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Luca Ariano – poème de crise

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   photo ©mbp

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Ils ne croyaient toujours pas

à ce docteur – ou bien ils firent semblant

de ne pas comprendre… pas savoir.

Il mourut enfermé à la Vicaria*

tandis que dans les rues la peste

les tua comme des mouches.

Pleuvra-t-il enfin?

Le souffle d’un dernier reste d’hiver

et nulle neige – hors saison -

pour nettoyer les avenues, purifier les corps.

Où sont passées ces générations?

Des cercueils entassés

en attente d’être incinérés

pendant que tu penses que ces fêtes

peut-être ne reviendront pas.

Vous n’aurez rien à célébrer

et tu t’accroches à cette voix

en attendant de caresser le visage,

d’échanger un regard complice

comme tes pas sur des fleurs fanées.

Demain on n’allumera pas de cheminées

et ces forêts ne croîtrons plus

comme une prière sans réponse.

(traduction Marilyne Bertoncini)

* La Vicaria était au 15ème siècle, à l’époque de la peste, une prison de Naples.

*

Ancora non credettero

a quel medico – o forse finsero

di non capire… non sapere.

Morì chiuso alla Vicaria

mentre per le strade la peste

li ammassò come mosche.

Arriverà quella pioggia?

Soffia l’ultima coda d’inverno

e nessuna neve – fuori tempo –

pulirà quei viali, sanerà corpi.

Dove sono quelle generazioni?

Bare accatastate

in attesa di essere bruciate

mentre pensi che quelle feste

forse non ritorneranno.

Non avrete nulla da celebrare

e ti aggrappi a quella voce

in attesa di carezzare il viso,

di scambiare uno sguardo complice

come i tuoi passi su fiori caduti.

Domani non accenderanno ciminiere

e quelle foreste non cresceranno più

come una preghiera inascoltata.

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