le blog de MARILYNE BERTONCINI

(re) Commencement

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Si tu nages jusqu’au bout de ton rêve

tu parviens outre la porte des songes

sous les algues flottantes du sommeil

dans l’aurore de blancs coquillages

 

Là comme aux tout premiers temps

les choses espèrent d’être dites

et dans l’attente d’un destin

balbutient d’éphémères formes

 

Tout désordre te lie

aux choses qui s’ébauchent

entravant ton retour

au monde des vivants

*

25 décembre, 2016 à 8:59 | Commentaires (0) | Permalien


Scène de Plage (micromythologie – 1)

 

 

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle, Nana au Grand Palais

 

Le soleil feule comme un léopard

pour la dame aux tétons roses

sur les galets gris de la plage

 

Sa peau brune de terre cuite luit

si belle

sur ses rondeurs primordiales

 

Ses yeux mi-clos ensilent

une semaille d’étoiles

dans le ciel à l’envers

30 août, 2016 à 18:45 | Commentaires (0) | Permalien


Les Yeux clos

Ferme les yeux, puis presse l’index sur tes paupières pour créer l’indispensable brasillement de mimosa d’arrière-plan.

Patience : attends l’éclaboussure stellaire, l’éclatement de nova, au creux du noir des yeux rouverts sur l’espace intérieur.

Ensuite, imagine un anneau, un très grand anneau de fer ou d’acier – très grand – pas trop! – qui tourne en miroir de lui-même et s’enroule, et que tu parcours, les yeux clos, en marchant à tâtons.IMG_5982

Tu commences à l’intérieur du métal froid, que tu sens sous tes doigts – tu perçois même la saveur de fer sidéral tandis que tu marches sur le ruban. Tu avances, pas à pas, et te retrouves plongé dans l’éclaboussement parfumé du mimosa de ton enfance – tes doigts égrènent la pelucheuse constellation de l’acacia dealbata qui te caresse aussi les joues et prononce à tes lèvres les mots muets du souvenir…

Tu continues d’avancer le long du ruban qui tourne sur lui-même, et hop, le métal glacé de la vie retourne bruissant comme une vague, tu continues…

Te voici pris dans le mouvement perpétuel de l’anneau d’éternité qui se trouve, dans mon musée imaginaire, sous le nom de Chilida.

19 août, 2016 à 9:48 | Commentaires (0) | Permalien


Viole di Marzo

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Une tendre constellation flotte bras ouvert

sur le cristal de l’eau

toute piquetée des bulles

qui tremblent dans le verre d’où monte

le sucre du parfum couleur de terre

et d’améthyste

 

Leurs bouches acidulées de safran

parlent la langue du souvenir

oramai smorzate mammole di Parma

tra le pagine del libro richiuso

poi dimenticato

 

Déjà sur le talus

près des mousses ce matin

elles imprègnaient la cire de mon âme

de leur mélancolie douce et

violante

 

O comme un philtre magique

j’aimerais boire de cette eau

où trempent aussi deux tiges

de muscaris

Peut-être ouvrirait-elle la porte de la mémoire

 

J’imagine Eurydice couronnée de pensées

cheminant dessous les prés

s’abreuvant aux fleuves souterrains

où flottent comme ces étoiles les souvenirs des vivants.

 

3 mars, 2016 à 16:49 | Commentaires (0) | Permalien


Aube…

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Les membranes du rêve s’effilochent

Des goélands phosphorescents

survolent les grues étoilées

et les membra disjecta de la ville en chantier.

.

.

*

14 janvier, 2016 à 12:15 | Commentaires (0) | Permalien


Orion

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Fragiles écailles de papillon

de fugitives ocelles

flottent entre deux eaux

 

Orion chasseur imprévoyant

errant

l’enfant sur tes épaules

aveugle vers quel Orient?

