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« La feuille de thé » – vidéo-poème pour Rucksack Global Poetry Patchwork

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Ce n’est pas une feuille de thé
qui flotte dans la tasse de porcelaine
mais l’illusion emprisonnée
d’une carpe de cobalt
Le marli où posent mes lèvres
est une berge qui l’attire
vers l’ailleurs où flotte indécise
la fumée bleue de mon breuvage
*
It’s not a tea leaf
floating in the porcelain cup
but the captive illusion
of a cobalt carp
The rim which my lips touch
is a bank that attracts it
to elsewhere where faintly floats
the blue smoke of my beverage
*
Non è una foglia di tè
fluttuante nella tazza di porcellana
ma l’illusione imprigionata
di una carpa di cobalto
L’orlo dove poggia la mia bocca
è una sponda che la invita
verso l’altrove dove indeciso fluttua
il fumo blu della bevanda

Ce poème fait partie du projet Rucksack, a Global Poetry Patchwork de l’artiste Antje Stehn , proposant à des poètes du monde entier d’envoyer de brèves vidéos en lien  avec  son oeuvre plastique, commencée en 2020 – la réalisation d’un sac-à-dos avec des pochettes de thé, dont on peut suivre l’explication dans cette vidéo : Image de prévisualisation YouTube

Ce projet, soutenu par Il Piccolo Museo della Poesia, dans l’église San Cristoforo à Piacenza, peut être suivi sur la chaîne youtube d’Antje. Voici ce qu’elle en dit : 

Rucksack, à Global Poetry Patchwork est un projet d’installation artistique  présenté jusqu’au 19.12. 2020 au Piccolo Museo della Poesia Chiesa di San Cristoforo, à Piacenza, Italie.

Il se compose de deux macro-œuvres : une installation comportant un grand sac, le Sac à dos, fait de sachets de thé séchés et une exposition de courts poèmes. Une installation en boucle audio permet au public d’écouter les voix de poètes récitant dans leur langue maternelle. L’œuvre rassemble un grand nombre de personnes, de lieux, de visions, de langages, soulignant la valeur de la proximité, si significative en ce moment historique marqué par la distance et l’enfermement, par la précarité aiguë du réseau humain.

L’initiative Poetryismypassion, organisée par Antje Stehn (Allemagne) et co-organisée par Mamta Sagar, (Inde) aura lieu en collaboration avec le Petit Musée de la Poésie Chiesa di San Cristoforo à Piacenza, les magazines en ligne La Macchina Sognante (Italie) et The Machine à Rêver (États-Unis) ; Letters With Wings (Irlande), Teerandaz (Bagladesh), Time of the pet Republic (Zimbabwe).
POURQUOI LE THÉ ? POURQUOI LA POÉSIE ?
Les sachets de thé ont une longue histoire qui remonte au XVIIIe siècle, lorsque les chinois ont commencé à coudre des petits sachets carrés pour mieux préserver l’arôme des différents thés. Les sachets de thé continuent d’être l’un des plus petits contenants que nous utilisons et trouvons dans chaque maison. Les sacs de transport ont été parmi les premiers outils utilisés par les femmes et les hommes pour transporter des objets et des souvenirs.

Nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs, mais en réalité les cueilleurs étaient prédominants, étant donné que 80% de leur nourriture provenait de la cueillette de graines, racines, fruits dans des filets, des sacs et dans tout type de récipient léger. Les sacs étaient des outils importants pour le transport des marchandises, hier comme aujourd’hui, car on peut voir des sacs utilisés comme conteneurs de courses dans les supermarchés. C’est pourquoi nous avons décidé de placer le sachet de thé au centre de l’attention, comme cœur d’une rencontre culturelle, et le Sac à dos comme trace de notre lien avec la nature et la migration.
Cependant, on ne peut que se demander pourquoi la représentation de grandes scènes de chasse prédomine sur les parois des grottes plutôt que des personnes occupées à récolter et à transporter des sacs pour collecter de la nourriture ? Cette question s’est également posée à Ursula K. Le Guin, une écrivaine de science-fiction qui a écrit la soi-disant théorie de la fiction du sac de transport, basée sur la théorie du sac de transport de l’évolution humaine par l’anthropologue Elizabeth Fisher. Le Guin a noté qu’il est difficile de raconter une histoire sur la façon dont les graines sont extraites de la peau, jour après jour de la même manière. La chasse, en revanche, est une véritable aventure, pleine de dangers et de surprises, son apothéose finale étant la mise à mort, lorsqu’un énorme mammouth, par exemple, tombe à terre. C’est un matériau pour une histoire d’action et c’est ce que nos ancêtres se sont probablement dit assis autour du feu. Mais aussi tragiquement, elle marque le début de la normalisation de la violence et d’un récit centré sur elle.

L’acte de rassembler, en revanche, avait peu de potentiel narratif ; au mieux, il convenait à une poésie traitant du monde en marge, dont peu se soucient. Pourtant, à y regarder de plus près, la poésie nous parle d’un autre regard sur le monde, d’une alternative au monopole généré par une seule histoire. C’est la raison pour laquelle le projet comprend le Rucksack réalisé avec des sachets de thé recyclés, un recueil de courts poèmes des participants et une boucle audio.

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