sous le titre provocateur, une réflexion en 3 parties sur le devenir de l’humanité, en lien avec les avancées de la science et des technologies. Une vision apocalyptique, si l’homme ne prend pas la mesure de la situation…
Un peu de subtance chimique
Mère Nature (ou qui pour elle)
a fait un beau travail
en transformant un peu de substance chimique
en vie biologique auto-répliquante.
Mais la forme biologique
est extrêmement imparfaite.
Elle est vulnérable, elle a une date d’échéance
-Fort heureusement inconnue a priori – inéluctable.
Et elle requiert des conditions particulières :
une subtile coquille d’oxygène
protégée des radiations
autour d’une planète rocheuse
ni trop chaude ni trop froide.
Et tu trouves étrange que le désir
de transcender les limites de la biologie
et l’incapacité à les accepter
soit inhérente à la condition humaine ?
Qu’extraire l’essence de l’esprit
de la forme corporelle corruptible
soit ce que l’homme tente de faire
depuis le temps de Gilgamesh ?
Que la perfection qui précède la chute
de la doctrine judéo-chrétienne
détruite par le péché originel
ne soit qu’un privilège perdu ?
Que la punition des dieux
Pour l’hybris de dépasser les limites
N’ait pas découragé dans les mythes
Prométhée, Marsya, Icare ou Orphée ?
*
II – Champ de point zéro
Dans la mystérieuse physique des quantiques
quatre sauts en arrière et un en avant
si tu crois que le vide
indéterminé
est privé de force et d’énergie
d’étranges couples qui sans cesse
se détruisent mutuellement
dans le ballet
virtuel mais réel,
vibrant à la fréquence
qui leur plaît le plus,
tu n’es pas au courant,
informé, up-to-date.
Tu ne comprends pas
que l’énergie de point zéro
est la plus basse possible dans la nature
mais intégrée
c’est la plus grande énorme et terrifiante
qu’un volume puisse contenir
Si tu es perplexe
tu peux toujours te tourner vers la Toile,
qui t’expliquera
en phase avec son temps,
combien se sont trompés
Newton Einstein Darwin et Descartes
et te fera comprendre le mystère du résidu,
de tes mémoires, croyances,
enseignements animistes,
l’erreur des partisans dogmatiques
du principe de conservation
et de toute la thermodynamique.
Non ?
Aie confiance.
Trad. Marilyne Bertoncini
L’auteur : Francesco Gallieri, entrepreneur et travailleur indépendant, a pratiqué et pratique le génie chimique des produits solides. Il a publié, pour les éditions Elmi’s World, les recueils de poésie Fuori dal coro et Sentore di donna, et le recueil de poèmes Il violinista sulla luna . La Vipera nel bidet est paru en 2022 chez Gruppo Albatros.

