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un don des mots… entretien sur la traduction

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Carole Mesrobian : S’agit-il d’un travail « artisanal » ou bien alors peut-on parler de création, de re-création ? Penses-tu que le traducteur puisse être considéré comme un auteur ?
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De même que l’artisan qui façonne un objet le recrée (je pense à l’art africain, et aux masques et statues aux infinies variations dans chaque typologie particulière, qui font qu’on reconnaît à la fois une ethnie, mais si on possède bien le sujet, un artiste, même inconnu, reconnaissable à la façon personnelle dont il manie sa gouge, par exemple) je pense que oui,  sans doute, le traducteur est un créateur : c’est bien évidemment une activité différente de celle qui consisterait à mettre un mot à la place d’un autre comme le fait une traduction artificielle. Les choix que tu fais, la façon dont tu modèles le texte, la démarche par rapport au matériau sont les mêmes que ceux affrontés par l’auteur initial, avec d’autres mots et des contraintes différentes, et supplémentaires puisque tu dois également faire passer de la façon la plus « transparente » possible une idée et un texte initial qui ne sont pas les tiens mais qui sont le sous-texte. Certes, l’objet que tu produis est une création au même titre que l’original, ce n’est pas un décalque, une copie, mais une sorte de faux jumeau. Tu n’as pas eu le choix du thème, mais l’objet que tu produis a une existence propre, et un devenir distincts de celui de son jumeau – et tu l’as « porté » comme on porte un enfant – tiens : peut-être une sorte de gestation pour autrui ?

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intégralité de l’ entretien à lire ici

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