le blog de MARILYNE BERTONCINI

PING-PONG – ou de la traduction

 

pour Ping pong image 4

collage Ghislaine Lejard

 

Traduire       ou

jouer sur      l’écho         des mots

 

le jeu de Lego d’un      je       à l’autre

d’un point à l’autre de     l’hémisphère

 

words like a bridge/pont

between works

pink gong qu’on entend

 

          Bingo

 

résonner entre

les mots qu’on       tend

entre les langues

 

tisserande sans filet

entre les mailles et les mails

 

lexique où l’on épingle les signes

dans le froissement des messages

télescopés syncopés          Hop et

 

back to the beginning again

 

les mots se cabrent et rebondissent

disent plus ou moins         refusent

les grilles et cinglent

vers d’autres rives


Retendre un pont

tout secouer

réamorcer redisposer

comme un puzzle

phrasal maze


        Mazel Tov

 

Tout vient à point

parfois

à qui sait attendre

 

On gagne à deux dans ce jeu

de ping-pong

 

et la balle des mots emporte le poème vers

d’autres destinées.

14 octobre, 2016 à 11:48 | Commentaires (0) | Permalien


Pourquoi écrire ?

 

Pourquoi est-ce qu’on écrit?

Pourquoi est-ce que moi, j’écris?

Et pourquoi est-ce que j’écris de la poésie?

 

De la poésie – dans un monde dépoétisé,

irréel à force d’être

monétisé, rentabilisé, évalué…

comment peut-on écrire de la poésie, traiter avec l’immatériel des mots,

quand on vous dit que ça ne se vend pas, que personne ne la lit.

Quand vos collègues vous disent

« je regrette, je n’ai pas de temps pour la poésie dans mon programme de Français. »

Quand vos amis vous disent

« c’est sûrement beau, mais je ne comprends rien à la poésie ».

Quand les éditeurs disparaissent ou vous renvoient votre manuscrit sans commentaire, ou pire encore.

Quand vous vous demandez si vous avez quelques lecteurs avec qui partager vos textes…

 

Oui, partager – c’est sans doute l’une des espérances qui font qu’on écrit – même si comme moi, on tend à repolir les textes si longtemps qu’ils parviennent rarement dans la boîte aux lettres d’un éditeur, qui risque de vous renvoyer… etc. (voir ci-dessus)

Partager – comme le pain de la vie - partes agereagir et donner – les deux marqueurs essentiels de notre humanité.

 

Partager les miettes d’émerveillement que me procure le réel -

car le réel est une source permanente d’émerveillement – même dans sa douleur, sa violence, son obtuse différence.

 

Partager AVEC le réel – en faire partie.

Oui, partager : agir en poète.

Car il me semble qu’être poète aille bien au-delà du fait qu’on écrive et publie de la poésie. Certains poètes publient – certains écrivent et pensent être poètes – mais je connais nombre de poètes qui vous seront à jamais inconnus – parce qu’ils n’écrivent pas. Parfois même parce qu’ils ne parlent pas.

Oui, il est des poètes muets, dont la seule présence au monde vous fait partager le réel d’une façon vibrante.

Vibrer – voilà :

j’écris de la poésie pour vibrer

en accord avec le réel qui m’entoure

et m’enchante.

13 octobre, 2016 à 16:50 | Commentaires (0) | Permalien


« Le Fourminautore » dans « Journal de mes paysages »

 

Mon  texte sur le labyrinthe dans le numéro 2 de la jeune revue « cosmoréaliste » Jdmp (à commander à l’adresse suivante : journaldemespaysages@gmail.com),

un grand merci à Pierre Saunier, Martin Wable et toute l’équipe :

2015-05-20 14-13-24_0018

 

 

20 mai, 2015 à 15:36 | Commentaires (0) | Permalien


La Marée de la fonte des rêves

pluies de novembre (2)

La marée de la fonte des rêves

te submerge dans l’aube bleue

 

Sur l’estran de ton sommeil

la laisse des souvenirs laisse une brume

qui scintille

 

Cristaux de sel

les songes s’agrègent

aux sédiments de la mémoire

où germe le poème.

19 mai, 2015 à 21:11 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku sur un livre de Pasolini

Pasolini (3)

 

Au jardin, je partage ma lecture

avec un escargot -  à moi la poésie,

à lui, la rose de Pasolini.

31 mars, 2015 à 11:32 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku du souvenir

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Fusées des rires de l’enfance

jaillissant     vert     des corbeilles et bassins

Baudelaire      je pense à vous

dans les reflets des jets d’eau.

