le blog de MARILYNE BERTONCINI

Icare

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                   L’oeil du monde palpite

Le vent ploie les oiseaux

    Qui

        te regarde encore

                    dans l’ombre qui s’étend?

 

Celui qui fixe la lumière

arrache des écailles d’ombre

           au soleil

 

           Le monde écharpillé –

Comment le rapiécer?

.

.

.

*

25 janvier, 2017 à 20:43 | Commentaires (0) | Permalien


(re) Commencement

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Si tu nages jusqu’au bout de ton rêve

tu parviens outre la porte des songes

sous les algues flottantes du sommeil

dans l’aurore de blancs coquillages

 

Là comme aux tout premiers temps

les choses espèrent d’être dites

et dans l’attente d’un destin

balbutient d’éphémères formes

 

Tout désordre te lie

aux choses qui s’ébauchent

entravant ton retour

au monde des vivants

*

25 décembre, 2016 à 8:59 | Commentaires (0) | Permalien


Cantique des Cantiques

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à Marc Chagall

 

Dans les nuages du matin rose tyrien

couleur de muqueuse nue

sensible et gonflée

humide et tendre comme

l’intérieur d’une bouche

s’étirent des corps sirènes

 

Leur sommeil alangui rêve

de mille fleurs

Une colombe apporte

l’anneau nuptial aux couleurs

d’arc-en-ciel

 

Tout flotte dans l’espace

où des lapins pourchassent

des musiciens-oiseaux

 

Des acrobates bleus jouent du silence d’or

et des branches d’un arbre comme un fantôme blême

lentement se dissolvent

ses feuilles

sur les pages du Livre.

*

 

25 novembre, 2016 à 22:46 | Commentaires (0) | Permalien


Nuages du matin ( Micromythologie – 12)

 

Sur les lattes bleues de la mer

seul l’éblouissant triangle d’une voile

le long des falaises de nacre d’innombrables nuages

couleur de lièvre -

inaccessible côte de l’île de DelosIMG_1132 - Copie

flottant sur l’horizon où elle glisse avant

de disparaître

 

29 septembre, 2016 à 19:07 | Commentaires (0) | Permalien


Il Ramo d’Oro ( Micromythologie – 11)

.

In questi pensosi boschi

vivono ancor’i morti

come leggende

 

Li puoi sentire sussurare

nel nero canto degli uccelli

 

pour rameau d'or

 

Freme la loro pelle ove calpesti

il morbido muschio

e le loro gracili membra si rompono

coi rami secchi.

 

Sotto la palpebra del cielo

il lago cela quel segreto :

i morti senza memoria

sono il bosco che ti circonda.

.

Dans ces bois pensifs

vivent encore les morts

comme légendes

 

Tu les entends chuchoter

dans le chant noir des oiseaux

 

Leur peau frémit sous la mousse

que tu foules

et leurs membres graciles cassent

avec les rameaux secs

 

Sous la paupière du ciel

le lac cache ce secret :

les morts sans mémoire

sont le bois qui t’entoure.

.

.

28 septembre, 2016 à 9:47 | Commentaires (0) | Permalien


Combats (Micromythologie – 8)

platane (2)

 

Tout en haut du platane

là où perchent les pies dans le nid du mistral

se battent aussi Lapithes et Centaures

 

Ecoute le crépitement de crécelle des thyrses

le craquements des lances sur les torses cabrés

les noires bouches ouvertes sur le cri silencieux de lointaines batailles

 

Les armures diaprées cèdent aux coups de butoir

et se déchirent en lambeaux veinés de marbre

et de jade.

 

Toute la rage aussi des enfants d’Ouranos

agitant les moignons de mille bras dressés pour la menace

contre le ciel d’un noir livide

 

Et les Sabines qu’on enlève

leurs beaux bustes arqués dans l’effort

leur folle chevelure plus agitée encore que celle de Méduse

 

Par-dessus la mêlée soudain

la couronne tressée de Cybèle , déesse courroucée

et le calme du Tout réabsorbé au profond du mystère.

19 septembre, 2016 à 10:28 | Commentaires (0) | Permalien


INFERNET (micromythologie – 7)

INFERNET

 

Il suffit au poète d’un mot

se détachant sur le fond bleu où se confondent ciel et mer

pour que le réel se double de son étoffe de mythes.

 

Les lettres brûlées de rouille d’INFERNET

sont soudain investies du même pouvoir

que celles inscrites au fronton de l’Enfer de Dante :

 

le vent sur la tôle rongée se met alors à mugir

Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate,

et les cris des mouettes pleurent de l’outre-monde.

18 septembre, 2016 à 6:51 | Commentaires (0) | Permalien


Souvenir pour E.

