Accueil événement Aux « Coïncidences poétiques » du 8 novembre 2022

Aux « Coïncidences poétiques » du 8 novembre 2022

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Merci à Georges Chich et Chantal Ravel, qui organisent des rencontres à Oullins, dans le cadre des  Coïncidences poétiques  Merci à Georges Chich pour la très sensible présentation de mon travail, que je retranscris ici avec son accord :

Il n’est pas si simple de présenter la poésie de Marilyne Bertoncini. Par les livres que ľai pu lire, il m’est apparu que sa recherche poétique prenait plusieurs directions, toutes très intéressantes, et parfois périlleuses.

Il y a sa rencontre fortuite, au bord d’une mer grise et d’une plage immense, avec Phidias le sculpteur grec devenu mythe ; notre poète tente d’y dénouer les signes de sa création enfouie tout au fond de la mer et de tous ces fantômes sidérés / arrêtés au vif d’un mouvement / dans le désespéré souci qui fait dresser les bras pour protéger les yeux.

Ici où la poète cherche Phidias sous le blanc de la page, L’enfant marche comme l’on danse/ dans la poussière du chemin / que soulève /son talon

Il  y a son chemin d’épopée inversée et lyrique qui la mène à chercher une noyée raflée comme un poisson, avec le veuf, dans l’amoncellement des débris d’un tsunami ravageur, au bord des rives et au fond de l’océan, tout glisse / l’eau lisse les os blancs // les sons/ s’éclipsent.

Il y a ce dialogue très beau avec la mort ou la personne qui a disparu, il n’est de voyage léger / pour pénétrer au pays de la mort, car Ta main d’ombre saisit la mûre / et son ombre / Ta bouche d’ombre / ne goûte / que l’ombre de la mûre. On est assurément au pays des poètes, cette bouche d’ombre ne fait-elle pas penser à Victor Hugo, et voici l’exergue magnifique d’Héraclite, Pour les âmes, mort est devenir eau, / Et pour l’eau, mort est devenir terre / Mais de la terre, l’eau nait, / Et de l’eau, l’âme.

Il y a ce qui m’apparaît comme une quête ou un combat, cette recherche des signes d’une langue poétique profonde, un peu ésotérique où les lettres puis les mots porteraient le sens d’une forme de révélation, !’indispensable féminin d’ un monde non hinaire enfin mais multiple, inclusif, utopique et pour tordre le cou du signe / renverser les images / refuser le < bon sens >..[..].

On voit que dans son travail de poète Marilyne Bertoncini lance ses pensées loin autour d’elle, comme des filets, peut-être guidée par le grand auteur auquel elle a consacré une thèse et qui n’a cessé d’explorer une belle partie du monde immense de l’âme humaine ? Je veux parler de Jean Giono.

Marilyne Bertoncini est également traductrice, mais de cela je ne peux pas rendre compte. Peut-être le fera-t-elle elle-même ?

 

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