le blog de MARILYNE BERTONCINI

Cantique des Cantiques

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à Marc Chagall

 

Dans les nuages du matin rose tyrien

couleur de muqueuse nue

sensible et gonflée

humide et tendre comme

l’intérieur d’une bouche

s’étirent des corps sirènes

 

Leur sommeil alangui rêve

de mille fleurs

Une colombe apporte

l’anneau nuptial aux couleurs

d’arc-en-ciel

 

Tout flotte dans l’espace

où des lapins pourchassent

des musiciens-oiseaux

 

Des acrobates bleus jouent du silence d’or

et des branches d’un arbre comme un fantôme blême

lentement se dissolvent

ses feuilles

sur les pages du Livre.

*

 

25 novembre, 2016 à 22:46 | Commentaires (0) | Permalien


L’ombre de la neige

 avec les aquarelles lumineuses et oniriques de Cécile A. Holdban,  dans un petit livre en 4 exemplaires !

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 Est-ce que les arbres nous rêvent
au long cours de l’hiver?
Notre âme frémit-elle
sous la résine des bourgeons?

 

 

 

 

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 Dans l’ombre mauve du jardin
la neige est couleur de glycine
les branches de cendre
dessinent un chemin
qui descend
lentement

 

 

 

 

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8 novembre, 2016 à 13:09 | Commentaires (0) | Permalien


Philémon et Baucis au jardin de Saorge (micromythologie, 15)

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.

Dans le verger du monastère

un cerisier au tronc tordu verse l’asile de son ombre.

Regarde-le

 

sous l’écorce noircie

deux corps

amoureusement s’étreignent de peur

de se perdre.

.

25 octobre, 2016 à 22:44 | Commentaires (2) | Permalien


Hespérides du Tram (Micromythologie – 13)

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Elles n’ont même pas vingt ans

Elles vivent dans le printemps même quand l’automne haute-couture

met des chasubles de damas aux arbres roux de l’avenue

 

et elles rient et se chahutent :

elles sont libres

Combien de temps?

 

Les mariages arrangés,

retour au bled pour des vacances -

Tu te rends compte, hop dans l’avion, et mariée !

et les costumes chamarrés – tu les mettrais toi?

 

Tout les fait rire

Combien de temps?

 

Elles parlent des garçons

et textotent du bout de doigts gracieux comme

le bouton des roses miniatures

à la vitrine du fleuriste

 

C’est bon d’écouter la jeunesse

me dit aussi une voisine

 

Plus loin, debout contre la vitre

sur laquelle elle flotte en son reflet nocturne

une autre jeune femme seule et chargée de sacs

 

Dans le triangle découvert du voile noir qui la recouvre

ses yeux tristes suivent sans voir

les arbres qui défilent dans l’outre-monde du vitrage.

1 octobre, 2016 à 9:15 | Commentaires (0) | Permalien


Il Ramo d’Oro ( Micromythologie – 11)

.

In questi pensosi boschi

vivono ancor’i morti

come leggende

 

Li puoi sentire sussurare

nel nero canto degli uccelli

 

pour rameau d'or

 

Freme la loro pelle ove calpesti

il morbido muschio

e le loro gracili membra si rompono

coi rami secchi.

 

Sotto la palpebra del cielo

il lago cela quel segreto :

i morti senza memoria

sono il bosco che ti circonda.

.

Dans ces bois pensifs

vivent encore les morts

comme légendes

 

Tu les entends chuchoter

dans le chant noir des oiseaux

 

Leur peau frémit sous la mousse

que tu foules

et leurs membres graciles cassent

avec les rameaux secs

 

Sous la paupière du ciel

le lac cache ce secret :

les morts sans mémoire

sont le bois qui t’entoure.

.

.

28 septembre, 2016 à 9:47 | Commentaires (0) | Permalien


Combats (Micromythologie – 8)

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Tout en haut du platane

là où perchent les pies dans le nid du mistral

se battent aussi Lapithes et Centaures

 

Ecoute le crépitement de crécelle des thyrses

le craquements des lances sur les torses cabrés

les noires bouches ouvertes sur le cri silencieux de lointaines batailles

 

Les armures diaprées cèdent aux coups de butoir

et se déchirent en lambeaux veinés de marbre

et de jade.

 

Toute la rage aussi des enfants d’Ouranos

agitant les moignons de mille bras dressés pour la menace

contre le ciel d’un noir livide

 

Et les Sabines qu’on enlève

leurs beaux bustes arqués dans l’effort

leur folle chevelure plus agitée encore que celle de Méduse

 

Par-dessus la mêlée soudain

la couronne tressée de Cybèle , déesse courroucée

et le calme du Tout réabsorbé au profond du mystère.

19 septembre, 2016 à 10:28 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 5

les moires

Les Moires

 

Sur un banc du  jardin d’enfants

muettes ou silencieuses

elles tricotent lentement

 

et leurs yeux marécages

suivent les jeux des chérubins

insouciants du temps

 

sous la frondaison d’or

de l’arbre aux mille écus.

 

16 septembre, 2016 à 8:40 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 4

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.

Un vagabond à longue barbe rousse

doucement écorce le tronc du platane

et lisse le liège clair

dans le soir qui s’étend

 

Qui cherche-t-il sous la mue colorée?

 

A ses pieds l’ombre s’allonge

et touche du museau

l’or qui frémit encore

au creux des mains de l’arbre.

 

3 septembre, 2016 à 7:43 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie (2)

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Cartable sur le dos

il traverse en courant la place

où l’ombre de la palme

s’attache à sa cheville

 

Perché sur l’antenne du toit

un pâle croissant de lune

se dilue et sourit.

