Traduction du troisième poème publié sur Poetry Factory, dans la tonalité mélancolique de l'actuelle crise COVID, élargie par le poète à une réflexion historique plus ample sur l'attitude de l'artiste en temps de pandémie
Peut-être était-ce avec elle
la dernière fois parmi la foule
avant de voir les avenues désertes
et les boutiques closes.
Là, des mois plus tard en touriste
encore en quête d’un guide
d’histoires anciennes … de vies délaissées,
presque dans ces mêmes rues
tu découvris le secret de ton temps.
Tu déplores la saison comme un vieillard
de souvenirs et tu l’amènes dans une pâtisserie
historique … un cadeau tardif,
hors du temps et pourtant tu imagines encore
une fête classique;
tu la voulais enfant
- le fil toujours de trop de fantaisie -
malgré tout tu fais toujours
défiler l’existence des autres.
Etonné comme quand Saint Bernard
prêchait dans ces églises,
le parvis bondé mais pour certains
un imposteur … un hérétique.
Lui aussi échappa à ce fléau
comme le peintre voué à Saint Roch
entre toiles et prières dans la lagune.

