Accueil mes lectures Nouveautés des 2Rives

Nouveautés des 2Rives

0
0
84

Trois livres d’art mêlant art graphique et poésie, dont « Pluie et Neige sur Cronce Miracle », de Chantal Dupuy-Dunier,  recensés dans Recours au Poème :

pluie%20et%20neigeNous présenterons trois des sept titres du catalogue : d’abord Pluie et Neige sur Cronce Miracle, magique recueil de Chantal Dupuy-Dunier et Michèle Dadolle, où me semble parfaitement nécessaire le parti-pris de la transparence, voilant le lavis gris et mauve des encres, qu’il faut révéler. Chaque feuille de calque porte, manuscrite, une phrase tirée du recueil, qui s’inscrit comme une brume sur l’ébauche d’un paysage – croit-on – traits comme délavés, surgissant de la mémoire en bribes d’ombre, graphique silhouette évoquant un arbre, coin de prairie, peut-être – toute latitude est laissée au regard, pour imaginer, avant d’y pénétrer, le lieu de ce texte : Cronce. Déjà objet d’un recueil de Chantal Dupuy-Dunier (Creusement de Cronce), ce topos réel, dédicataire du recueil, paraît tant chargé d’émotions et de souvenirs, qu’il devient figure mythique- et maternelle – comme la Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, citée en épigraphe, et dans le poème liminaire. Pays au nom rude, qu’on imagine âpre, dans ses consonnes « cruelles », où l’on entend bruire les ronces en couronne d’épines, comme autour des madones noires des campagnes, Cronce Miracle fonde en quelque sorte le mythe généalogique du poète : « Ton nom s’est métamorphosé en prénom, / la pluie qui le baigne en eau lustrale. // Tu as pris place sur une branche de notre arbre, ton sang irrigue nos veines. » Les saisons qui passent, au fil de la pluie, accompagnent en effet une naissance – une re-connaissance : celle des mots, encore incompris, comme ceux de la langue des oiseaux, du rire de la montagne, du silencieux discours des arbres… – jusqu’à ce que « S’esquisse le tic-tac de poèmes métronomes. » Ce paysage familier et sacré, que Chantal Dupuy-Dunier porte avec elle, à travers son écriture, comme des Lares – Genii loci au sens propre du terme, où l’on entend aussi, en écho, loqui – ce bruissement de mots guettés dans les « voyelles glacées » de la pluie », les vibrations de la parole en « froissement d’élytres » des insectes, les calligrammes liquides sur les rochers… ou la forme que prendra la candeur de la neige, sous la « plume-burin » de Chantal Dupuy-Dunier, qui nous offre ici une forte et sensible méditation sur la féconde prégnance des lieux dans la naissance du poète.

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/fil-de-lecture-de-marilyne-bertoncini-nouveaut%C3%A9s-des-2rives/marilyne-bertoncini#sthash.OzxUwwR2.dpuf

 

 

  • peut-être

    Etait-ce un jour de jasmin dans le petit matin où pleure une pluie fade couleur de lièvre …
  • J’habite ma vie comme un rêve

    . J’habite ma vie comme un rêve où les temps s’enchevêtrent La vie est ce rêve…
  • L’ombre de la neige

     avec les aquarelles lumineuses et oniriques de Cécile A. Holdban,  dans un petit livre en…
Charger d'autres articles liés
  • Un autre regard sur Parme

    en réponse humoristique – clin d’oeil et détournement – au très beau liv…
  • Rêve pratique

    Je rêve… d’une bibliothèque, une vraie, spacieuse, avec des étagères bien rang…
  • « Memoria viva delle pieghe » in libreria a Parma

      Non avete ancora letto Memoria viva delle pieghe? Lo potete trovare (10 euros) dall…
Charger d'autres écrits par marilyne bertoncini
Charger d'autres écrits dans mes lectures

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Pas d’oiseaux ce matin…

. Pas d’oiseaux, ce matin. Il fait trop chaud, dis-tu : Les oiseaux, comme nous, s&r…