le blog de MARILYNE BERTONCINI

Là où tremblent encore des ombres d’un vert tendre

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Une « toile sonore » de Sophie BRASSART,

que je remercie de m’avoir invitée à dire/écrire un poème qu’elle accompagne d’une de ses encres –

 

à voir et à écouter en suivant le lien :

http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf

30 mars, 2016 à 19:58 | Commentaires (0) | Permalien


Note de lecture sur « La Pierre Amour », de Xavier Bordes…

 

dans le dernier numéro de Recours au Poème :

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Il en est des livres comme des pays : si l’on peut, seul, découvrir des merveilles au cours d’un voyage, le soutien éclairé d’un guide permet la connaissance des ressorts et des lieux secrets… Ainsi en va-t-il de La Pierre Amour, voyage philosophal en pays de poésie : l’accompagnement de Gwen Garnier-Duguy peut sembler indispensable pour ne rien perdre de cette lecture. Le recueil La Pierre Amour, couvrant les années 1972-1985, est en effet une oeuvre complexe, tissant un dense réseau de mythes et de symboles, que l’introduction – programmatique elle-même – permet de débrouiller, situant le projet dans sa fonction proprement poétique, en réponse au chaos du monde dans lequel elle s’inscrit :

« (…)la responsabilité du poète écrivant dans sa langue maternelle est de répondre par une oeuvre prenant en compte cette complexité (du monde) en proposant, pour la supporter, pour la sublimer, une profondeur conciliant les forces en présence, forces contradictoires, voire même adversaires. »

La pierre du titre est fondatrice – elle apparaît dès l’exergue, à travers deux citations d’O. Milosz et d’Yves Bonnefoy, liée à l’amour et à la mort (présente dès la fin du premier poème ouvrant le recueil). Elle figure aussi dans la citation de Paul Celan qui indique l’aspect originel et cyclique du projet : « Ich hörte sagen, es sei / im Wasser ein Stein und ein Kreis… » Stèle mémorielle, caillou semé le long des pages, pierre philosophale, pierre angulaire – elle rebondit d’une partie à l’autre du recueil, reparaissant une dernière fois dans « Thrène d’automne », « l’envoi » qui clôt ce livre, avec des accents apollinariens, qui en soulignent la dimension mélancolique :

« Souriant aux merveilles
Dans ses branchages clairs

S’éveillent
Mes noyés à l’envers
Sur la pierre d’enfance
Ils dansent
En riant aux merveilles (…) »

- See more at:

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/xavier-bordes-la-pierre-amour/marilyne-bertoncini#sthash.AbzRzpdG.dpuf

 

 

25 mars, 2016 à 20:46 | Commentaires (0) | Permalien


Fantôme du printemps

fantôme du printemps

Trace furtive

léger fantôme encore

Le printemps sort de sa gangue

de terre et de cendre

17 mars, 2016 à 11:59 | Commentaires (0) | Permalien


La Marée de la fonte des Rêves, dans la revue LA PISCINE

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Ce poème est au sommaire de la toute nouvelle et fort belle revue LA PISCINE, qu’on peut se procurer ici : http://revuelapiscine.com/

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10 mars, 2016 à 8:58 | Commentaires (0) | Permalien


La revue FRANCOPOLIS…

présente mon travail, grâce à Dana SHISHMANIAN, que je remercie de sa belle mise en page dans son « Salon de Lecture ».

francopolis mars 2016

le choix de Dana Shishmanian est à lire en copiant ce lien : http://www.francopolis.net/salon/BertonciniMarilyne-mars2016.html

7 mars, 2016 à 14:49 | Commentaires (0) | Permalien


Viole di Marzo

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Une tendre constellation flotte bras ouvert

sur le cristal de l’eau

toute piquetée des bulles

qui tremblent dans le verre d’où monte

le sucre du parfum couleur de terre

et d’améthyste

 

Leurs bouches acidulées de safran

parlent la langue du souvenir

oramai smorzate mammole di Parma

tra le pagine del libro richiuso

poi dimenticato

 

Déjà sur le talus

près des mousses ce matin

elles imprègnaient la cire de mon âme

de leur mélancolie douce et

violante

 

O comme un philtre magique

j’aimerais boire de cette eau

où trempent aussi deux tiges

de muscaris

Peut-être ouvrirait-elle la porte de la mémoire

 

J’imagine Eurydice couronnée de pensées

cheminant dessous les prés

s’abreuvant aux fleuves souterrains

où flottent comme ces étoiles les souvenirs des vivants.

