le blog de MARILYNE BERTONCINI

Tiny Titania (Micromythologie – 14)

IMG_1552

.

.

Dans sa robe d’automne,

elle est toute petite

et belle comme sortie d’un tableau de Chagall,

la petite musicienne de rue

saluée à l’angle

de la place

.

 

Toute bossue comme sortie

de la bogue d’une châtaigne

la petite fée de l’automne agite son archet

et le vent se soulève

l’emporte avec son violon

dans le tourbillon roux de sa robe de feuilles

mortes.

13 octobre, 2016 à 12:56 | Commentaires (0) | Permalien


Diano Marina (Micromythologie -10 )

OLYMPUS DIGITAL CAMERA.*

.

Quel giorno

quando il treno si fermò

a Diano Marina

 

le swing de Paul Anka

croonant au creux de mes oreilles

Stay by me Diana

 

signe venu de si

loin

dans l’éclat de midi

 

I hope we’ll never part

 

terrifiante et soudaine certitude

d’avoir définitivement

rejoint

ta

même

solitude.

 

25 septembre, 2016 à 16:52 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des Lucioles

 Bonhommes Mandarines, de Brigitte Marcerou

Bonhomme Mandarine, de Brigitte Marcerou

*

Lucioles de velours

de larges étoiles dansent

Seule une guitare chuchote ses chansons

à la nuit bourdonneuse.

*

26 novembre, 2014 à 10:27 | Commentaires (0) | Permalien


LE ROI-CERF (extrait)

 

 

 

(…)

 

                                  *

 

    Je m’abreuve à ce fleuve et la tête me pèse

    Un labyrinthe de pensées s’y presse

    Fantômes exigeants chasseresses insoumises en  lutte dans le dédale                                                     

 Agiles cavales en furie ayant perdu les guides et battant à mes tempes un rythme d’agonie

 

    Je m’abreuve à ce fleuve où mes pensées se mirent

   Ayant forcé mon front d’un corail qui le ceint de son vivant diadème

 

    Nuées comme l’essaim hors de la ruche enfui

    Elles tracent dans l’onde où elles coagulent  l’arbre qui me couronne comme un madrépore

 

    C’est la vie qui me quitte dans le précis reflet où s’achève ma tête

    Et double ma douleur

 

    Dépouille je m’abreuve à mes pensées.

 

                                  *

    Meute de mes années repaissez-vous de moi 

    J’ai de mon sabot d’or fait jaillir les étoiles

    Ma danse vagabonde organise le monde

    Et la gloire où me mène l’amble de mon pas illumine le gouffre où me porte la Roue

    Solaire

    A mi-parcours                                     

    Sous la forêt des signes mâchant trèfle et cerfeuil une biche et son faon paisibles se  promènent

 

    Une mésange au loin chante dans le sureau et dans le crépuscule la cloche d’une église

    Tinte

 

    O votre humide haleine attachée à mes traces

    Meute de mes années

    Toujours me déchirant mes Ménades intimes

              Le poignet tatoué du beau signe de mort

    Et railleuses toujours mes pensées avec vous

    Et les abois cendreux de l’infernale meute

              Rouges oreilles dressées comme tisons ardents

 

    Dans les frondes des mots mes ramures se prennent en entraînant mes songes.

 

                                  *

 

    Or je rêvais

 

    Sur la croisée fermée le soleil irisait l’oeil brun et douloureux

    D’un cerf

 

    Et l’oeil

    Se reflétant sur lui-même

 

 

    Créait l’illusion d’un second oeil

    Tendre

    Et insondable (…)

 

   

7 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien