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	<title>MINOTAUR/A &#187; récits</title>
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	<description>le blog de MARILYNE BERTONCINI</description>
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		<title>Rêve du 10 avril : L&#8217;arbre déraciné et les oiseaux de barbarie</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 13:04:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marilyne bertoncini]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[récits]]></category>
		<category><![CDATA[rêves]]></category>
		<category><![CDATA[traduction]]></category>
		<category><![CDATA[gitans]]></category>
		<category><![CDATA[oiseaux]]></category>

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		<description><![CDATA[(bilingue &#8211; français-italien) Je n’arrive pas à effacer les images apportées par les rêves qui ont frappé à la porte de mon sommeil cette nuit. Un enchaînement presque logique, accompagnant mon retour à la maison :  des fils roses tendus d’arbre en arbre (les magnolias avaient fait place à des arbres plus grands et caducs) tissaient &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium"><em>(bilingue &#8211; français-italien)</em></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Je n’arrive pas à effacer les images apportées par les rêves qui ont frappé à la porte de mon sommeil cette nuit.</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><br />
Un enchaînement presque logique, accompagnant mon retour à la maison :  des fils roses tendus d’arbre en arbre (les magnolias avaient fait place à des arbres plus grands et caducs) tissaient une sorte de toit comme une pergola, et des linges étaient suspendus et flottaient dans le vent. Mon rêve me dit que c’était la lessive des gitans qui habitaient, pour ce rêve, dans l’une des boutiques du rez-de-chaussée où la vie diurne fait travailler une coiffeuse et le relieur. </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">J’étais un peu irritée, malgré la beauté du spectacle, il me semblait qu’on ne devait pas étendre du linge sur la place publique. En levant les yeux, je vis de nombreux oiseaux qui voletaient dans les branches – une voix dans mon rêve prétendit que c’étaient des moineaux – mais ils me semblaient plus grands. A bien les observer, avec mes yeux du rêve, je leur trouvais un bien long bec, noir et pointu – et ils grossissaient à vue d’œil, et leur plumage avait la couleur des jeunes goélands – un ocre de sable tacheté de blanc. Non, dis-je, ce ne sont pas des moineaux, plutôt des… Le nom m’a échappé au réveil : atlan, altan… </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"> <a href="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/800px-leonardo_da_vinci_-_virgin_and_child_with_st_anne_c2rmf_retouched.jpg" rel="ilightbox[7356]"><img class=" wp-image-7359 alignleft" alt="800px-Leonardo_da_Vinci_-_Virgin_and_Child_with_St_Anne_C2RMF_retouched" src="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/800px-leonardo_da_vinci_-_virgin_and_child_with_st_anne_c2rmf_retouched-763x1024.jpg" width="234" height="314" /></a>Dans la réalité diurne, je ne connais aucun oiseau qui porte un nom similaire – peut-être le milan de Leonardo, qui faillit l’étouffer selon « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci » par Sigmund Freud, qui d’ailleurs traduit allégrement vautour, et le voit dans le drapé de la Sainte Anne du Louvre – un vautour-milan qui  touche les lèvres de l&rsquo;enfant comme pour lui insuffler ou interdire la parole … </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Des rapaces, pour sûr, inquiétants &#8211; comme <i>L’oiseau-qui-n’existe-pas</i> de Claude Aveline, et que j’avais oublié au fond de ma mémoire :</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><b><i>Claude Aveline</i></b><i></i></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Portrait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas</i></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Voici le por­trait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas.<br />
Ce n’est pas sa faute si le Bon Dieu qui a tout fait a oublié de le faire.<br />
Il res­sem­ble à beau­coup d’oiseaux, parce que les bêtes qui n’exis­tent pas res­sem­blent à celles qui exis­tent.<br />
Mais celles qui n’exis­tent pas n’ont pas de nom.<br />
Et voilà pour­quoi cet oiseau s’appelle l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas.<br />
Et pour­quoi il est si triste.<br />
Il dort peut-être, ou il attend qu’on lui per­mette d’exis­ter.<br />
Il vou­drait savoir s’il peut ouvrir le bec, s’il a des ailes, s’il est capa­ble de plon­ger dans l’eau sans perdre ses cou­leurs, comme un vrai oiseau.<br />
Il vou­drait s’enten­dre chan­ter.<br />
Il vou­drait avoir peur de mourir un jour.<br />
Il vou­drait faire des petits oiseaux très laids, très vivants.<br />
Le rêve d’un oiseau-qui-n’existe-pas, c’est de ne plus être un rêve.<br />
Personne n’est jamais content.<br />