 

3 mars, 2016 à 16:49 | Commentaires (0) | Permalien


La Poésie est une Arme pour défendre l’Âme

Dans le numéro 156 de Recours au Poème, l’intégralité de mon entretien avec le poète bengali Shuhrid SHAHIDULLAH, à propos de son oeuvre, et de la situation du BANGLADESH : 

Riyaz Udin, miniature paintingLa beauté de cette nation est qu’elle ne se plaint même pas vraiment. L’influence du soufisme et du baulisme**  rend mes compatriotes indifférents à la vie terrestre. Ceci rend mon peuple indifférent à la vie terrestre. Ils ont toujours été plus mystiques que religieux.  Toutefois, le récent essor du fondamentalisme religieux a lui aussi laissé des traces. Ces dernières années, des écrivains ont été tués ; un grand nombre d’entre eux est en danger.  L’état utilise la censure, bannissant des livres, arrêtant des auteurs.

Ceci a un rapport avec ma poésie. Je veux intégrer ces faits à mes poèmes, de façon poétique. Le traumatisme colonial, le conflit politique, l’extrémisme, l’omniprésente exploitation de mon peuple, les enjeux globaux des structures de pouvoir, tout ce qui a lieu dans le monde et aux franges de celui-ci, je veux que tout ceci fasse partie de mes poèmes. Je veux révéler ce qui est caché sous la surface. Je veux décoder les significations pour les encoder dans des sens différents. Ainsi, mes poèmes ne sont pas un blog politique, je suis à la fois politique et apolitique. Je mène la vie de la petite bourgeoisie, mais je rêve qu’un jour le prolétariat s’unira et me chassera de ma zone de confort. Ils mettront le feu au bureau sur lequel j’écris. Je veux voir si mes mots survivront à ce feu ou deviendront des cendres. Tous mes poèmes sont des prières trompeuses – la spiritualité d’un non-croyant.

- See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/chroniques/entretien-avec-shuhrid-shahidullah/marilyne-bertoncini#sthash.lMMaXcOy.dpuf

27 février, 2016 à 9:58 | Commentaires (0) | Permalien


Ma tête est soudée – illustration de Pierre Rosin

bertonpoil

 

Ma tête est soudée à l’intérieur de la tienne

et ta tête repose dans la mienne

la vulnérable paroi de mon crâne

butant contre ta fontanelle

 

Tes yeux voient à travers les miens

nos bouches se superposent

tes pensées me traversent

comme un fleuve électrique

 

Tu rêve mon retour

dans le creux de mon rêve

et notre rêve s’évapore

dans la salive du matin

*

19 février, 2016 à 18:29 | Commentaires (0) | Permalien


L’Heure Approximative

lheure

 

Des heures sonnent au souvenir

du cadran de l’horloge

et le matin frotte ses yeux piquants d’étoiles

tandis que chaque chose te parle -

 

les arbres qui s’éveillent te demandent l’aumône

d’une parole

la fenêtre en s’ouvrant te sourit de guingois

l’eau a le bruissement de soie

des souvenirs rampant vers toi

 

Une main te caresse la joue

et des baisers perdus pépient dans les taillis

La trame usée du jour n’est déjà qu’un vestige

à cette heure approximative

qu’ourle le drap gris

de la nuit.

 

*

15 février, 2016 à 23:03 | Commentaires (0) | Permalien


La Revue « POSSIBLES », nouvelle série, n.5

La revue numérique dirigée par Pierre Perrin consacre une belle page à Labyrinthe des Nuits dans son sommaire de février 2016  :

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à lire en copiant le lien : http://possiblesuite.free.fr/pos5bert.php

8 février, 2016 à 12:21 | Commentaires (0) | Permalien


un dessin de Pierre Rosin

pour un extrait de La Nuit de Lilas :

pierre rosin

Lacis et entrelacs

arabesque de branches

cachée sous les feuillages

labyrinthe secret où se perd

la mémoire

en quête de soi-même

 

5 février, 2016 à 16:19 | Commentaires (0) | Permalien


Le Chemin des Mots

Turini (102) - Copie

 

Le chemin s’éboule

dans l’outre-monde des paroles

Chaque pas soulève une poussière

d’or éteint qui tremble dans l’absence de lumière

 

bourdonnantes mouches grises

les mots sont un essaim en quête d’une reine

 

Ta tête est une ruche que grisent les mots d’or gris

 

des paillettes de mots dans le lit des grands fleuves

que traversent les morts lents et phosphorescents

tout un sable de mots que soulèvent tes pas

dans un chuchotement de vieilles feuilles mortes

au couchant

 

Orient espéré à l’issue du chemin

Orion Ariane ma soeur La Très Sacrée

tes pas tracent les mots dans ta danse secrète

dans l’outre-monde des paroles

dans le silence des choses

somnolentes

 

Le chemin qui s’éboule monte vers la lumière.