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La Deûle coule grise

entre ses berges bises

des rêves se reflètent

parmi les herbes d’eau

des destins fluctuants

ébauchent des histoires

miroitant un instant

dans les nuages d’eau

où le soleil muché

avec les hirondelles

a des frissons de soie

bruissants comme les joncs.

*

 

4 janvier, 2016 à 13:59 | Commentaires (0) | Permalien


Ciel d’Octobre, les étourneaux – vidéo-poème

Instantané 2 (28-10-2015 13-13)

à voir et lire en copiant le lien dans votre navigateur :

https://www.youtube.com/watch?v=jrzdfg7w7A0

28 octobre, 2015 à 14:11 | Commentaires (0) | Permalien


haïku du froid

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je bois le froid

dans la tasse du ciel

fume l’azur comme une haleine.

*

23 septembre, 2015 à 16:03 | Commentaires (0) | Permalien


Orion

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Fragiles écailles de papillon

de fugitives ocelles

flottent entre deux eaux

 

Orion chasseur imprévoyant

errant

l’enfant sur tes épaules

aveugle vers quel Orient?

 

Tes yeux d’étoiles dans ma ramure -

tout un fleuve stellaire charié par mes pensées

*

vidéo correspondante en copiant le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=cLYARdyFDXQ

 

19 mai, 2015 à 9:12 | Commentaires (0) | Permalien


Esquisse d’un voyage en train – (extrait 2)

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Tout le jour

la mer gardera le gris doux un peu froid d’une aile de goéland

aile immense

dont le battement sourd ne l’arrache jamais

à la terre

 

une petite chaîne de nuages gris-bleu à l’horizon d’où suinte

l’ocre-rose du matin

barrée d’un vol géométrique

 

puis les barres d’immeubles

et les grues avant la gare

engloutissent

le ciel.

 

*

 

2 mai, 2015 à 7:01 | Commentaires (0) | Permalien


L’Envers du Monde

ce poème fait partie de l’anthologie « Saisir au vol »colligée par Sabine Huynh et illustrée par Mathilde Roux, dans le dernier numéro de « Terre à Ciel » que je remercie de m’accueillir en si belle compagnie :  http://www.terreaciel.net/Saisir-au-vol#.VSy1Y2wcTIV

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14 avril, 2015 à 8:44 | Commentaires (0) | Permalien


Esquisse d’un voyage en train (extrait)

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Le ciel sombre se couvre des plumules d’un jeune goéland

Comme son négatif inversé sur la pellicule atmosphérique

Une meute de petits nuages pommelés

entre terre et cendre

Hésite à refléter l’ourlet de l’aube au col de Villefranche

Happée par la lumière plate des quais

Qui découpe en lames de couteau les palmiers.

 

7 avril, 2015 à 12:17 | Commentaires (0) | Permalien


haïku de la tasse

bassin aux lotus - val rameh

L’étang fume comme la tasse

chaude entre mes mains

L’horizon disparaît quand je bois mon café.

 

 

27 février, 2015 à 18:31 | Commentaires (0) | Permalien


sur un tableau textile de Bérénice Mollet

 

sans titre - Bérénice Mollet

sans titre – Bérénice Mollet

O, de ce trou dans sa poitrine

toute douleur s’est échappée

brûlant la chair des souvenirs

.

La rose des quatre vents tournoie

sur le ciel de cendre grège

où s’élance le fil, ténu, de la pensée.

 

20 février, 2015 à 17:17 | Commentaires (0) | Permalien


Haiku de la pelure d’oignon

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La fine pelure du nuage s’accroche

à la branche puis se déchire

diaphane et rose

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The thin onion peel of the cloud gets entangled

to the branch then tears

diaphanous and roseDSCN3704-001

27 janvier, 2015 à 10:12 | Commentaires (0) | Permalien


Winter

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Dans le ciel, un glaçon qui fond

trouble la lumière froide

La plage secoue ses galets. 

 

 

 

14 janvier, 2015 à 9:43 | Commentaires (0) | Permalien


SAISONS

SAISONS dans images VILLEFRANCHE-la-baie-225x300

 

 

 

Dans le ciel marécage

Un voilier girouette à la cime du toit

En contrebas l’émail gribleuté de la mer.

 

 

*

Fin de saison

les mimosas roussissent contre les jeunes pousses

Feuillage-dynamite

Eclair vert du printemps. 

 

*

 

Jour de vent :

J’écrase en marchant des baies de poivrier

Parfum rose et piquant de l’été.

 

 

 

*

 

Première pluie dans le ciel mâchuré

Flottante feuille morte

un avion.

 

 

*

La neige ploie les mimosas

têtes chenues par-dessus les grillages

leurs longs cous éplorés de girafe.

 

 

 

 

 

 

*

11 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien