le blog de MARILYNE BERTONCINI

Noctis Imago sur Journal de Mes Paysages – 4 (extrait)

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Journal de mes paysages, novembre 2016 – revue créée par Pierre Saunier et Martin Wable, 

contact journaldemespaysages@gmail.com

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6 décembre, 2016 à 14:58 | Commentaires (0) | Permalien


Il Ramo d’Oro ( Micromythologie – 11)

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In questi pensosi boschi

vivono ancor’i morti

come leggende

 

Li puoi sentire sussurare

nel nero canto degli uccelli

 

pour rameau d'or

 

Freme la loro pelle ove calpesti

il morbido muschio

e le loro gracili membra si rompono

coi rami secchi.

 

Sotto la palpebra del cielo

il lago cela quel segreto :

i morti senza memoria

sono il bosco che ti circonda.

.

Dans ces bois pensifs

vivent encore les morts

comme légendes

 

Tu les entends chuchoter

dans le chant noir des oiseaux

 

Leur peau frémit sous la mousse

que tu foules

et leurs membres graciles cassent

avec les rameaux secs

 

Sous la paupière du ciel

le lac cache ce secret :

les morts sans mémoire

sont le bois qui t’entoure.

.

.

28 septembre, 2016 à 9:47 | Commentaires (0) | Permalien


INFERNET (micromythologie – 7)

INFERNET

 

Il suffit au poète d’un mot

se détachant sur le fond bleu où se confondent ciel et mer

pour que le réel se double de son étoffe de mythes.

 

Les lettres brûlées de rouille d’INFERNET

sont soudain investies du même pouvoir

que celles inscrites au fronton de l’Enfer de Dante :

 

le vent sur la tôle rongée se met alors à mugir

Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate,

et les cris des mouettes pleurent de l’outre-monde.

18 septembre, 2016 à 6:51 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 6 : Les Grains de Grenade

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J’ai croqué, je crois, trop de grains de grenade :

 

je dialogue en silence avec l’ombre

de morts plus vivants que les ombres

s’agitant au soleil

 

et leur ombre s’ajoute à l’ombre des vivants.

grains de grenade

17 septembre, 2016 à 11:17 | Commentaires (0) | Permalien


Qui pleure les oiseaux morts

.

Qui pleure les oiseaux morts

sur le bord de la route ?

 

Quelques plumes qui volent

s’accrochent aux buissons

comme des fleurs de vent.

 

Le frêle corps sans vie

palpite étrangement

 

mais le cou est tordu

et du bec entrouvert

des vers tôt sortiront

 

Qui pleure ces oiseaux morts

sur le bord de nos routes ?

.

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.


5 juillet, 2016 à 10:31 | Commentaires (0) | Permalien


Méditation : fragment d’Héraclite, n. 36

composition (15)

« Pour les âmes, mort est devenir eau,

et pour l’eau, mort, devenir terre.

Mais de la terre, l’eau naît,

et de l’eau, l’âme. »

dans la traduction de Jean-Paul Dumont,

et sur un bref  extrait d’une musique du groupe SÖNDÖRGÖ, dont le nom évoque si justement, me dit Maria Maïlat, l’écoulement de l’eau,

un montage vidéo à voir ici :

https://www.youtube.com/watch?v=7FYlO3LbVoM

 

 

9 mai, 2016 à 9:01 | Commentaires (0) | Permalien


Là où tremblent encore des ombres d’un vert tendre

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Une « toile sonore » de Sophie BRASSART,

que je remercie de m’avoir invitée à dire/écrire un poème qu’elle accompagne d’une de ses encres –

 

à voir et à écouter en suivant le lien :

http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf

30 mars, 2016 à 19:58 | Commentaires (0) | Permalien


Le Chemin des Mots

Turini (102) - Copie

 

Le chemin s’éboule

dans l’outre-monde des paroles

Chaque pas soulève une poussière

d’or éteint qui tremble dans l’absence de lumière

 

bourdonnantes mouches grises

les mots sont un essaim en quête d’une reine

 

Ta tête est une ruche que grisent les mots d’or gris

 

des paillettes de mots dans le lit des grands fleuves

que traversent les morts lents et phosphorescents

tout un sable de mots que soulèvent tes pas

dans un chuchotement de vieilles feuilles mortes

au couchant

 

Orient espéré à l’issue du chemin

Orion Ariane ma soeur La Très Sacrée

tes pas tracent les mots dans ta danse secrète

dans l’outre-monde des paroles

dans le silence des choses

somnolentes

 

Le chemin qui s’éboule monte vers la lumière.

5 février, 2016 à 12:08 | Commentaires (0) | Permalien


Le papillon nocturne

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Le platane respire dans l’aube grise -

le cuir et cuivre de ses feuilles parle

un langage  subtil  comme le langage des oiseaux.

 

Un papillon nocturne au seuil de la cuisine

reprend des forces avant

l’ultime traversée.

23 novembre, 2015 à 9:38 | Commentaires (0) | Permalien


Aeonde (extrait)

 Olivier - Roquebruneolivier - Roquebrune

Au jardin des repentirs flotte de l’aubépine

le parfum

corrompu

 

Une blanche chevêche en son vol silencieux

traverse le ciel

noir

 

et son plaintif appel

est sans écho

 

Le cerisier décapité

dresse son cou

sanglant

sous l’impassible lune

 

Le rouvre décharné est le corps de Marsyas

supplicié

un oiseau familier perché sur son épaule

où le sang a caillé

 

 

*

Tout le jardin n’est qu’un gibet

où s’agite et se tord

une humaine douleur.