5 février, 2016 à 12:08 | Commentaires (0) | Permalien


Lettre d’E.(urydice)

les araignées de la mémoire (1)

C’est le soir

l’ombre est un buvard

pour tes mots

mes beaux absents

 

Les mots ne t’appartiennent pas

ils traversent les coeurs

poreux

s’écoulent s’épanchent le long

des artères

fleurissent au bout de la langue

puis s’évaporent dans l’espace

avec la houle des marées

l’amère caresse

des vagues

 

J’écris d’un autre temps

d’un autre lieu

les mots traversent mon présent

et m’enveloppent de leur soie

 

L’araignée du souvenir tisse la langue.

4 février, 2016 à 12:03 | Commentaires (0) | Permalien


Note de lecture : « Journal Seneca », de Jérôme Rothenberg

Capture

pour lire l’article, copier le lien :

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/joseph-rothenberg-journal-seneca/marilyne-bertoncini

30 janvier, 2016 à 10:22 | Commentaires (0) | Permalien


Noctis Imago

arbre

La forêt s’avance en habit nuptial

 

Les chevaux de la nuit délassent leur crinière

un voile à plumetis recouvre tous les arbres

dans le matin blafard

 

C’est le Printemps d’Eurydice

 

Des grappes d’acacia couronnent la rivière

Le miel clair des troenes chante dans le matin

ganté de beurre frais

 

Des pyramides nivéales jouent à saute-mouton

parmi les manchons roses des cersis

sous les langues de nuages qui s’échevèlent

le long des pentes

 

Plumeaux et plumets blancs s’agitent sur

les lourdes têtes du sureau lièbre

l’arbre à perruque aux bouquets crème

les candides étoiles du pyracantha

 

où nul ne lit

le sang des baies

inscrit dans la nacre des fleurs

 

C’est le cortège d’Eurydice

et ses voiles dans le matin sont une écume de chagrin.

27 janvier, 2016 à 19:23 | Commentaires (0) | Permalien


Aigu Silence de Midi

Je ne puis résister au plaisir de vous montrer l’un des poèmes de « Paysages Intérieurs », traduits en hébreu par la poète Gili Haimovitch,

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Aigu silence de midi

 

Ton corps

coquille vide

repose sur la plage

stridente et vierge

 

Ton ombre a fui

Même l’abri de tes paupières

n’est plus qu’une éclatante absence.

Aigu silence

עכשיו – בדממה האנושה של הלבנה

גופך

   צדפה ריקה

               נח על גדה

                    רועמת וזכה

 

צילך נמלט

       ומקלט שמורות עינך

                  נחתם על העדר זוהר

 

25 janvier, 2016 à 20:45 | Commentaires (0) | Permalien


Perdu en Crête – sur un dessin de Pierre Rosin

perdu en crête - pierre rosin

La fourmi tire son fil dans la mémoire-coquillage

et l’aube s’irise du reflet des souvenirs

dans la forêt remembrée

.

Comme les ailes d’un papillon

se déplissent les feuilles-mots

dans la pelote du cocon

où leur frisson de soie agite le passé

sur le dédale sans pensée

.

La doulce douleur brode sa pluie de mai

sur les plaies qui s’effacent dans les lobes nacrés

de la mémoire-cicatrice.

21 janvier, 2016 à 10:22 | Commentaires (0) | Permalien


Aube…

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Les membranes du rêve s’effilochent

Des goélands phosphorescents

survolent les grues étoilées

et les membra disjecta de la ville en chantier.

.

.

*

14 janvier, 2016 à 12:15 | Commentaires (0) | Permalien


Rencontres avec l’Homme Invisible

1 A l'homme invisible marilyne BertonciniLa première fois que je me suis aperçue de son existence, c’était à cause de ses baskets. Elles étaient là, devant l’église – toutes seules. Enfin, accompagnées d’un petit écriteau signalant sa présence. Et vu la toute petite obole qui l’accompagnait, je pense que nous n’étions pas nombreux à avoir remarqué, dans la foule de l’après-midi, le minuscule autel aux chaussures solitaires.

J’ai d’abord souri, puis me suis interrogée, quand au hasard d’une promenade, je l’ai rencontré de nouveau. Enfin, ses baskets, plantées là, sur un seuil – accompagnées d’une canette vide. Des chaussures vides aussi – évidemment.A l'homme invisible Marilyne Bertoncini (2)

Et j’ai pensé à toutes les chaussures esseulées, abandonnées, inexplicablement dépareillées. Semelle veuves de l’empeigne, au détour d’un chemin… pantoufle couverte de mousse, au fond d’un parc abandonné… et même, sur un marché, parmi de vieux cuivres et des casques, la prothèse cuir et bois d’un mutilé de guerre.

