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Il Libro di Sabbia – note de lecture de Daniele Beghè

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sur farapoesia, une belle note de lecture dont je vous livre un extrait, mais qu’on peut lire intégralement, en italien, ici : 

https://farapoesia.blogspot.com/2023/04/una-recensione-di-daniele-beghe-al.html?fbclid=IwAR1fqej-ojo4GGNHRG_EmtjiofT1NbPIbB-u9lKk-10cV5RQ6Ie1TeoCQDE

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« Il libro di Sabbia » présente un langage allusif, qui tend à rappeler des sensations, plutôt qu’à montrer, tout en étant très précis, typique de ceux qui ont appris l’italien par passion, peut-être à l’âge adulte (Marilyne a ajouté l’italien au bilinguisme français-anglais), dépourvu d’inflexions régionales, de forçage vers les registres hauts ou bas de la langue, il en résulte un souffle sansaspérité, qui correspond au sentiment des textes. Un sentiment d’effritement de la vie dans le temps, dans l’espace, dont l’auteur tente de préserver, d’entretenir, de soigner un signe. Et le sable, qui est à la fois fruit de l’érosion et matériau de construction, circule dans le sablier. Le passage du temps, la traversée de l’espace semblent ne pas avoir de sens unique, ce qui s’érode dans l’expérience du visible se recompose dans le rêve et inversement, dans ce qui semble un perpétuel défi du principe d’entropie. C’est là la magie de la poésie de Marilyne, qui semble flotter dans un temps intemporel, dans un espace à la fois infime et infini.

La poésie de Marilyne Bertoncini semble s’inspirer d’une fable sans début ni fin, sans autre morale que celle de l’insaisissabilité du temps et de l’espace : la fable de Sabbia, la femme des dunes, flamme de cendre, dont l’image s’épuise dans l’ombre errante d’où naît une narration insaisissable. La poétesse devient la voix de Sabbia, dont elle dit être la fille, une voix qui ne nous demande que d’être réceptifs pour nous immerger dans son riche imaginaire .

Un imaginaire qui a peut-être pour origine la passion que Marilyne Bertoncini ne cache pas pour la poésie italienne du XVIe siècle dont on retrouve des figures fantastiques comme l’homme-cheval, le cheval bleu, le nain bossu, le clown noir au regard d’or, Roi Cerf . Et puis de nombreux oiseaux (la volatilité du temps et de l’espace ?) : bouvreuils, mésanges, hérons, paons, hirondelles, pigeons et tourterelles ; et des  pierres : améthyste, lave d’obsidienne, quartz. Tous ces éléments sont à la fois le  fond ou la figure qui prend corps dans les vers. On rencontre surtout des fleurs :  sources d’images,  les yeux, fleurs de Sabbia, Lilla/Leila ; et réelles : fleurs de lin, menthe, sauge, lierre, tulipes, roses de bruyère. Un ensemble qui est à la fois fond et substance fluide de l’errance hors du temps dans le temps et sans direction dans l’espace.

L’effet créé est celui d’un poème-manteau – les plis sont un topos que l’on retrouve à diverses reprises dans la poétique de Marilyne – qui enveloppe les pensées, qui garde à l’intérieur la réalité avec ses drames, indispensables à l’existence, mais qui préserve aussi les souvenirs et l’essence de rêves, tout aussi indispensables.

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