le blog de MARILYNE BERTONCINI

PING-PONG – ou de la traduction

 

pour Ping pong image 4

collage Ghislaine Lejard

 

Traduire       ou

jouer sur      l’écho         des mots

 

le jeu de Lego d’un      je       à l’autre

d’un point à l’autre de     l’hémisphère

 

words like a bridge/pont

between works

pink gong qu’on entend

 

          Bingo

 

résonner entre

les mots qu’on       tend

entre les langues

 

tisserande sans filet

entre les mailles et les mails

 

lexique où l’on épingle les signes

dans le froissement des messages

télescopés syncopés          Hop et

 

back to the beginning again

 

les mots se cabrent et rebondissent

disent plus ou moins         refusent

les grilles et cinglent

vers d’autres rives


Retendre un pont

tout secouer

réamorcer redisposer

comme un puzzle

phrasal maze


        Mazel Tov

 

Tout vient à point

parfois

à qui sait attendre

 

On gagne à deux dans ce jeu

de ping-pong

 

et la balle des mots emporte le poème vers

d’autres destinées.

14 octobre, 2016 à 11:48 | Commentaires (0) | Permalien


INFERNET (micromythologie – 7)

INFERNET

 

Il suffit au poète d’un mot

se détachant sur le fond bleu où se confondent ciel et mer

pour que le réel se double de son étoffe de mythes.

 

Les lettres brûlées de rouille d’INFERNET

sont soudain investies du même pouvoir

que celles inscrites au fronton de l’Enfer de Dante :

 

le vent sur la tôle rongée se met alors à mugir

Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate,

et les cris des mouettes pleurent de l’outre-monde.

18 septembre, 2016 à 6:51 | Commentaires (0) | Permalien


Les Oyats

oyats

 

Le sable crisse sous les pas

volète entre les oyats

 

et les oyats meuvent

avec un bruit de cistres

leur lent drapé de houle rousse

 

Les racines creusent la dune

labourent la cendre du sable

et sourdement labyrinthent

 

tressant leurs longs doigts blêmes

autour du coeur de la matière

au creux noir de la parole

 

Les mots remontent de la mémoire

et cristallisent comme le sel

au pied de cendre des oyats.

.

.

26 juin, 2016 à 18:35 | Commentaires (0) | Permalien


Là où tremblent encore des ombres d’un vert tendre

0328fc_81d721a376c443ad80b9a07fb7a68dc3

 

Une « toile sonore » de Sophie BRASSART,

que je remercie de m’avoir invitée à dire/écrire un poème qu’elle accompagne d’une de ses encres –

 

à voir et à écouter en suivant le lien :

http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf

30 mars, 2016 à 19:58 | Commentaires (0) | Permalien


Le Chemin des Mots

Turini (102) - Copie

 

Le chemin s’éboule

dans l’outre-monde des paroles

Chaque pas soulève une poussière

d’or éteint qui tremble dans l’absence de lumière

 

bourdonnantes mouches grises

les mots sont un essaim en quête d’une reine

 

Ta tête est une ruche que grisent les mots d’or gris

 

des paillettes de mots dans le lit des grands fleuves

que traversent les morts lents et phosphorescents

tout un sable de mots que soulèvent tes pas

dans un chuchotement de vieilles feuilles mortes

au couchant

 

Orient espéré à l’issue du chemin

Orion Ariane ma soeur La Très Sacrée

tes pas tracent les mots dans ta danse secrète

dans l’outre-monde des paroles

dans le silence des choses

somnolentes

 

Le chemin qui s’éboule monte vers la lumière.

5 février, 2016 à 12:08 | Commentaires (0) | Permalien


Lettre d’E.(urydice)

les araignées de la mémoire (1)

C’est le soir

l’ombre est un buvard

pour tes mots

mes beaux absents

 

Les mots ne t’appartiennent pas

ils traversent les coeurs

poreux

s’écoulent s’épanchent le long

des artères

fleurissent au bout de la langue

puis s’évaporent dans l’espace

avec la houle des marées

l’amère caresse

des vagues

 

J’écris d’un autre temps

d’un autre lieu

les mots traversent mon présent

et m’enveloppent de leur soie

 

L’araignée du souvenir tisse la langue.

4 février, 2016 à 12:03 | Commentaires (0) | Permalien


Perdu en Crête – sur un dessin de Pierre Rosin

perdu en crête - pierre rosin

La fourmi tire son fil dans la mémoire-coquillage

et l’aube s’irise du reflet des souvenirs

dans la forêt remembrée

.

Comme les ailes d’un papillon

se déplissent les feuilles-mots

dans la pelote du cocon

où leur frisson de soie agite le passé

sur le dédale sans pensée

.

La doulce douleur brode sa pluie de mai

sur les plaies qui s’effacent dans les lobes nacrés

de la mémoire-cicatrice.

21 janvier, 2016 à 10:22 | Commentaires (0) | Permalien


Lendemain

cap ferrat (13)

Là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

Ces mots au réveil – d’où venus?

