Accueil poésie Michel Miccia : Le Cycle de l’eau (6) lu par Giancarlo Baroni

Michel Miccia : Le Cycle de l’eau (6) lu par Giancarlo Baroni

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J'avais déjà parlé en 2018 sur Recours au Poème le travail au long cours de Michele Miccia, présentant des extraits du volume sorti à l'époque : Il Ciclo dell'acqua, parte di dentro. 
Le 6ème volume du cycle vient de paraître, et Giancarlo Baroni en parle  ici : 

Michele Miccia, Le cycle de l’eau – Partie du dessus, Préface de Paolo Briganti, Maison d’édition L’arcolaio, 2020, (115 pages)

Miccia copertina

 Chaque nouveau volume précise davantage l’importance du poème insolite et original  que Michele Miccia, poète de Parme,  compose depuis plusieurs années et qui n’est peut-être pas encore terminé. Chaque recueil de vers constitue une partie, une phase, un moment d’un projet plus vaste qui a pour thème général celui du cycle vital et indispensable de l’eau. De 2011, lorsque Il Ciclo dell’acquaParte di sotto (préface de Giuseppe Marchetti) a été publié, à 2020, lorsque sort  Il Ciclo dell’acquaParte di sopra (préface de Paolo Briganti) neuf ans se sont écoulés et six livres ont vu le jour.

L’eau est absolument nécessaire à la vie et nos corps en sont principalement constitués. Le corps occupe ici une place centrale comme dans les précédents livres de  Miccia. L’auteur nomme explicitement et parfois à plusieurs reprises les diverses parties individuelles, les liquides, les organes: urine, sueur, viscères, muscles, tendons, os, dents, peau, paupières, vertèbres, os, cœur, poumons, veines, pupilles, bouche , foie, bras, jambes, « sang fécond » … Le corps est un refuge (« Tout ce que je /  peux comprendre est en moi … »), un cloître une tanière. L’ego ne peut faire abstraction di corps mais il  aspire aussi à autre chose: chair qui devient esprit, «corps pas encore âme»; l’ego se contracte et se dilate, comme s’il suivait un souffle cosmique.

dsc_6942-wcDans ce recueil, Miccia se confronte avant tout à la « partie supérieure »,  le ciel; le regard se tourne et voltigevers le haut (« Mes yeux tournés vers le haut »), cherche une lumière qui parfois l’aveugle, rencontre des comètes, des étoiles, des nuages ​​qui « doivent toujours courir / se délivrer de l’eau de dont / la mer les a dotés « . Monter, décoller « de la terre, les pieds », grimper, escalader, c’est inévitablement affronter le divin résidant dans les hauteurs du ciel et qui souvent fuit, échappe à notre compréhension en s’éloignant. Nous le retrouvons quand même, écrit Miccia, en nous (« J’unis la part humaine et la part divine », « Dieu est une part de moi », « Il est un lieu intérieur ») jusqu’à ce que « Pour un instant ciel et terre / se rencontrent dans les paumes / de mes bras grand ouverts… ».

Le rapport entre esprit et matière, âme et chair, entre «les scories des corps» et «une étincelle de l’absolu», se révèle complexe et instable, contradictoire et  tumultueuse: «peut-être le salut advient-il/ toujours dans la confusion».

Nous sommes face à un poème brûlant («de mes paroles de feu»), hérissé,tourmenté, excentrique. Le critique Paolo Briganti clôt par ces mots sa préface au volume : « Ce qui en ressort est un » poème » (ou tout autre terme qu’on préfère), digne, extrêmement digne d’attention et de considération ».

Giancarlo Baroni (trad. Marilyne Bertoncini)

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