le blog de MARILYNE BERTONCINI

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Sous l’eau du sommeil

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En ce lieu inversé sous l’eau de ton sommeil

les étoiles en mourant filent vers leur désastre

et les ramiers picorent des miettes de lumière

dans les prairies du ciel

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Road to Darkness – La Route de l’Ombre, de Liu Xia

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Poème de Liu Xia pour son époux, Liu Xiaobo, prix Nobel 2010; mort en prison en juillet – traduit du chinois en anglais par Ming Di, et de l’anglais en français par mes soins :

 

peillon début octobre (8)

 

 

Road to Darkness

Sooner or later you will leave
me, one day
and take the road to darkness
alone.

I pray for the moment to reappear
so I can see it better,
as if from memory.
I wish that I, astonished, could glow, my body
in full bloom of light for you.

But I couldn’t have made it
except clenching my fists, not letting
the strength,
not even a little bit of it, slip
through my fingers.


La Route de l’ombre

 

Un jour ou l’autre tu partiras
sans moi, un jour
pour prendre la route de l’ombre
seul.

Je prie le jour où je pourrai revenir
afin de mieux le voir,
comme depuis la mémoire.
Je souhaite de briller, stupéfait, mon corps
éclatant de lumière pour toi.

Mais je n’ai pu rien faire
sauf serrer les poings, sans laisser
la force,
ne serait-ce qu’un peu, filtrer
de mes doigts.

 

 

La Rouille du Temps

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Poèmes sur les tableaux textiles de Bérénice Mollet :

http://fr.calameo.com/read/004120293fc0249f62168

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Une Toile Sonore avec Sophie Brassart

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« Conseils de Survie pour Monde à l’envers » – à voir et écouter sur le blog de l’artiste que je remercie pour cet échange :

http://www.toilesonore.com/marilyne-bertoncini-1

 

Capturerr

Aube d’ac-en-ciel : mes mots sur un collage de Ghislaine LEJARD

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Contraste

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sans légende encore,
cette image glanée devant le chantier de la gare centrale de Nice – contraste saisissant, témoignage de notre société et de ses paradoxes…

Poème de Luigia Sorrentino

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saint andré des alpes sur la route (68) - Copie

 

en forme d’écu l’aile
qui presse de chaque côté vers l’extérieur
de quelques millimètres dans cette vertèbre
elle cherche une cavité à sa marge
revient le geste qui oppresse
à couper le souffle
flambe comme des ciseaux -
s’étend en produisant la nécessaire
vibration
mais par la taille ne diminue
la peine survenue,
l’être ici au beau milieu
comme granule
infiniment ou poussière
confusément, au froid

(trad. Marilyne Bertoncini)

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ha la forma di uno scudo l’ala
che si spinge esternamente su ciascun
lato a millimetri, in quella vertebra
cerca un incavo al suo margine

ricorrente il gesto che stringe
fino a togliere il respiro

divampa come una forbice
si stende producendo la necessaria
vibrazione

ma di taglio non si riduce
la pena nella venuta,
lo stare qui in mezzo
come granello
infinitamente o pulviscolo
confusamente, al freddo

.

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Icare

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                   L’oeil du monde palpite

Le vent ploie les oiseaux

    Qui

        te regarde encore

                    dans l’ombre qui s’étend?

 

Celui qui fixe la lumière

arrache des écailles d’ombre

           au soleil

 

           Le monde écharpillé –

Comment le rapiécer?

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(re) Commencement

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Si tu nages jusqu’au bout de ton rêve

tu parviens outre la porte des songes

sous les algues flottantes du sommeil

dans l’aurore de blancs coquillages

 

Là comme aux tout premiers temps

les choses espèrent d’être dites

et dans l’attente d’un destin

balbutient d’éphémères formes

 

Tout désordre te lie

aux choses qui s’ébauchent

entravant ton retour

au monde des vivants

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L’ombre de la neige

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 avec les aquarelles lumineuses et oniriques de Cécile A. Holdban,  dans un petit livre en 4 exemplaires !

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 Est-ce que les arbres nous rêvent
au long cours de l’hiver?
Notre âme frémit-elle
sous la résine des bourgeons?

 

 

 

 

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 Dans l’ombre mauve du jardin
la neige est couleur de glycine
les branches de cendre
dessinent un chemin
qui descend
lentement

 

 

 

 

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Phryné déesse grenouille (Micromythologie, 16)

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GRENOUILLE  allien (2)

 

Sybillin signe sur la vase séchée

la fleur de lys laissée par une patte

 

Une nymphe est cachée

sous l’aile du silence

 

Les cigales tziganes détissent le ciel blanc

et son reflet dans l’eau

 

Sous le reflet de l’eau et les cheveux des algues

le ruisseau est marbré de l’or des diatomées

 

Serti d’un anneau d’or sous la floraison d’eau

t’observe inobservé le noir onyx de l’oeil

 

de Phryné camouflée

dans sa livrée de moire

 

Philémon et Baucis au jardin de Saorge (micromythologie, 15)

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Dans le verger du monastère

un cerisier au tronc tordu verse l’asile de son ombre.

