Du poète Giancarlo Baroni, un texte inédit inspiré par le poème d’Enrico Furlotti, chantre oublié des voyages et de la ville de Parme , qui le suit.
Les textes en VO et dans leur traduction s’écoutent ici : https://www.youtube.com/watch?v=QoHocHERZ00&feature=youtu.be
Avrei voluto chiedere a mio padre
Avrei voluto chiedere a mio padre
se da giovane aveva conosciuto
il cameriere poeta Enrico Furlotti
che girava il mondo sulle navi
e se quel Mario
che Furlotti aveva nominato
in una poesia sui borghi dove sono nato
era per caso lui. Mi avrebbe risposto
am ricordi pu non mi ricordo. Quelli del’24
portavano un fardello sulle spalle
che spesso gli impediva di parlare.
J’aurais voulu demander à mon père
J’aurais voulu demander à mon père
s’ il avait connu dans sa jeunesse
le maître d’hôtel-poète Enrico Furlotti
qui parcourait le monde sur les navires
et si ce Mario
que Furlotti avait cité
dans un poème sur les quartiers où je suis né
ce pouvait être lui. Il m’aurait répondu
am ricordi pu j’me souviens plus. Ceux de 24*
portaient un fardeau sur les épaules
qui souvent les empêchait de parler.
- 1924 : traité de Fiume, montée du fascisme (élections du 6 avril), enlèvement et assassinat de Matteotti, secrétaire du parti socialiste et député d’opposition, par les fascistes (juin) , limitations de la liberté de la presse (10 juillet)…
*
Ho saputo che anche Nino il rosso è
morto e gli altri non sono più gli
stessi di quel lontano mattino che
avevo giocato con Mario a ramino
all’Orientale : aveva perso anche lo
spolverino e le lo ero messo io. Era
primavera e c’era un simile vento, il
giorno prometteva bene, in piazza
c’ero io, lui Okay e Medeo oggi
dottore, quel tempo amico moi e il
monumento. Si passa dal racconto alla
risata, ci si incammina, si fanno due
passi. Passa la bionda, la salutate
con il nome che tutti sanno e non la
conoscete. Si discute da borgo delle
Colonne fino a via Saffi ; nell’osteria
d’angolo andiamo tutti a sedere.
Mario racconta : era notte e si volera
bere « forza » e giù la porta del bar
tanto era di moi padre -. Okay disse
faccio presto, prima di tornare con
due limoni, due etti d’olio e due
kili di cavallo pesto ; il pane ce
l’aveva l’oste e chine quattro teste
mangiavano come le bestie.
Enrico Furlotti
J’ai appris que Nino le rouge lui aussi est
mort et les autres ne sont plus les
mêmes qu’en ce lointain matin où
j’avais joué au rami avec Mario
à l’Orientale : il avait perdu même
son imperméable et je me l’étais mis. C’était
le printemps et il y avait un tel vent, le
jour s’annonçait bien, sur la place
il y avait moi, lui, Okay et Medeo devenu
docteur, mon ami à l’époque et le
monument*. On passe du récit au
rire, on marche, on fait deux
pas. Passe la blonde, vous la saluez
avec le nom que tous connaissent sans
la connaître. On discute de borgo delle
Colonne jusqu’à via Saffi ; au bistrot
du coin on va tous s’asseoir.
Mario raconte : c’était la nuit, et on voulait
boire « allez» et bang la porte du bar
- mais c’était celui de mon père – . Okay dit
je fais vite, avant de revenir avec
deux citrons, deux cents grammes d’huile et deux
kilos de cheval haché : le pain on l’avait
sur place et baissées quatre têtes
mangeaient comme des bêtes.