Olivier - Roquebrune

(l’intégralité à lire sur Recours au Poème : http://www.recoursaupoeme.fr/marilyne-bertoncini/aeonde )

 

18 novembre, 2015 à 18:41 | Commentaires (0) | Permalien


Lendemain

cap ferrat (13)

Là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

Ces mots au réveil – d’où venus?

 

Les membranes du sommeil

s’effilochent

les frondes bougent

avec un frisson d’aise

 

Les souvenirs s’effeuillent

aux branches des forêts

mortes

 

Le réel s’insinue

sous la peau du sommeil

les paupières obstinées

et les lèvres fermées

 

là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

avant l’explosion du plein jour

l’essaim des cris

l’éclat des mots

la mort.

17 novembre, 2015 à 11:08 | Commentaires (0) | Permalien


Souvenirs de la Maison désaffectée

 rouille ruines (3)

Les sarments décharnés

sur la façade blanche -

 

mais le jardin frémit

dès qu’on franchit le seuil

 

La maison aux yeux clos

s’éventre mollement dans le désordre du jardin

 

Tout ondule et flotte dans l’ombre

brouillée d’un verre de bouteille

 

Sous la dentelle acide des fraises ensauvagées

la suave escarboucle

 

les ruches abandonnées

un reflet qui s’accroche à la vitre brisée

 

Le tilleul sur le toit de tôle

secoue ses bouquets blonds

 

Des fantômes frôlent encore les pruniers

foulent la mousse

 

Ils ont laissé une sandale morte

sur le gravier de l’allée.

*

25 juillet, 2015 à 7:30 | Commentaires (0) | Permalien


Poème du grain de sel (extrait d’un travail en cours)

DSCN3866 - CopieDans l’oeil du rocher

l’écaille incandescente du sel

         – éblouissante obole au nocher

reprise par la vague

dans l’incessant voyage d’ici à

l’eau

        -delà.

 

22 juillet, 2015 à 14:42 | Commentaires (0) | Permalien


Dériver

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Lente dérive dans les courants

comme morte épave douce

engloutie aspirée

tourbillonnant éparpillée

mais sans

douleur

 

Et la lumière

O – la lumière

 

Tornades d’algues brunes

courants profonds où se délite

avec lenteur le corps

sans poids sans

direction

 

L’eau douce encore

et la lumière

 

Epave-éponge

 

Et le son d’orgue des tempêtes

24 juin, 2015 à 7:17 | Commentaires (1) | Permalien


haïku de la rose

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Comme prix de sa victoire

la Mort gagne la rose

mais

la rosée scintille sur des lèvres fanées.

22 mai, 2015 à 9:06 | Commentaires (0) | Permalien


Palmyre

 

Murailles de Palmyre

Princes de Trébizonde

Roi morts

que l’enfer du souvenir

rappelle encore

cinq avec cinq(2)

17 mai, 2015 à 20:45 | Commentaires (0) | Permalien


Traduction en cours (4) Les Morts, d’Eugenio Montale

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Ainsi

peut-être aux morts également ôte-t-on tout repos

dans la glaise : de là une force les tire,

impitoyable plus que la vie, et à l’entour,

larves amères des souvenirs humains,

les dirige vers ces plages, souffles

sans matière ni voix

trahis par les ténèbres : et leurs vols

émoussés nous effleurent encore

séparés de nous à peine, et le crible

de la mer les engloutit..

(traduit en avril 2015)

 

30 avril, 2015 à 7:41 | Commentaires (0) | Permalien


Traduction en cours (3) Les Morts, d’Eugenio Montale

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Plus que l’algue entraînée

 par les remous qui se découvrent à nous, notre

vie semble s’arrêter : tourbillonne

ce qui, en nous, résigné à ses limites,

un jour cessa : entre les fils unissant

les branches l’une à l’autre se débat le coeur

comme le grondin qui

se ligote dans les mailles du filet ;

et immobiles et vacants nous sommes figés

par une glaciale fixité.

29 avril, 2015 à 8:12 | Commentaires (0) | Permalien


traduction en cours : I Morti, d’Eugenio Montale – Les Morts

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La mer qui se brise sur la rive

opposée y soulève un écumant nuage

avant que de nouveau la plaine l’engloutisse. Là,

nous jetâmes un jour sur la côte rocheuse

_ plus haletante que le rivage – notre

espérance ! – et le gouffre stérile verdit

comme au temps où nous étions vivants.

27 avril, 2015 à 13:05 | Commentaires (0) | Permalien


Les Antipodes (extrait d’Enfances – en cours)

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Les Antipodes

 

Te souviens-tu -

la cour de la maison et son étroite plate-bande aux grosses têtes roses et bleues – les rhododendrons. Velours sourd contre le mur de briques noires.

On habitait rue Blanche. Dans un angle de la cour, la tête de loup. Elle chassait les araignées – impossible de savoir si quelques unes encore s’y trouvaient. On frissonnait de doux effroi.

Sous la terre noire des rhododendrons, nous creusions, dans l’espoir d’atteindre les antipodes. En cachette. Chemin de fuite pour enfants rêveurs, enfermés entre quatre murs d’une courette où des toilettes aux portes vertes exhalaient une haleine d’enfer.

Qui le premier craignit, ainsi creusant, de croiser quelque mort errant sous la rue Blanche?

4 avril, 2015 à 8:54 | Commentaires (0) | Permalien


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