Regarde-le

 

sous l’écorce noircie

deux corps

amoureusement s’étreignent de peur

de se perdre.

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PING-PONG – ou de la traduction

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pour Ping pong image 4

collage Ghislaine Lejard

 

Traduire       ou

jouer sur      l’écho         des mots

 

le jeu de Lego d’un      je       à l’autre

d’un point à l’autre de     l’hémisphère

 

words like a bridge/pont

between works

pink gong qu’on entend

 

          Bingo

 

résonner entre

les mots qu’on       tend

entre les langues

 

tisserande sans filet

entre les mailles et les mails

 

lexique où l’on épingle les signes

dans le froissement des messages

télescopés syncopés          Hop et

 

back to the beginning again

 

les mots se cabrent et rebondissent

disent plus ou moins         refusent

les grilles et cinglent

vers d’autres rives


Retendre un pont

tout secouer

réamorcer redisposer

comme un puzzle

phrasal maze


        Mazel Tov

 

Tout vient à point

parfois

à qui sait attendre

 

On gagne à deux dans ce jeu

de ping-pong

 

et la balle des mots emporte le poème vers

d’autres destinées.

Tiny Titania (Micromythologie – 14)

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Dans sa robe d’automne,

elle est toute petite

et belle comme sortie d’un tableau de Chagall,

la petite musicienne de rue

saluée à l’angle

de la place

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Toute bossue comme sortie

de la bogue d’une châtaigne

la petite fée de l’automne agite son archet

et le vent se soulève

l’emporte avec son violon

dans le tourbillon roux de sa robe de feuilles

mortes.

Hespérides du Tram (Micromythologie – 13)

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Elles n’ont même pas vingt ans

Elles vivent dans le printemps même quand l’automne haute-couture

met des chasubles de damas aux arbres roux de l’avenue

 

et elles rient et se chahutent :

elles sont libres

Combien de temps?

 

Les mariages arrangés,

retour au bled pour des vacances -

Tu te rends compte, hop dans l’avion, et mariée !

et les costumes chamarrés – tu les mettrais toi?

 

Tout les fait rire

Combien de temps?

 

Elles parlent des garçons

et textotent du bout de doigts gracieux comme

le bouton des roses miniatures

à la vitrine du fleuriste

 

C’est bon d’écouter la jeunesse

me dit aussi une voisine

 

Plus loin, debout contre la vitre

sur laquelle elle flotte en son reflet nocturne

une autre jeune femme seule et chargée de sacs

 

Dans le triangle découvert du voile noir qui la recouvre

ses yeux tristes suivent sans voir

les arbres qui défilent dans l’outre-monde du vitrage.

Nuages du matin ( Micromythologie – 12)

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Sur les lattes bleues de la mer

seul l’éblouissant triangle d’une voile

le long des falaises de nacre d’innombrables nuages

couleur de lièvre -

inaccessible côte de l’île de DelosIMG_1132 - Copie

flottant sur l’horizon où elle glisse avant

de disparaître

 

Shan Shui

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Montagne et Eau se dégagent de l’ocre

et ouvrent plus que la fenêtre,

le mur tout entier,

devenu paysage de rêve,

où se perdre dans une brume d’or.

 

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Il Ramo d’Oro ( Micromythologie – 11)

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In questi pensosi boschi

vivono ancor’i morti

come leggende

 

Li puoi sentire sussurare

nel nero canto degli uccelli

 

pour rameau d'or

 

Freme la loro pelle ove calpesti

il morbido muschio

e le loro gracili membra si rompono

coi rami secchi.

 

Sotto la palpebra del cielo

il lago cela quel segreto :

i morti senza memoria

sono il bosco che ti circonda.

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Dans ces bois pensifs

vivent encore les morts

comme légendes

 

Tu les entends chuchoter

dans le chant noir des oiseaux

 

Leur peau frémit sous la mousse

que tu foules

et leurs membres graciles cassent

avec les rameaux secs

 

Sous la paupière du ciel

le lac cache ce secret :

les morts sans mémoire

sont le bois qui t’entoure.

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Diano Marina (Micromythologie -10 )

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Quel giorno

quando il treno si fermò

a Diano Marina

 

le swing de Paul Anka

croonant au creux de mes oreilles

Stay by me Diana

 

signe venu de si

loin

dans l’éclat de midi

 

I hope we’ll never part

 

terrifiante et soudaine certitude

d’avoir définitivement

rejoint

ta

même

solitude.

 

Micromythologie – 9 – Démeter et Koré

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Matriochka au foulard d’aurore ourlé d’or

elle cherche une adresse et tend en souriant

un papier griffonné

 

Sa fille est une princesse russe

jaillie de sa longue robe fleurie

de pavots

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Souple tige d’une tulipe noire

elle se balance sur des chaussures blanches

comme des cothurnes à semelles de liège

 

J’indique de la main l’arrêt qui correspond :

elles descendent à Acropolis

et disparaissent entre les vases

d’oliviers.

 

coquelicot balcon (1)

 

 

 

 

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