Et j’ai pensé à toutes les traces de pas laissées par l’homme invisible : traces subtiles dans la poussière grise des villes, foulée légère du marcheur dans l’herbe humide du matin, empreinte du pêcheur dans la boue de la rive, ou marque lourde du manoeuvre dans la glaise du chantier…

L'homme invisible - Marilyne Bertoncini (2)Et j’ai pensé à tous les hommes invisibles, ces fantômes de nos vies présentes et passées, ces ombres claires qui nous frôlent sans qu’on les voie, nous touchant de l’ombre de leur main, à travers le mur qu’ils ont bâti, le pain qu’ils ont pétri, le vêtement que j’ai mis…

Qui nous frôlent sans voix, dans le silence obstiné de leurs pas déchaussés – sans papier, sans abri, dans le déni et la survie…

J’ai pensé à toute l’humanité invisible qui nous entoure – trimards, fuyards, réfugiés, déclassés, exploités : les chaussures de l’homme invisible sont les chaussures d’un homme pauvre.

Peut-être, alors, peut-être sont-elles là pour nous rappeler que ces fantômes qu’on ignore vibrent, aiment, souffrent leur vie, en creux, dans le monde où nous marchons sans savoir qu’on les côtoie, frères inapparents que manifestent ces reliques.

L'Homme invisible - marilyne Bertoncini

 

13 janvier, 2016 à 20:19 | Commentaires (0) | Permalien


Nouveautés des 2Rives

Trois livres d’art mêlant art graphique et poésie, dont « Pluie et Neige sur Cronce Miracle », de Chantal Dupuy-Dunier,  recensés dans Recours au Poème :

pluie%20et%20neigeNous présenterons trois des sept titres du catalogue : d’abord Pluie et Neige sur Cronce Miracle, magique recueil de Chantal Dupuy-Dunier et Michèle Dadolle, où me semble parfaitement nécessaire le parti-pris de la transparence, voilant le lavis gris et mauve des encres, qu’il faut révéler. Chaque feuille de calque porte, manuscrite, une phrase tirée du recueil, qui s’inscrit comme une brume sur l’ébauche d’un paysage – croit-on – traits comme délavés, surgissant de la mémoire en bribes d’ombre, graphique silhouette évoquant un arbre, coin de prairie, peut-être – toute latitude est laissée au regard, pour imaginer, avant d’y pénétrer, le lieu de ce texte : Cronce. Déjà objet d’un recueil de Chantal Dupuy-Dunier (Creusement de Cronce), ce topos réel, dédicataire du recueil, paraît tant chargé d’émotions et de souvenirs, qu’il devient figure mythique- et maternelle – comme la Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, citée en épigraphe, et dans le poème liminaire. Pays au nom rude, qu’on imagine âpre, dans ses consonnes « cruelles », où l’on entend bruire les ronces en couronne d’épines, comme autour des madones noires des campagnes, Cronce Miracle fonde en quelque sorte le mythe généalogique du poète : « Ton nom s’est métamorphosé en prénom, / la pluie qui le baigne en eau lustrale. // Tu as pris place sur une branche de notre arbre, ton sang irrigue nos veines. » Les saisons qui passent, au fil de la pluie, accompagnent en effet une naissance – une re-connaissance : celle des mots, encore incompris, comme ceux de la langue des oiseaux, du rire de la montagne, du silencieux discours des arbres… – jusqu’à ce que « S’esquisse le tic-tac de poèmes métronomes. » Ce paysage familier et sacré, que Chantal Dupuy-Dunier porte avec elle, à travers son écriture, comme des Lares – Genii loci au sens propre du terme, où l’on entend aussi, en écho, loqui – ce bruissement de mots guettés dans les « voyelles glacées » de la pluie », les vibrations de la parole en « froissement d’élytres » des insectes, les calligrammes liquides sur les rochers… ou la forme que prendra la candeur de la neige, sous la « plume-burin » de Chantal Dupuy-Dunier, qui nous offre ici une forte et sensible méditation sur la féconde prégnance des lieux dans la naissance du poète.

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/fil-de-lecture-de-marilyne-bertoncini-nouveaut%C3%A9s-des-2rives/marilyne-bertoncini#sthash.OzxUwwR2.dpuf

 

 

7 janvier, 2016 à 14:23 | Commentaires (0) | Permalien


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