Et com­ment voulez-vous que le monde puisse aller bien dans ces condi­tions ?</i></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Paris, 1950.</i></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Or, il se trouve que ce poème a été illustré par différents artistes, dont Jean-Michel <b>Atlan</b>, qui a inventé nombre d’oiseaux étranges, parmi lesquels un oiseau de barbarie (1952) aux couleurs de mon rêve&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Atlan, ou Altan, haletants, les oiseaux de mon rêve étaient inquiétants – trop éloignés toutefois pour être vraiment dangereux sur l’instant – et puis le réseau rose des fils gitans me protégeait sans doute , si bien que je pus rentrer chez moi, puisque la séquence suivante me trouvait sur le balcon – ou en tous cas avec un point de vue différent – peut-être étais-je dans la boutique-maison des gitans… même certainement, car je fus immédiatement au pied du désastre : </span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">le vent, que je n’avais pas senti si fort en traversant la place, où il semblait produit par les battements d’ailes des oiseaux-qui-n’existent-pas, le vent s’était mis à pousser de toute ses forces sur mon platane-ami.</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Dans ma vie diurne, cet arbre me soutient depuis que j’habite ici – nous cohabitons, nous discutons. Il parle la langue des poèmes et une installation de Giovanna Iorio lui a donné ma voix,pour peu qu’on l’approche avec le portable branché sur l’application de la voix des arbres.</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"> Dans ce rêve nocturne, je l’ai vu lentement se pencher, déraciné, se coucher sur le flanc comme une bête malade. J’ai crié, dans le silence de mon rêve, j’ai couru vers lui, j’ai vu ses racines blêmes arrachées à l’ocre du sol – je n&rsquo;ai pas entendu sa plainte – a-t-il entendu les ondes de mon cri ?</span></p>
<p>*</p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><strong>Non posso cancellare</strong> le immagini portate dai sogni che, questa notte, hanno bussato alla porta del mio sonno. </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Una sequenza quasi logica, che accompagnava il mio ritorno a casa: fili rosa tesi da un albero all&rsquo;altro (le magnolie avevano lasciato il posto ad alberi più alti e decidui) tessevano una specie di tetto come un pergolato, e delle lenzuola erano appese e fluttuanti nel vento. Il mio sogno mi disse che era il bucato degli zingari che abitavano, durante questo sogno, in uno dei negozi al piano terra dove la vita diurna ospita un parrucchiere e il rilegatore. </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Ero un po&rsquo; irritata, nonostante la bellezza dello spettacolo, mi sembrava che non si dovesse stendere il bucato in piazza. Alzando lo sguardo, vidi molti uccelli svolazzare tra i rami – una voce nel mio sogno sosteneva che fossero passeri – ma mi sembravano più grandi. Guardandoli da vicino, con i miei occhi da sogno, li ho trovati con becchi molto lunghi, neri e appuntiti &#8211; e sono diventati visibilmente più grandi e il loro piumaggio era del colore dei giovani gabbiani &#8211; un ocra sabbia macchiato di bianco. No, dico io, non sono passeri, anzi&#8230; Al risveglio mi è sfuggito il nome: atlan, altan&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Nella realtà diurna non conosco nessun uccello con un nome simile, forse l’ucellaccio di Leonardo, forse l&rsquo;aquilone di Leonardo, che quasi lo soffocava secondo &laquo;&nbsp;Un ricordo d&rsquo;infanzia di Leonardo da Vinci&nbsp;&raquo; di Sigmund Freud, che peraltro traduce allegramente l&rsquo;avvoltoio, e lo vede nel panneggio di Sant&rsquo;Anna del Louvre &#8211; un avvoltoio-aquilone che gli sfiora le labbra come per ispirare o impedirgli di parlare&#8230; e conosciuto da me col nome di « milan »,&#8230; Rapaci, certo, inquietanti &#8211; come <i>l&rsquo;uccello-che-non-esiste</i> di Claude Aveline, e che avevo dimenticato nel profondo della mia memoria:</span></p>
<p style="text-align: right"><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><b><i>Claude Aveline<br />
</i></b><b><i>Ritratto dell&rsquo;uccello-che-non-esiste</i></b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><div id="attachment_7357" style="width: 252px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/capture1.jpg" rel="ilightbox[7356]"><img class="size-medium wp-image-7357 " alt="Capture" src="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/capture1-242x300.jpg" width="242" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Crédits<br />© Adagp, Paris<br />Crédit photographique : © Jacqueline Hyde &#8211; Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP<br />Réf. image : 4R12675 [1979 CX 0040]</p></div><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Ecco il ritratto dell&rsquo;uccello-che-non-esiste.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Non è colpa sua se il buon Dio che ha fatto tutto si è dimenticato di farlo.