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Entretien avec Valentina Di Cesare et Viviana Fiorentino pour la revue LE ORTICHE

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Le Ortiche est une revue italienne dédiée à la défense et redécouverte des oeuvres d'artistes femmes du passé ou d'aujourd'hui - son titre est tout un programme

CaptureL’ortie, encore souvent considérée comme une « mauvaise herbe », invasive des jardins, est une herbacée vivace et résistante, dont on connaît pourtant aussi les nombreuses vertus et les bienfaits, dans la pharmacopée populaire – ou dans ses usages alimentaires, ou textile…

L’ortie « brûlante » ou urticante, par ailleurs, rappelle également que cette jeune et dynamique revue, sous son habit élégant,  est une revue de combat, dont j’ai plaisir ici à traduire la présentation sous forme de manifeste : 

Le Ortique ou du canon déformé 
Écrasées par l'histoire, par le cours aléatoire des événements, par l'affirmation des canons et la centralisation des pouvoirs établis, de nombreuses femmes artistes n'ont pas réussi à être véritablement les protagonistes de leur temps. Notre groupe veut y repenser. Pour repenser à toutes ces femmes protagonistes manquées - artistes, écrivaines, poètes - qui ont échoué pour différentes raisons à vivre et à survivre à leur époque. Nous sommes conscients que leurs visions, leurs images, leurs poétiques résonnent encore de sens et il serait impardonnable de les oublier dans le silence des archives, les laissant à nouveau sans visage et sans voix.
QUI NOUS SOMMES / MISSION
Nous sommes un groupe de poètes, d'écrivaines et de chercheuses contemporaines qui se réunissent pour étudier, créer, rechercher, discuter. Nous avons des parcours différents, en termes d'études et d'expériences de vie. Nous n'avons pas d'étiquettes, nous n'appartenons pas, nous n'avons pas d'école de référence; chacune de nous vient d'endroits différents et a connu l'activisme dans la littérature ou dans d'autres domaines sans participer à un collectif d'artistes comme celui-ci. Nous sommes unies par la conviction qu'il existe de nombreuses voix d'artistes oubliées qui méritent un espace et la possibilité de poursuivre leurs études. Trop souvent, des voix éminentes et précieuses ont été supprimées, réduites au silence, isolées, impardonnablement livrées à l’oubli. Notre mission est celle-ci: leur donner une seconde chance de vie, une seconde voix. Notre intention est de divulguer et de communiquer sans dévoiler l'essentialité du mot. Voici ce que nous allons faire: nous proposerons des interviews à des artistes, universitaires, archivistes, militants; nous traduirons des poètes jamais traduits auparavant et des écrivains de différents pays; nous créerons des podcasts et des vidéos; nous créerons des chansons et des œuvres d’art visuel; nous lancerons des événements, ouvrirons le micro, des événements, des opportunités de réunion ouvertes à tous. 
PROMESSE
Nous nous engageons à refuser la participation à tout événement dans lequel nous estimons qu'une représentation équitable des sexes n'est pas garantie.

Cette revue dont je partage pleinement la philosophie de lutte, me consacre un entretien illustré de poèmes bilingues et d’extraits sonores de mes lectures – j’en remercie Valentina di Cesare et Viviana Fiorentino, et suis très honorée de figurer parmi les figures féminines qu’elles retiennent importantes de soutenir par leur action.

 

L’entretien dans sa version italienne, les poèmes bilingues et les extraits à découvrir 

ici
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