mire

à l’intérieur d’un autre Oeil

qui le contient et l’éclaire

 

Mon oeil regarde le monde

de l’intérieur d’un Oeil

qui le regarde et lui donne

sa forme d’oeil

.

Dans le globe de l’Oeil

le monde se reflète en ses courbes convexes

.

Le paysage se détache en pelures d’oignon

dont les écailles touchent comme ailes de papillon

notre oeil abouché dans la triple épaisseur de la vitre du train

 

Mon oeil de l’intérieur boit le monde concave

dans l’Oeil qui appartient à dedans et dehors

 

et des fantômes flottent sur la vitre embuée.

14 septembre, 2016 à 7:21 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 4

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Un vagabond à longue barbe rousse

doucement écorce le tronc du platane

et lisse le liège clair

dans le soir qui s’étend

 

Qui cherche-t-il sous la mue colorée?

 

A ses pieds l’ombre s’allonge

et touche du museau

l’or qui frémit encore

au creux des mains de l’arbre.

 

3 septembre, 2016 à 7:43 | Commentaires (0) | Permalien


CLEROMANCIE (micromythologie – 3)

 

 

DesktopEssaim d’abeilles la bassine bourdonne

d’une lave odorante

 

Son parfum t’enveloppe d’un châle d’or

La buée sur la vitre trace des gribouillis

et la gelée se prend dans le secret des pots

 

Dans la coupe d’osier trois guêpes enivrées

lisent l’oracle écrit en pointillés de rouille

sur la blondeur des prunes

 

De l’attache du pédoncule sourd

une goutte d’ambre.

 

2 septembre, 2016 à 6:29 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie (2)

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Cartable sur le dos

il traverse en courant la place

où l’ombre de la palme

s’attache à sa cheville

 

Perché sur l’antenne du toit

un pâle croissant de lune

se dilue et sourit.

1 septembre, 2016 à 10:40 | Commentaires (0) | Permalien


Scène de Plage (micromythologie – 1)

 

 

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle, Nana au Grand Palais

 

Le soleil feule comme un léopard

pour la dame aux tétons roses

sur les galets gris de la plage

 

Sa peau brune de terre cuite luit

si belle

sur ses rondeurs primordiales

 

Ses yeux mi-clos ensilent

une semaille d’étoiles

dans le ciel à l’envers

30 août, 2016 à 18:45 | Commentaires (0) | Permalien


coin de bureau, petit matin

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écrire dans la pénombre poudrée du petit matin…

23 août, 2016 à 9:02 | Commentaires (0) | Permalien


The Underside of the Riviera sur Mediterranean Poetry

mediterranean poetryThe Underside of the Riviera
 
A sooty morning flickers behind the window,
under the mist embroidered by the tangled breaths
in the metallic belly of the train.
Crumpled bodies are folded on the seats under the vulture wings
of an unfolded newspaper.
The platform is rustling with mixed languages,
and the panting of the train, the squeak and stink of the brakes,
the snort of the cars, and shrill of the rails.
A silent bird is soaring very high – No one sees it but me.
A geostationnary satellit twinkles like a star.
The light on the platform down here
jigsaws the knife-blade profiles of the palms
and the morning glow barely hems the pass of Villefranche.
 
In Monaco, the train slowly vomits –
empties its paunch under
the gloomy neon light of the tunnel,
where the bitter light of the daybreak
drills like an eye.

A tiny range of blue-grey clouds on the skyline,
where the ruddle-rose morning oozes in the sky,
is streaked by a geometrical flight.
Then the rows of buildings
and the cranes before the station
swallow the sky.
 
Turning back,
facing the sunset, blink your eyes
and keep on the weary retina only bars
of fire
instead of the rollers.

22 août, 2016 à 10:18 | Commentaires (0) | Permalien


Les Yeux clos

Ferme les yeux, puis presse l’index sur tes paupières pour créer l’indispensable brasillement de mimosa d’arrière-plan.

Patience : attends l’éclaboussure stellaire, l’éclatement de nova, au creux du noir des yeux rouverts sur l’espace intérieur.

Ensuite, imagine un anneau, un très grand anneau de fer ou d’acier – très grand – pas trop! – qui tourne en miroir de lui-même et s’enroule, et que tu parcours, les yeux clos, en marchant à tâtons.IMG_5982

Tu commences à l’intérieur du métal froid, que tu sens sous tes doigts – tu perçois même la saveur de fer sidéral tandis que tu marches sur le ruban. Tu avances, pas à pas, et te retrouves plongé dans l’éclaboussement parfumé du mimosa de ton enfance – tes doigts égrènent la pelucheuse constellation de l’acacia dealbata qui te caresse aussi les joues et prononce à tes lèvres les mots muets du souvenir…

Tu continues d’avancer le long du ruban qui tourne sur lui-même, et hop, le métal glacé de la vie retourne bruissant comme une vague, tu continues…

Te voici pris dans le mouvement perpétuel de l’anneau d’éternité qui se trouve, dans mon musée imaginaire, sous le nom de Chilida.

19 août, 2016 à 9:48 | Commentaires (0) | Permalien


Minute de silence

 

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Au canon de midi

la radio a cessé

.

La brise marine même a retenu son souffle

Tout s’est tu

La circulation doucement étouffée

s’éteint

.

Par la fenêtre ouverte m’enveloppe

comme un drap tiède le silence

qui retombe

.

Puis un scooter au loin

le vent qui bat de l’aile

et la vie qui reprend.

18 juillet, 2016 à 12:27 | Commentaires (0) | Permalien


Pas d’oiseaux ce matin…

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Pas d’oiseaux, ce matin.

Il fait trop chaud, dis-tu :

Les oiseaux, comme nous,

s’en vont vers les collines

quand la ville surchauffe.

 

Pas d’oiseaux, ce matin.

Les sirènes sans cesse…

Les oiseaux, comme nous,

pleurent l’espèce humaine,

la folie et la haine.

 

Plus d’oiseaux ce matin -

le ciel est vide

et tremble

en attendant demain…

 

17 juillet, 2016 à 10:13 | Commentaires (0) | Permalien


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