1 septembre, 2016 à 10:40 | Commentaires (0) | Permalien


Noctis Imago

arbre

La forêt s’avance en habit nuptial

 

Les chevaux de la nuit délassent leur crinière

un voile à plumetis recouvre tous les arbres

dans le matin blafard

 

C’est le Printemps d’Eurydice

 

Des grappes d’acacia couronnent la rivière

Le miel clair des troenes chante dans le matin

ganté de beurre frais

 

Des pyramides nivéales jouent à saute-mouton

parmi les manchons roses des cersis

sous les langues de nuages qui s’échevèlent

le long des pentes

 

Plumeaux et plumets blancs s’agitent sur

les lourdes têtes du sureau lièbre

l’arbre à perruque aux bouquets crème

les candides étoiles du pyracantha

 

où nul ne lit

le sang des baies

inscrit dans la nacre des fleurs

 

C’est le cortège d’Eurydice

et ses voiles dans le matin sont une écume de chagrin.

27 janvier, 2016 à 19:23 | Commentaires (0) | Permalien


Le papillon nocturne

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Le platane respire dans l’aube grise -

le cuir et cuivre de ses feuilles parle

un langage  subtil  comme le langage des oiseaux.

 

Un papillon nocturne au seuil de la cuisine

reprend des forces avant

l’ultime traversée.

23 novembre, 2015 à 9:38 | Commentaires (0) | Permalien


Aeonde (extrait)

 Olivier - Roquebruneolivier - Roquebrune

Au jardin des repentirs flotte de l’aubépine

le parfum

corrompu

 

Une blanche chevêche en son vol silencieux

traverse le ciel

noir

 

et son plaintif appel

est sans écho

 

Le cerisier décapité

dresse son cou

sanglant

sous l’impassible lune

 

Le rouvre décharné est le corps de Marsyas

supplicié

un oiseau familier perché sur son épaule

où le sang a caillé

 

 

*

Tout le jardin n’est qu’un gibet

où s’agite et se tord

une humaine douleur.

Olivier - Roquebrune

(l’intégralité à lire sur Recours au Poème : http://www.recoursaupoeme.fr/marilyne-bertoncini/aeonde )

 

18 novembre, 2015 à 18:41 | Commentaires (0) | Permalien


Lendemain

cap ferrat (13)

Là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

Ces mots au réveil – d’où venus?

 

Les membranes du sommeil

s’effilochent

les frondes bougent

avec un frisson d’aise

 

Les souvenirs s’effeuillent

aux branches des forêts

mortes

 

Le réel s’insinue

sous la peau du sommeil

les paupières obstinées

et les lèvres fermées

 

là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

avant l’explosion du plein jour

l’essaim des cris

l’éclat des mots

la mort.

17 novembre, 2015 à 11:08 | Commentaires (0) | Permalien


Ciel d’Octobre (suite) – le platane

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L’aube s’étire dans les branches d’or vert -

gravière crissant d’oiseaux -

puis d’un seul coup

un noir parapluie se déploie

claque d’un bruit d’éventail

par-dessus la cime du platane

et couvre de son ombre la place qui se fige

un instant

puis s’ébroue tandis

que commence le trafic

et déjà le chantier où se meuvent les grues.

13 novembre, 2015 à 12:17 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (3)

ciel (27) - Copie

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 secoue dans le silence

son grelot de bois sec

 

Le vol lourd des choucas

entraîne le platane

dont l’ombre s’évapore

sur la place déserte

 

Crépuscule inversé

la nuit s’évanouit.

1 août, 2015 à 19:51 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (2) – work in progress

nice quartier des musiciens (16)

.

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

 

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 

secoue dans le silence

son grelot de bois sec

31 juillet, 2015 à 7:54 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’aube (1)

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Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

 

Le palmier a un rire de geisha

derrière la palme d’une main

30 juillet, 2015 à 8:00 | Commentaires (0) | Permalien


Les Prunes

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Oblongues poches d’or et de miel,

les lunghettes

chaudes    lisses     un peu molles

la douceur d’une joue sous la caresse de la main

 

Elles fondent

leur parfum de garrigue et de sucre

éclate dans la bouche

mais le plus grand plaisir est la cueillette -

les saisir par grappes, trois, quatre, cinq,

braver les épines pour les voler à l’arbre,

en secouer les branches -

tonnerre sur le toit de tôle -

glaner au sol celles qui tombent

 

Celles-ci déjà tavelées

des éphélides sur leur peau -

ces prunes et moi sommes jumelles –

celles-là d’un blond souverain

bientôt transformées    congelées

confites dès le midi

 

Celles qui demeurent dans la coupe d’osier

deviendront rousses aussi

un fin réseau de rouille couvrira la fine peau

qui explosera sous la pression du sucre –

une goutte d’ambre sourd déjà de l’attache

du pédoncule

 

Le suc tiède et odorant emplit la bassine

de sa lave

et le parfum t’enveloppe

comme un châle d’or

 

guèpes et abeilles le guettent

aussi

*

25 juin, 2015 à 10:51 | Commentaires (0) | Permalien


Le Tilleul

 

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La lumière ondule

dans le tilleul

entre vert et blond le miel

dans le vent

la douce amertume

de l’ombre oublieuse

*

7 juin, 2015 à 21:20 | Commentaires (0) | Permalien


le rêve des arbres

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Est-ce que les arbres nous rêvent

au long cours de l’hiver?

 

Notre âme frémit-elle

sous la résine des bourgeons?

17 mai, 2015 à 7:43 | Commentaires (0) | Permalien


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