le blog de MARILYNE BERTONCINI

Phryné déesse grenouille (Micromythologie, 16)

GRENOUILLE  allien (2)

 

Sybillin signe sur la vase séchée

la fleur de lys laissée par une patte

 

Une nymphe est cachée

sous l’aile du silence

 

Les cigales tziganes détissent le ciel blanc

et son reflet dans l’eau

 

Sous le reflet de l’eau et les cheveux des algues

le ruisseau est marbré de l’or des diatomées

 

Serti d’un anneau d’or sous la floraison d’eau

t’observe inobservé le noir onyx de l’oeil

 

de Phryné camouflée

dans sa livrée de moire

 

28 octobre, 2016 à 11:33 | Commentaires (0) | Permalien


Qui pleure les oiseaux morts

.

Qui pleure les oiseaux morts

sur le bord de la route ?

 

Quelques plumes qui volent

s’accrochent aux buissons

comme des fleurs de vent.

 

Le frêle corps sans vie

palpite étrangement

 

mais le cou est tordu

et du bec entrouvert

des vers tôt sortiront

 

Qui pleure ces oiseaux morts

sur le bord de nos routes ?

.

IMGP3266

.


5 juillet, 2016 à 10:31 | Commentaires (0) | Permalien


Le papillon nocturne

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Le platane respire dans l’aube grise -

le cuir et cuivre de ses feuilles parle

un langage  subtil  comme le langage des oiseaux.

 

Un papillon nocturne au seuil de la cuisine

reprend des forces avant

l’ultime traversée.

23 novembre, 2015 à 9:38 | Commentaires (0) | Permalien


Ciel d’Octobre (suite) – le platane

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L’aube s’étire dans les branches d’or vert -

gravière crissant d’oiseaux -

puis d’un seul coup

un noir parapluie se déploie

claque d’un bruit d’éventail

par-dessus la cime du platane

et couvre de son ombre la place qui se fige

un instant

puis s’ébroue tandis

que commence le trafic

et déjà le chantier où se meuvent les grues.

13 novembre, 2015 à 12:17 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (3)

ciel (27) - Copie

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 secoue dans le silence

son grelot de bois sec

 

Le vol lourd des choucas

entraîne le platane

dont l’ombre s’évapore

sur la place déserte

 

Crépuscule inversé

la nuit s’évanouit.

1 août, 2015 à 19:51 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (2) – work in progress

nice quartier des musiciens (16)

.

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

 

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 

secoue dans le silence

son grelot de bois sec

31 juillet, 2015 à 7:54 | Commentaires (0) | Permalien


« Le Fourminautore » dans « Journal de mes paysages »

 

Mon  texte sur le labyrinthe dans le numéro 2 de la jeune revue « cosmoréaliste » Jdmp (à commander à l’adresse suivante : journaldemespaysages@gmail.com),

un grand merci à Pierre Saunier, Martin Wable et toute l’équipe :

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20 mai, 2015 à 15:36 | Commentaires (0) | Permalien


Orion

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Fragiles écailles de papillon

de fugitives ocelles

flottent entre deux eaux

 

Orion chasseur imprévoyant

errant

l’enfant sur tes épaules

aveugle vers quel Orient?

 

Tes yeux d’étoiles dans ma ramure -

tout un fleuve stellaire charié par mes pensées

*

vidéo correspondante en copiant le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=cLYARdyFDXQ

 

19 mai, 2015 à 9:12 | Commentaires (0) | Permalien


Le Grain de Grenade

fort de la revère 004

J’ai croqué le grain de grenade

le feu humide de la pulpe

sur l’amertume du pépin

dans le crépuscule-matin

.

et l’oiseau cessa de chanter

15 mai, 2015 à 7:29 | Commentaires (0) | Permalien


After the Flood

after the flood pour Angel Press envoyél

16 mars, 2015 à 19:15 | Commentaires (0) | Permalien


Pluie

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Sous la pluie frémit l’oiseau –

sous ses plumes, sa chair de cendre

dessine un fin glyphe de nuit.

15 mars, 2015 à 21:00 | Commentaires (0) | Permalien


Le Chat

BEZAUDUN (65)Derrière l’angle

d’une maison

il montre seulement

une patte

-

et un coin de frimousse

qui sait pourquoi

c’est un chat.

E.B.