 

Les membranes du sommeil

s’effilochent

les frondes bougent

avec un frisson d’aise

 

Les souvenirs s’effeuillent

aux branches des forêts

mortes

 

Le réel s’insinue

sous la peau du sommeil

les paupières obstinées

et les lèvres fermées

 

là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

avant l’explosion du plein jour

l’essaim des cris

l’éclat des mots

la mort.

17 novembre, 2015 à 11:08 | Commentaires (0) | Permalien


Le Loup du mur (extrait d’Enfances – en cours)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le Loup du mur

 

Est-ce la tête de loup de la cour qui me faisait craindre la visite du loup dans les motifs du papier peint? Il fallait scruter la forêt des fleurs avant de s’endormir, y déchiffrer sa présence, la conjurer… Une veilleuse à mon chevet était sensée me protéger. Une petite madone luisait bleue dans la nuit, si je l’avais suffisamment exposée à la lumière dans la journée – il ne fallait pas oublier.

Quand le loup rôdait, pas moyen de l’éviter – des signes précurseurs – un air à la radio, du vent à la fenêtre… Je savais alors que je ne pourrais pas ne pas le trouver dans mon rêve – il fallait bien que je me rappelle le mot magique pour le dissoudre, mais je savais aussi que ce mot m’aurait échappé au moment de le prononcer.

Je me réveillais essoufflée, désespérée, le mot encore m’avait manqué – jusqu’au dernier souffle, au dernier cri – Maman!

5 avril, 2015 à 10:05 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku du vent et de la graine

Dans le vent du matin flotte

une graine de vie :

Sur le bout de la langue,

l’éclosion du mot.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

3 avril, 2015 à 10:06 | Commentaires (1) | Permalien


Lorsque la mort nous rêve

2015-01-09 14-40-12_0019

Lorsque la mort nous rêve

derrière ses paupières

une graine de mort germe

dans chaque mot

28 mars, 2015 à 20:06 | Commentaires (0) | Permalien


extrait des « Lettres d’Eurydice » (lettre 4.) avec un burin de Dominique Crognier

© Dominique Crognier

© Dominique Crognier

 

 

 

C’est le soir

l’ombre est un buvard

pour tes mots

mes beaux absents

25 mars, 2015 à 9:13 | Commentaires (0) | Permalien


Les Yeux d’Argos

LES YEUX D ARGOS (1) LES YEUX D ARGOS (2) LES YEUX D ARGOS (3)

 .

Les pages écrites sont-elle mortes

tant qu’elles espèrent un regard

la voix d’un lecteur

une bouche

ta main

 LES YEUX D ARGOS (4)

23 mars, 2015 à 10:57 | Commentaires (0) | Permalien


Genèse du Langage (extrait – poème pour une création en papier végétal de Brigitte Marcerou)

Brigitte Marcerou

livre en papier végétal de Brigitte Marcerou

 

 

Dans la paix verte

sa voix

infime

le filet d’une voix

où s’agrègent les mots

22 mars, 2015 à 20:00 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des pétales du vent

DSCN8654

.
.

Le soyeux baillon du vent

pétale contre la bouche

qui taît les mots que tu mâches

11 mars, 2015 à 13:16 | Commentaires (0) | Permalien


Première Lettre d’E.(rydice) – dans « Le Capital des Mots »

Lentement remontés le long de la sève

ses mots de l’infra-monde palpitent

aux feuilles-lèvres du platane

 

Ebouriffés par le vol des agaces

ils essaiment comme les graines

des rousses akènes mûries (…)

 

la suite ici, sur Le Capital des Mots : http://www.le-capital-des-mots.fr/2015/02/le-capital-des-mots-marilyne-bertoncini.html

9 février, 2015 à 13:20 | Commentaires (0) | Permalien


Naissance

Euridyce

photo jl

Ecoute … la vrille

du mot

perce

l’écorce du silence

7 janvier, 2015 à 9:55 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku du Vide

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Tes pas entre les pointillés      Les vides

                    te comblent de sensations

petites bulles effervescentes de

                                     non-existence

dont tu avales le doux-amer

                                  en les nommant.

10 décembre, 2014 à 10:49 | Commentaires (0) | Permalien


Ecrire

DSCN1760 

De l’absence sans lieu

d’au-delà des déserts

de par-delà les mers où le temps ne s’écoule

suivant les obscures blessures de la page vierge

cherche, incis, l’élément secret

que sinueusement trace

la lettre

avec lenteur

à travers ses détours

dans le flot de l’imaginaire

et ses remous

comme une houle

De l’autre rive du souvenir

écoute

en l’oblitération

oblique réson affaibli

la pensée effacée

l’altération même de

l’imaginaire

qui s’y soumet

L’Oubli

pur

en dehors du temps

en-deça du souvenir

Oblat sacré qu’expose l’ostensoir

Vérité absente

soleil

sans

iris

DSCN1766

29 novembre, 2014 à 6:55 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku du rêve

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Was marcht Dich traurig?

Ces mots à mon oreille dans l’obscurité

puis la fraîcheur de lèvres inexistantes

15 novembre, 2014 à 18:34 | Commentaires (0) | Permalien


12