le blog de MARILYNE BERTONCINI

Nouveautés des 2Rives

Trois livres d’art mêlant art graphique et poésie, dont « Pluie et Neige sur Cronce Miracle », de Chantal Dupuy-Dunier,  recensés dans Recours au Poème :

pluie%20et%20neigeNous présenterons trois des sept titres du catalogue : d’abord Pluie et Neige sur Cronce Miracle, magique recueil de Chantal Dupuy-Dunier et Michèle Dadolle, où me semble parfaitement nécessaire le parti-pris de la transparence, voilant le lavis gris et mauve des encres, qu’il faut révéler. Chaque feuille de calque porte, manuscrite, une phrase tirée du recueil, qui s’inscrit comme une brume sur l’ébauche d’un paysage – croit-on – traits comme délavés, surgissant de la mémoire en bribes d’ombre, graphique silhouette évoquant un arbre, coin de prairie, peut-être – toute latitude est laissée au regard, pour imaginer, avant d’y pénétrer, le lieu de ce texte : Cronce. Déjà objet d’un recueil de Chantal Dupuy-Dunier (Creusement de Cronce), ce topos réel, dédicataire du recueil, paraît tant chargé d’émotions et de souvenirs, qu’il devient figure mythique- et maternelle – comme la Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, citée en épigraphe, et dans le poème liminaire. Pays au nom rude, qu’on imagine âpre, dans ses consonnes « cruelles », où l’on entend bruire les ronces en couronne d’épines, comme autour des madones noires des campagnes, Cronce Miracle fonde en quelque sorte le mythe généalogique du poète : « Ton nom s’est métamorphosé en prénom, / la pluie qui le baigne en eau lustrale. // Tu as pris place sur une branche de notre arbre, ton sang irrigue nos veines. » Les saisons qui passent, au fil de la pluie, accompagnent en effet une naissance – une re-connaissance : celle des mots, encore incompris, comme ceux de la langue des oiseaux, du rire de la montagne, du silencieux discours des arbres… – jusqu’à ce que « S’esquisse le tic-tac de poèmes métronomes. » Ce paysage familier et sacré, que Chantal Dupuy-Dunier porte avec elle, à travers son écriture, comme des Lares – Genii loci au sens propre du terme, où l’on entend aussi, en écho, loqui – ce bruissement de mots guettés dans les « voyelles glacées » de la pluie », les vibrations de la parole en « froissement d’élytres » des insectes, les calligrammes liquides sur les rochers… ou la forme que prendra la candeur de la neige, sous la « plume-burin » de Chantal Dupuy-Dunier, qui nous offre ici une forte et sensible méditation sur la féconde prégnance des lieux dans la naissance du poète.

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7 janvier, 2016 à 14:23 | Commentaires (0) | Permalien


After the Flood

after the flood pour Angel Press envoyél

16 mars, 2015 à 19:15 | Commentaires (0) | Permalien


Pluie

2015-01-09 14-39-39_0017

Sous la pluie frémit l’oiseau –

sous ses plumes, sa chair de cendre

dessine un fin glyphe de nuit.

15 mars, 2015 à 21:00 | Commentaires (0) | Permalien


Pelures de pleurs

écorce pelure

.

.

.

Lames de rasoir à l’angle de mes yeux

il pleut

et l’écorce-pelure de chair d’eucalyptus

frissonne

13 mars, 2015 à 20:50 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku de la Plume de Paon

Parma oct (38)

Sur le pavé luisant de pluie

une plume de paon s’irise

de grelots de lumière

17 novembre, 2014 à 18:19 | Commentaires (2) | Permalien