Tu n’as jamais su
qui était Nicola Ricciotti:
ne pas le découvrir peut-être pour garder
le mystère du souvenir,
un millénaire crépusculaire
et des histoires que tu oublieras toi aussi.
Pourtant il y a là des plants de tomates,
tu joues à cache-cache parmi les arbres:
premiers coups de pédales, la peur des escaliers,
des départs, des retours, jusqu’à ne plus distinguer
les murs sur lesquels rêveront d’autres enfants.
Via Corsico protectrice le soir
quand tu attends ton père,
des parties de ballon sans fin mais le désir
d’échapper à l’odeur fade des rizières,
les visages disparus … émigrés, en allés.
La Via Emilia, un destin à construire,
des lumières qui t’éblouissent :
tu rêves de trouver un route avec elle
comme quand tu regardes une plaque d’immatriculation décolorée
de vies comme poussière de prières jamais exaucées
dans l’espoir d’une caresse à l’aube.
*
Luca Ariano (Mortara – PV 1979) vit à Parme. En poésie, il a publié: Bagliori crepuscolari nel buio (Cardano 1999), Bitume d’intorno (Edizioni del Bradipo 2005), Contrat à durée déterminée (Farepoesia 2010, Qudu 2018) et Tracce nel fango (Ultranovecento, 2011) ainsi que des textes en anthologie. Il a édité Vicino alle nubi sulla montagna crollata (Campanotto 2008) et Pro / Testo (Fara 2009). En 2012, le poème I Resistenti est sorti pour Edizioni d’If, écrit avec Carmine De Falco, l’un des lauréats du prix Russo-Mazzacurati. En 2014, pour Prospero Editore, il a publié le livre électronique La Renault d’Aldo Moro avec une préface de Guido Mattia Gallerani. En 2015, pour Dot.com.Press-Le Voci della Luna, il publie Ero Altrove, finaliste au Prix Gozzano 2015. une note d’Enea Roversi. En 2018, pour Qudu, une nouvelle édition de Contratto a termine a été publiée avec une préface de Luca Mozzachiodi. Il est éditeur de la revue Atelier et de Voci della luna. Ses poèmes sont traduits en français, espagnol et roumain.