 

Tes yeux d’étoiles dans ma ramure -

tout un fleuve stellaire charié par mes pensées

*

vidéo correspondante en copiant le lien : 

https://www.youtube.com/watch?v=cLYARdyFDXQ

 

19 mai, 2015 à 9:12 | Commentaires (0) | Permalien


INRI – poèmes et photos

Poème à feuilleter sur Calaméo en suivant le lien : http://fr.calameo.com/read/004120293eb2904deea9e

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26 janvier, 2015 à 21:04 | Commentaires (0) | Permalien


Comètes Noyées

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Nasses bleues des comètes

noyées aux longs cheveux

où les pensées se prennent

*

Eclats de souvenirs dissous

J’ai tatoué au coeur

ce fragment de mémoire

30 novembre, 2014 à 12:41 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des Lucioles

 Bonhommes Mandarines, de Brigitte Marcerou

Bonhomme Mandarine, de Brigitte Marcerou

*

Lucioles de velours

de larges étoiles dansent

Seule une guitare chuchote ses chansons

à la nuit bourdonneuse.

*

26 novembre, 2014 à 10:27 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des Etoiles

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Des yeux clos des étoiles sourdent des

diamants

qui s’accrochent au matin à la pointe

de l’herbe

 

 

13 novembre, 2014 à 20:29 | Commentaires (0) | Permalien


Paysages Intérieurs (extrait – inédit 1979)

 

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Ce soir

 les oreilles des arbres

écoutent

le mugissement sourd de la sève

dans leurs branches

 

La reptation des fleuves

froisse

la soie

sur l’échine souple de la terre

 

Les cris aigus des étoiles

percent le sommeil

des hommes

 

La nuit

entière

est une bouche

qui hurle des flots de silence

 

 

11 novembre, 2014 à 11:05 | Commentaires (0) | Permalien


Genèse du Langage – extrait

Extrait d’un poème écrit pour un livre de Brigitte Marcerou  dont les autres travaux sont à voir sur : http://brigittemarcerouartiste.wordpress.com/

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(…)

Ourdir les mots

au métier des marais

où dire

les mots

 

une volée de mots

comme poignée d’oiseaux

jetée aux quatre vents

et le monde est

ouvert

 

et des millions de mots

s’accrochent aux étoiles

Le monde dévoilé

palpite (…)

 

9 novembre, 2014 à 8:42 | Commentaires (0) | Permalien


AEONDE (extraits)

 (cliquer sur les photos pour dérouler le diaporama)

 

Aeonde

 

 

                                   I choose a mournful Muse

 

 

 

 

Au jardin, une grive draine frotte  du bec les écailles de la grille

La bruine a brûlé les parterres

Des fantômes en pleurs  secouent leurs bras

 

Eprise de reflets l’eau givre comme le tain

Le réel glissant à la surface se greffe au filigrane des futaies endormies

Sous le grésil du vif-argent

 

La voix fixe les images et je franchis

Les confins qu’aux choses assignent les paroles

Le monde spéculaire contient la laitance des étoiles et l’éclat mort  d’anciens désastres

 

De grands blocs de détresse se heurtent en l’indifférent ressac se retirent et s’affrontent

Béliers en combat sans issue froissant leur chair de glace

Dans le grand barattage où fume la tristesse comme une opaque brume

 

Le silence dévore la carcasse de villes

Aux  perspectives nues à la blancheur de crâne sur un autel

Où les gestes insensés de statues dans leurs niches se figent

 

Des âmes en exil enchevêtrent leurs voix au silence des choses

Le jardin s’est couvert d’un pelage de loup

La tempête broie les arbres dans un muet fracas

 

Les allées sont jonchées de mains coupées

 

Enfin s’éteint lentement le murmure et la tête des ombres se couvre

Les ailes repliées Aeonde au jardin pleure

Et mon âme à ses pieds

 

Comètes déclinantes et calcinées

Astres en pluie de suie mâchurant l’horizon

Le ciel en fusion boit l’haleine des charniers

 

 

Au jardin Elle pleure la déréliction d’une foule fantôme

La chaîne que rien ne rachète

La chair couleur de tourbe

 

C’est le Jardin des Repentirs où flotte un parfum d’aubépine

Une chevêche en son vol silencieux traverse le ciel

Le cerisier décapité dresse son cou

 

Un oiseau familier s’est perché sur l’épaule du rouvre décharné

Où le sang a caillé.