17 décembre, 2014 à 10:29 | Commentaires (0) | Permalien


LE ROI-CERF (extrait)

 

 

 

(…)

 

                                  *

 

    Je m’abreuve à ce fleuve et la tête me pèse

    Un labyrinthe de pensées s’y presse

    Fantômes exigeants chasseresses insoumises en  lutte dans le dédale                                                     

 Agiles cavales en furie ayant perdu les guides et battant à mes tempes un rythme d’agonie

 

    Je m’abreuve à ce fleuve où mes pensées se mirent

   Ayant forcé mon front d’un corail qui le ceint de son vivant diadème

 

    Nuées comme l’essaim hors de la ruche enfui

    Elles tracent dans l’onde où elles coagulent  l’arbre qui me couronne comme un madrépore

 

    C’est la vie qui me quitte dans le précis reflet où s’achève ma tête

    Et double ma douleur

 

    Dépouille je m’abreuve à mes pensées.

 

                                  *

    Meute de mes années repaissez-vous de moi 

    J’ai de mon sabot d’or fait jaillir les étoiles

    Ma danse vagabonde organise le monde

    Et la gloire où me mène l’amble de mon pas illumine le gouffre où me porte la Roue

    Solaire

    A mi-parcours                                     

    Sous la forêt des signes mâchant trèfle et cerfeuil une biche et son faon paisibles se  promènent

 

    Une mésange au loin chante dans le sureau et dans le crépuscule la cloche d’une église

    Tinte

 

    O votre humide haleine attachée à mes traces

    Meute de mes années

    Toujours me déchirant mes Ménades intimes

              Le poignet tatoué du beau signe de mort

    Et railleuses toujours mes pensées avec vous

    Et les abois cendreux de l’infernale meute

              Rouges oreilles dressées comme tisons ardents

 

    Dans les frondes des mots mes ramures se prennent en entraînant mes songes.

 

                                  *

 

    Or je rêvais

 

    Sur la croisée fermée le soleil irisait l’oeil brun et douloureux

    D’un cerf

 

    Et l’oeil

    Se reflétant sur lui-même

 

 

    Créait l’illusion d’un second oeil

    Tendre

    Et insondable (…)

 

   

7 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien


coquelicots

coquelicots dans images gant-perdu-et-retrouvé-12-300x225

Voyages en train – Voix retrouvées

 

Comme une tapisserie, une doublure

Sous ma peau se déroule

tout un paysage vivant de prairies de rivières et d’étangs

Fines nervures des racines entre souvenir et présent

 

Est-ce lui qui défile le long des rails sur les talus entraperçus  dans l’aube du voyage?

Pavots

Pavone

Papaveri

Cadaveri

Fleur de l’oubli dans le matin  engourdi qui somnole

Non le pavot à feuilles de velours de l’Odyssée

Ni le pavot ponceau des jardins mais

Anémiés fragiles

Ni mauves ni fleurs sauvages

De pâles pavots couleur lilas

Zébrure double  sur la vitre du train

Cicatrice ancienne au rebord du talus

 

Exsangues

Désincarnés

drapeaux

claquant au vent marin

Finesse de paupière de leurs pétales clos en transparence sur

Mes souvenirs d’enfance

 

Pavot coquelicot dont la soie chiffonnée cloque comme une promesse dans la

Douceur vert tendre du bouton penché sur le bord du talus

Impalpable rêve de chair évanoui dès qu’on l’effleure

 

Ephémère

et banale

fleur sans calice

et
sans calcul

Fleur sans fard
au nom éclatant

Tourmentée par le vent comme un précaire calicot portant inscrits

Les mots pâlis de la mémoire

 

*

 

Sources et
réflexions  :

Odyssée IV-221 – pavot à feuilles velues

La banalité du
mot est-elle garante de son potentiel poétique ? coquelicot :
création populaire onomatopéïque – invention, donc poésie pure d’un mot SANS
racines savantes.

Homophonie :
calicot (tissu de Callicut – bande de tissu portant une inscription) – ceci
fait-il du mot cible le symbole d’une qualité inférieure ?

Ceci serait
relayé par la fleur sans calice : sépales caducs, mauvaise herbe – fleur
sans calcul, banale, familière…

Ponceau : du
paon – nom botanique du pavot – désigne en chimie un colorant rouge vif très
foncé ;

Poppies – autre
traduction au bruit charnel de baisers – lèvres humides : polpa,
pulpe : propos et paroles – puppies, poupées.

 

6 mars, 2012 à 23:16 | Commentaires (2) | Permalien