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Assomiglia a molti uccelli, perché le bestie che non esistono assomigliano a quelle che esistono.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Ma quelli che non esistono non hanno un nome.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>E per questa raggione questo uccello è chiamato l&rsquo;uccello-che-non-esiste.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>E perché è così triste.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Potrebbe dormire o aspettare di poter esistere.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Vorrebbe sapere se riesce ad aprire il becco, se ha le ali, se riesce a tuffarsi in acqua senza perdere i colori, come un vero uccello.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Vorrebbe sentirsi cantare.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Vorrebbe aver paura di morire un giorno.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Vorrebbe fare uccellini molto brutti e molto vivaci.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Il sogno di un uccello-che-non-esiste è di  non essere più un sogno.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Nessuno è mai felice.<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>E come ti aspetti che il mondo possa andare bene in queste condizioni?<br />
</i></span><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"><i>Parigi, 1950.</i></span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Si scopre che questa poesia è stata illustrata da vari artisti, tra cui Jean-Michel <b>Atlan</b>, che ha inventato una serie di strani uccelli, dei quali un ucello di Barbaria (1952) nei colori del mio sogno.</span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Atlan, o Altan, ansimanti, gli uccelli nel mio sogno erano inquietanti – troppo lontani però per essere davvero pericolosi in questo preciso momento – e poi la rete rosa di fili gitani probabilmente mi proteggeva, così da poter tornare a casa, visto che nella sequenza seguente mi trovavo sul balcone – o comunque con un punto di vista diverso – forse ero nella bottega degli zingari… anzi certamente, perché mi trovavo subito ai piedi del disastro: il vento, che non avevo percepito così forte nell&rsquo;attraversare la piazza, dove sembrava prodotto dal battito d&rsquo;ali degli uccelli-che-non-esistono, il vento dunque aveva cominciato a spingere con tutte le sue forze sul mio platano-amico. </span></p>
<p><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Nella mia vita diurna, questo albero mi ha sostenuta da quando vivo qui: conviviamo ci parliamo. Lui parla il linguaggio della poesia e un&rsquo;installazione di Giovanna Iorio gli ha dato la mia voce, se ti avvicini a lui con il cellulare collegato all&rsquo;applicazione della <i>voce degli alberi.</i></span><br />
<span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium"> In questo sogno notturno, l’ho visto lentamente inclinarsi, sradicato, steso sul fianco come un animale malato. Ho gridato, nel silenzio del mio sogno, sono corsa verso di lui, ho visto le sue pallide radici strappate dall&rsquo;ocra della terra – non ho sentito il suo lamento – avra sentito le onde del mio grido?</span></p>
<p style="text-align: right"><strong><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">Marilyne Bertoncini</span></strong></p>
<p style="text-align: right"><strong><span style="font-family: verdana, geneva;font-size: medium">10 avril 2022</span></strong></p>
<div id="attachment_7358" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/1571384291882286-1.jpeg" rel="ilightbox[7356]"><img class="size-medium wp-image-7358   " alt="1571384291882286 (1)" src="http://minotaura.unblog.fr/files/2022/04/1571384291882286-1-300x180.jpeg" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Claude Aveline, Oiseau de Barbarie (1952) &#8211; https://www.auction.fr/_fr/lot/jean-michel-atlan-1913-1960-l-oiseau-de-barbarie-1952-546539</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right">
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		<title>Conte en forme de rose</title>
		<link>http://minotaura.unblog.fr/2021/02/20/conte-en-forme-de-rose/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2021 16:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marilyne bertoncini]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[récits]]></category>
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		<description><![CDATA[pour écouter, cliquer sur l&#8217;image ci-dessous :]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center"><a href="http://minotaura.unblog.fr/files/2021/02/capture1.jpg" rel="ilightbox[5921]"><img class=" wp-image-5923 aligncenter" alt="Capture" src="http://minotaura.unblog.fr/files/2021/02/capture1-1024x680.jpg" width="680" height="451" /></a></p>
<p>pour écouter, cliquer sur l&rsquo;image ci-dessous :</p>
<p><a href="http://minotaura.unblog.fr/2021/02/20/conte-en-forme-de-rose/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