 

 

 

 

 

***

29 mars, 2012 à 22:32 | Commentaires (0) | Permalien


Amarcord

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Abandonnée le long de la rue désertée

Gelsomina pleurait

 

T’en souviens-tu?

 

Lentement passaient un cheval et le vent gris

De la vie et de nos songes doux-amer

 

Ce soir nous voit assis comme elle sur la pierre  

 

Regarde

 

Les étoiles dansent autour du baptistère

Comme insectes captifs dans le halo des lampes

                        Mais tu sais que je vois aussi des châteaux  le long du torrent

                        Là où s’élèvent diurnes de simples immeubles              

 

Face à l’escalier du Teatro Reggio s’incarne le visage vide et lumineux

D’un passage voûté

 

Le vent joue avec un sachet-plastique

Petit fantôme volant selon son désir

 

Personne ne passe à cette heure

Sous le sombre rougeâtre des lampions

Tout baigne dans le crépuscule sépia de vieilles photos

 

Ecoute

 

Place de la Paix le chantier taciturne résonne comme

Un plateau de Cinecittà après le dernier clap

 

Les vélos passent lentement

Vrombit une vespa sans but

Nonchalants les Vitelloni errent sans plus de consistance que

Des images de cinéma

 

Voici pourtant ce qui manque au décor

La ritournelle de Gelsomina

                        Son nasillard  de la trompette

                        Appeau des

Souvenirs 

Pourtant toujours là

                        plus vivants sous la pierre que tous les plaisirs

                        plus déchirants que la douleur

 

Coeur de la ville
Endormie

Ils attendent que nos
Voix dissipent la magie

 

Te souviens-tu?   

 

 

 

 

*

10 mars, 2012 à 20:37 | Commentaires (2) | Permalien


LE ROI-CERF (extrait)

 

 

 

(…)

 

                                  *

 

    Je m’abreuve à ce fleuve et la tête me pèse

    Un labyrinthe de pensées s’y presse

    Fantômes exigeants chasseresses insoumises en  lutte dans le dédale                                                     

 Agiles cavales en furie ayant perdu les guides et battant à mes tempes un rythme d’agonie

 

    Je m’abreuve à ce fleuve où mes pensées se mirent

   Ayant forcé mon front d’un corail qui le ceint de son vivant diadème

 

    Nuées comme l’essaim hors de la ruche enfui

    Elles tracent dans l’onde où elles coagulent  l’arbre qui me couronne comme un madrépore

 

    C’est la vie qui me quitte dans le précis reflet où s’achève ma tête

    Et double ma douleur

 

    Dépouille je m’abreuve à mes pensées.

 

                                  *

    Meute de mes années repaissez-vous de moi 

    J’ai de mon sabot d’or fait jaillir les étoiles

    Ma danse vagabonde organise le monde

    Et la gloire où me mène l’amble de mon pas illumine le gouffre où me porte la Roue

    Solaire

    A mi-parcours                                     

    Sous la forêt des signes mâchant trèfle et cerfeuil une biche et son faon paisibles se  promènent

 

    Une mésange au loin chante dans le sureau et dans le crépuscule la cloche d’une église

    Tinte

 

    O votre humide haleine attachée à mes traces

    Meute de mes années

    Toujours me déchirant mes Ménades intimes

              Le poignet tatoué du beau signe de mort

    Et railleuses toujours mes pensées avec vous

    Et les abois cendreux de l’infernale meute

              Rouges oreilles dressées comme tisons ardents

 

    Dans les frondes des mots mes ramures se prennent en entraînant mes songes.

 

                                  *

 

    Or je rêvais

 

    Sur la croisée fermée le soleil irisait l’oeil brun et douloureux

    D’un cerf

 

    Et l’oeil

    Se reflétant sur lui-même

 

 

    Créait l’illusion d’un second oeil

    Tendre

    Et insondable (…)

 

   

7 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien