le blog de MARILYNE BERTONCINI

Le Chemin des Mots

Turini (102) - Copie

 

Le chemin s’éboule

dans l’outre-monde des paroles

Chaque pas soulève une poussière

d’or éteint qui tremble dans l’absence de lumière

 

bourdonnantes mouches grises

les mots sont un essaim en quête d’une reine

 

Ta tête est une ruche que grisent les mots d’or gris

 

des paillettes de mots dans le lit des grands fleuves

que traversent les morts lents et phosphorescents

tout un sable de mots que soulèvent tes pas

dans un chuchotement de vieilles feuilles mortes

au couchant

 

Orient espéré à l’issue du chemin

Orion Ariane ma soeur La Très Sacrée

tes pas tracent les mots dans ta danse secrète

dans l’outre-monde des paroles

dans le silence des choses

somnolentes

 

Le chemin qui s’éboule monte vers la lumière.

5 février, 2016 à 12:08 | Commentaires (0) | Permalien


Aigu Silence de Midi

Je ne puis résister au plaisir de vous montrer l’un des poèmes de « Paysages Intérieurs », traduits en hébreu par la poète Gili Haimovitch,

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Aigu silence de midi

 

Ton corps

coquille vide

repose sur la plage

stridente et vierge

 

Ton ombre a fui

Même l’abri de tes paupières

n’est plus qu’une éclatante absence.

Aigu silence

עכשיו – בדממה האנושה של הלבנה

גופך

   צדפה ריקה

               נח על גדה

                    רועמת וזכה

 

צילך נמלט

       ומקלט שמורות עינך

                  נחתם על העדר זוהר

 

25 janvier, 2016 à 20:45 | Commentaires (0) | Permalien


Rencontres avec l’Homme Invisible

1 A l'homme invisible marilyne BertonciniLa première fois que je me suis aperçue de son existence, c’était à cause de ses baskets. Elles étaient là, devant l’église – toutes seules. Enfin, accompagnées d’un petit écriteau signalant sa présence. Et vu la toute petite obole qui l’accompagnait, je pense que nous n’étions pas nombreux à avoir remarqué, dans la foule de l’après-midi, le minuscule autel aux chaussures solitaires.

J’ai d’abord souri, puis me suis interrogée, quand au hasard d’une promenade, je l’ai rencontré de nouveau. Enfin, ses baskets, plantées là, sur un seuil – accompagnées d’une canette vide. Des chaussures vides aussi – évidemment.A l'homme invisible Marilyne Bertoncini (2)

Et j’ai pensé à toutes les chaussures esseulées, abandonnées, inexplicablement dépareillées. Semelle veuves de l’empeigne, au détour d’un chemin… pantoufle couverte de mousse, au fond d’un parc abandonné… et même, sur un marché, parmi de vieux cuivres et des casques, la prothèse cuir et bois d’un mutilé de guerre.

Et j’ai pensé à toutes les traces de pas laissées par l’homme invisible : traces subtiles dans la poussière grise des villes, foulée légère du marcheur dans l’herbe humide du matin, empreinte du pêcheur dans la boue de la rive, ou marque lourde du manoeuvre dans la glaise du chantier…

L'homme invisible - Marilyne Bertoncini (2)Et j’ai pensé à tous les hommes invisibles, ces fantômes de nos vies présentes et passées, ces ombres claires qui nous frôlent sans qu’on les voie, nous touchant de l’ombre de leur main, à travers le mur qu’ils ont bâti, le pain qu’ils ont pétri, le vêtement que j’ai mis…

Qui nous frôlent sans voix, dans le silence obstiné de leurs pas déchaussés – sans papier, sans abri, dans le déni et la survie…

J’ai pensé à toute l’humanité invisible qui nous entoure – trimards, fuyards, réfugiés, déclassés, exploités : les chaussures de l’homme invisible sont les chaussures d’un homme pauvre.

Peut-être, alors, peut-être sont-elles là pour nous rappeler que ces fantômes qu’on ignore vibrent, aiment, souffrent leur vie, en creux, dans le monde où nous marchons sans savoir qu’on les côtoie, frères inapparents que manifestent ces reliques.

L'Homme invisible - marilyne Bertoncini

 

13 janvier, 2016 à 20:19 | Commentaires (0) | Permalien


Borders and boundaries – Subprimal Poetry, Art – issue 5

Subprimal Poetry Art-Issue 5 -

En couverture du numéro de la revue Subprimal, consacré aux frontières et limites, à lire en copiant le lien :

http://subprimal.com/issues/issue5

Cette photo a été prise par un matin piquant de froid – pas encore printanier – le long d’une étroite gorge de marne.
La lumière grise, l’argile cendreuse, le silence – tout évoquait une sorte de seuil – comme le passage que les Anciens imaginaient entre notre monde et les régions infernales.
Dressé là – reste d’une antique clôture, attirant et mystérieux – ouvrant sur rien d’autre que l’ombre – des ombres, émergeant lentement de la terre froide,  par cet escalier inverse, en attente de quelque Eurydice.

(Marilyne Bertoncini)

 

16 novembre, 2015 à 19:27 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (2) – work in progress

nice quartier des musiciens (16)

.

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

 

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 

secoue dans le silence

son grelot de bois sec

31 juillet, 2015 à 7:54 | Commentaires (0) | Permalien


Le Grain de Grenade

fort de la revère 004

J’ai croqué le grain de grenade

le feu humide de la pulpe

sur l’amertume du pépin

dans le crépuscule-matin

.

et l’oiseau cessa de chanter

15 mai, 2015 à 7:29 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des pétales du vent

DSCN8654

.
.

Le soyeux baillon du vent

pétale contre la bouche

qui taît les mots que tu mâches

11 mars, 2015 à 13:16 | Commentaires (0) | Permalien


S’ensable la ville sans ombre

 

pluie de novembre à Nice (6)

la rue blafarde est un chat maigre

ondulant au rythme

des néons

 

des épaules dans l’ombre glauque d’une cabine

tressautent dans le silence qui les relie

au fil du téléphone

 

entre les lauriers-roses

un train bruisse

fracas de naufrage

et cliquetis de rames

 

25 janvier, 2015 à 9:09 | Commentaires (0) | Permalien


Tu marches

blausasc oct (16)

 

 

 

Tu marches avec la mort

et sa voix dans ta gorge

est celle du silence.

13 janvier, 2015 à 11:39 | Commentaires (0) | Permalien


Naissance

Euridyce

photo jl

Ecoute … la vrille

du mot

perce

l’écorce du silence

7 janvier, 2015 à 9:55 | Commentaires (0) | Permalien


Aigu Silence de Midi avec un burin chine collé de Dominique Crognier

 

 

Aigu silence de midi      burin chiné-collé de Dominique Crognier

 

Ton corps

coquille vide

repose sur la plage

stridente et vierge

 

Ton ombre a fui

 

Même l’abri de tes paupières

n’est plus qu’une éclatante absence.

20 novembre, 2014 à 19:19 | Commentaires (2) | Permalien