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		<title>Rencontres avec l&#8217;Homme Invisible</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2016 18:19:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[marilyne bertoncini]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La première fois que je me suis aperçue de son existence, c&#8217;était à cause de ses baskets. Elles étaient là, devant l&#8217;église – toutes seules. Enfin, accompagnées d&#8217;un petit écriteau signalant sa présence. Et vu la toute petite obole qui l&#8217;accompagnait, je pense que nous n&#8217;étions pas nombreux à avoir remarqué, dans la foule de &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;font-family: verdana,geneva"> <a href="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/1-a-lhomme-invisible-marilyne-bertoncini.jpg" rel="ilightbox[2305]"><img class="size-medium wp-image-2306 alignleft" alt="1 A l'homme invisible marilyne Bertoncini" src="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/1-a-lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-223x300.jpg" width="223" height="300" /></a><span style="font-size: medium">La première fois que je me suis aperçue de son existence, c&rsquo;était à cause de ses baskets. Elles étaient là, devant l&rsquo;église – toutes seules. Enfin, accompagnées d&rsquo;un petit écriteau signalant sa présence. Et vu la toute petite obole qui l&rsquo;accompagnait, je pense que nous n&rsquo;étions pas nombreux à avoir remarqué, dans la foule de l&rsquo;après-midi, le minuscule autel aux chaussures solitaires. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">J&rsquo;ai d&rsquo;abord souri, puis me suis interrogée, quand au hasard d&rsquo;une promenade, je l&rsquo;ai rencontré de nouveau. Enfin, ses baskets, plantées là, sur un seuil – accompagnées d&rsquo;une canette vide. Des chaussures vides aussi – évidemment.<a href="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/a-lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-2.jpg" rel="ilightbox[2305]"><img class="size-medium wp-image-2307 alignright" alt="A l'homme invisible Marilyne Bertoncini (2)" src="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/a-lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-2-225x300.jpg" width="225" height="300" /></a> </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">Et j&rsquo;ai pensé à toutes les chaussures esseulées, abandonnées, inexplicablement dépareillées. Semelle veuves de l&rsquo;empeigne, au détour d&rsquo;un chemin&#8230; pantoufle couverte de mousse, au fond d&rsquo;un parc abandonné&#8230; et même, sur un marché, parmi de vieux cuivres et des casques, la prothèse cuir et bois d&rsquo;un mutilé de guerre. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">Et j&rsquo;ai pensé à toutes les traces de pas laissées par l&rsquo;homme invisible : traces subtiles dans la poussière grise des villes, foulée légère du marcheur dans l&rsquo;herbe humide du matin, empreinte du pêcheur dans la boue de la rive, ou marque lourde du manoeuvre dans la glaise du chantier&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva"><a href="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-2.jpg" rel="ilightbox[2305]"><img class="size-medium wp-image-2308 alignleft" alt="L'homme invisible - Marilyne Bertoncini (2)" src="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-2-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a>Et j&rsquo;ai pensé à tous les hommes invisibles, ces fantômes de nos vies présentes et passées, ces ombres claires qui nous frôlent sans qu&rsquo;on les voie, nous touchant de l&rsquo;ombre de leur main, à travers le mur qu&rsquo;ils ont bâti, le pain qu&rsquo;ils ont pétri, le vêtement que j&rsquo;ai mis&#8230; </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">Qui nous frôlent sans voix, dans le silence obstiné de leurs pas déchaussés &#8211; sans papier, sans abri, dans le déni et la survie&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">J&rsquo;ai pensé à toute l&rsquo;humanité invisible qui nous entoure – trimards, fuyards, réfugiés, déclassés, exploités : les chaussures de l&rsquo;homme invisible sont les chaussures d&rsquo;un homme pauvre. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium;font-family: verdana,geneva">Peut-être, alors, peut-être sont-elles là pour nous rappeler que ces fantômes qu&rsquo;on ignore vibrent, aiment, souffrent leur vie, en creux, dans le monde où nous marchons sans savoir qu&rsquo;on les côtoie, frères inapparents que manifestent ces reliques.</span></p>
<p style="text-align: center" align="JUSTIFY"><span style="font-size: medium"><a href="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/lhomme-invisible-marilyne-bertoncini.jpg" rel="ilightbox[2305]"><img class="size-medium wp-image-2309 aligncenter" alt="L'Homme invisible - marilyne Bertoncini" src="http://minotaura.i.m.f.unblog.fr/files/2016/01/lhomme-invisible-marilyne-bertoncini-300x225.jpg" width="300" height="225" /></a></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: verdana,geneva;font-size: small"> </span></p>
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