29 janvier, 2015 à 16:39 | Commentaires (0) | Permalien


S’ensable la ville sans ombre

 

pluie de novembre à Nice (6)

la rue blafarde est un chat maigre

ondulant au rythme

des néons

 

des épaules dans l’ombre glauque d’une cabine

tressautent dans le silence qui les relie

au fil du téléphone

 

entre les lauriers-roses

un train bruisse

fracas de naufrage

et cliquetis de rames

 

25 janvier, 2015 à 9:09 | Commentaires (0) | Permalien


AEONDE (extraits)

 (cliquer sur les photos pour dérouler le diaporama)

 

Aeonde

 

 

                                   I choose a mournful Muse

 

 

 

 

Au jardin, une grive draine frotte  du bec les écailles de la grille

La bruine a brûlé les parterres

Des fantômes en pleurs  secouent leurs bras

 

Eprise de reflets l’eau givre comme le tain

Le réel glissant à la surface se greffe au filigrane des futaies endormies

Sous le grésil du vif-argent

 

La voix fixe les images et je franchis

Les confins qu’aux choses assignent les paroles

Le monde spéculaire contient la laitance des étoiles et l’éclat mort  d’anciens désastres

 

De grands blocs de détresse se heurtent en l’indifférent ressac se retirent et s’affrontent

Béliers en combat sans issue froissant leur chair de glace

Dans le grand barattage où fume la tristesse comme une opaque brume

 

Le silence dévore la carcasse de villes

Aux  perspectives nues à la blancheur de crâne sur un autel

Où les gestes insensés de statues dans leurs niches se figent

 

Des âmes en exil enchevêtrent leurs voix au silence des choses

Le jardin s’est couvert d’un pelage de loup

La tempête broie les arbres dans un muet fracas

 

Les allées sont jonchées de mains coupées

 

Enfin s’éteint lentement le murmure et la tête des ombres se couvre

Les ailes repliées Aeonde au jardin pleure

Et mon âme à ses pieds

 

Comètes déclinantes et calcinées

Astres en pluie de suie mâchurant l’horizon

Le ciel en fusion boit l’haleine des charniers

 

 

Au jardin Elle pleure la déréliction d’une foule fantôme

La chaîne que rien ne rachète

La chair couleur de tourbe

 

C’est le Jardin des Repentirs où flotte un parfum d’aubépine

Une chevêche en son vol silencieux traverse le ciel

Le cerisier décapité dresse son cou

 

Un oiseau familier s’est perché sur l’épaule du rouvre décharné

Où le sang a caillé.

 

 

 

 

 

***

29 mars, 2012 à 22:32 | Commentaires (0) | Permalien


LE ROI-CERF (extrait)

 

 

 

(…)

 

                                  *

 

    Je m’abreuve à ce fleuve et la tête me pèse

    Un labyrinthe de pensées s’y presse

    Fantômes exigeants chasseresses insoumises en  lutte dans le dédale                                                     

 Agiles cavales en furie ayant perdu les guides et battant à mes tempes un rythme d’agonie

 

    Je m’abreuve à ce fleuve où mes pensées se mirent

   Ayant forcé mon front d’un corail qui le ceint de son vivant diadème

 

    Nuées comme l’essaim hors de la ruche enfui

    Elles tracent dans l’onde où elles coagulent  l’arbre qui me couronne comme un madrépore

 

    C’est la vie qui me quitte dans le précis reflet où s’achève ma tête

    Et double ma douleur

 

    Dépouille je m’abreuve à mes pensées.

 

                                  *

    Meute de mes années repaissez-vous de moi 

    J’ai de mon sabot d’or fait jaillir les étoiles

    Ma danse vagabonde organise le monde

    Et la gloire où me mène l’amble de mon pas illumine le gouffre où me porte la Roue

    Solaire

    A mi-parcours                                     

    Sous la forêt des signes mâchant trèfle et cerfeuil une biche et son faon paisibles se  promènent

 

    Une mésange au loin chante dans le sureau et dans le crépuscule la cloche d’une église

    Tinte

 

    O votre humide haleine attachée à mes traces

    Meute de mes années

    Toujours me déchirant mes Ménades intimes

              Le poignet tatoué du beau signe de mort

    Et railleuses toujours mes pensées avec vous

    Et les abois cendreux de l’infernale meute

              Rouges oreilles dressées comme tisons ardents

 

    Dans les frondes des mots mes ramures se prennent en entraînant mes songes.

 

                                  *

 

    Or je rêvais

 

    Sur la croisée fermée le soleil irisait l’oeil brun et douloureux

    D’un cerf

 

    Et l’oeil

    Se reflétant sur lui-même

 

 

    Créait l’illusion d’un second oeil

    Tendre

    Et insondable (…)

 

   

7 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien