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SABLE : une note de lecture de Miguel-Angel Real

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miguel angel sur sable

 

à lire en suivant le lien : https://temporaleterno.blogspot.com/2019/08/textures-chronique-de-sable-de-marilyne.html?fbclid=IwAR0bd1dj7XZQTFKIPm_VjPpzqEfI3j2-AquqlPqiUnCa6eFjdtmExamKmlE et ici :

“Sable” est un livre consacré aux textures. Non seulement celles des objets -le sable, la mer, les plantes sur les dunes- mais aussi celles du temps. Or dès le premier vers
Je n’ai nul souvenir de l’avenir
nous entrons dans un temps fuyant, qui échappe à notre toucher et à notre emprise, où nous allons accompagner la Femme-Sable (union parfaite, ou plutôt souhaitée, avec le monde) dans la recherche de sa mémoire.
Les éléments naturels exercent un pouvoir très évocateur, au delà de tout stéréotype, et le poète les regarde, les admire avant qu’ils ne convergent vers le sable qui va tout retenir -objets et temps- tel un vortex
le sable aspire ma cheville
aspire ma mémoire.
L’instabilité d’un tel support est aussi une allégorie de notre fragilité à capturer le présent, et de ce fait nous sommes plongés dans un univers où nous ne sommes pas capables de retourner vers notre passé. Parfois, le sable devient une arène qui est le lieu de notre perte
lourde draperie de dunes et d’estran
plis sur plis où se dissout le vent
du souvenir.
De même, la mer emporte les mots qui pourraient être les témoins de notre présence sur terre, même si ceux-ci veulent rester, balbutiant dans le son des vagues.
Cette Femme-sable, pupille ouverte vers le vide, se veut sensuelle, ou plutôt gardienne des sens, mais c’est un autre symbole de la vulnérabilité, car elle tente de lutter contre ce sable qui ne permet d’établir ni fil, ni trace, et qui semble nous contempler dans nos efforts absurdes pour conserver l’émerveillement des paysages du rivage ; il s’en découle la douleur de l’absence : nos yeux ont la volonté mais on sait que leur vision est faible, que les objets restent fuyants, en anticipant les tourments à venir. Il s’agit d’une conception platonique où nous sommes enfermés dans la caverne (ici, la mer, l’estran, la grève) et le monde et ses objets ne sont que des ombres qui ne nous permettent que de rêver du réel de façon très imparfaite.
La souffrance est présente, mais et en même temps elle est étouffée car perdue dans un labyrinthe végétal et minéral, lutte constante entre évocations agréables, insinuations d’un passé qu’on devine ardu (intense et fade dans la mémoire) et un avenir par définition intangible.
Toutefois, la détermination de l’auteure aspire à prévaloir, dans un dernier poème où Marilyne Bertoncini essaye de prendre possession des lieux,
déboule dévale le long du flanc de Sable
pour affirmer son envie d’écriture comme un cri qui veut être plus fort que l’oubli. Face à l’écume sèche de la dune, à ce Sable (in)humain, le poète clôt le livre en nous rappelant le sens des paroles :
Je crie
J’écris.
Les œuvres de Wanda Mihuleac contribuent à apporter des textures et des évocations diverses, comme un écho aux textes mais également comme des objets à part entière qui font partie du livre et de l’histoire, en voulant peut être rester aussi dans le temps.
Sable, textes de Marilyne Bertoncini, oeuvres de Wanda Mihuleac. Les éditions Transignum, 2019

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