le blog de MARILYNE BERTONCINI

Milan était asphalte ( Milano era asphalto (Milo De Angelis)

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Milan était asphalte, asphalte liquéfié. Dans le désert
d’un jardin nous surprit la caresse, la pénombre
adoucie envahissant les feuilles, heure sans jugement,
espace absolu d’une larme. Un instant
en équilibre entre deux noms s’avança vers nous,
devint lumineux, se posa en respirant sur la poitrine,
sur la grande présence inconnue. Mourir fut cet
émiettement des lignes, nous là et le geste partout,
nous dispersés dans la suprême tension de l’été,
nous parmi les ossements et l’essence de la terre.

(trad. Marilyne Bertoncini)

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pluies de novembre (2)

 

Milano era asfalto, asfalto liquefatto. Nel deserto
di un giardino avvenne la carezza, la penombra
addolcita che invase le foglie, ora senza giudizio,
spazio assoluto di una lacrima. Un istante
in equilibrio tra due nomi avanzò verso di noi,
si fece luminoso, si posò respirando sul petto,
sulla grande presenza sconosciuta. Morire fu quello
sbriciolarsi delle linee, noi lì e il gesto ovunque,
noi dispersi nelle supreme tensioni dell’estate,
noi tra le ossa e l’essenza della terra.

Milo De Angelis

23 mars, 2017 à 16:15 | Commentaires (0) | Permalien


Poème de Luigia Sorrentino

saint andré des alpes sur la route (68) - Copie

 

en forme d’écu l’aile
qui presse de chaque côté vers l’extérieur
de quelques millimètres dans cette vertèbre
elle cherche une cavité à sa marge
revient le geste qui oppresse
à couper le souffle
flambe comme des ciseaux -
s’étend en produisant la nécessaire
vibration
mais par la taille ne diminue
la peine survenue,
l’être ici au beau milieu
comme granule
infiniment ou poussière
confusément, au froid

(trad. Marilyne Bertoncini)

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ha la forma di uno scudo l’ala
che si spinge esternamente su ciascun
lato a millimetri, in quella vertebra
cerca un incavo al suo margine

ricorrente il gesto che stringe
fino a togliere il respiro

divampa come una forbice
si stende producendo la necessaria
vibrazione

ma di taglio non si riduce
la pena nella venuta,
lo stare qui in mezzo
come granello
infinitamente o pulviscolo
confusamente, al freddo

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26 janvier, 2017 à 17:58 | Commentaires (0) | Permalien


Lost in Translation

stucco antico - collezione personnale.

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I just feel like Lot’s wife :

lost in translation,

in the caustic desert -

everlasting pillar of salt,

the last image of a forlorn cry

and the briny taste of their tears

out of this land of no language.

21 mai, 2016 à 8:23 | Commentaires (0) | Permalien


Ombres Vives (traduction)

ma traduction des poèmes d‘Ombres Vives, d’Enrico Bertoncini, dans le dernier numéro de la revue Nouveaux Délits, de Cathy Garcia  – le texte complet à lire dans la revue, à commander sur le site :

Nouveauxdélits51

 

C’est la loupe

qui regarde

avec les yeux d’un homme

les profondeurs de la matière

 

C’est la loupe

qui voit

dans ses yeux d’homme

l’histoire de l’univers

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9 mai, 2015 à 15:45 | Commentaires (0) | Permalien


Un poème du « Livre des Sept Vies » dans le Journal de la Biennale des Poètes en Val-de-Marne

Ming Di

le poème et l’article à lire en suivant le lien : http://www.biennaledespoetes.fr/2015/05/ming-di/

4 mai, 2015 à 7:42 | Commentaires (0) | Permalien


Traduction en cours (3) Les Morts, d’Eugenio Montale

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Plus que l’algue entraînée

 par les remous qui se découvrent à nous, notre

vie semble s’arrêter : tourbillonne

ce qui, en nous, résigné à ses limites,

un jour cessa : entre les fils unissant

les branches l’une à l’autre se débat le coeur

comme le grondin qui

se ligote dans les mailles du filet ;

et immobiles et vacants nous sommes figés

par une glaciale fixité.

29 avril, 2015 à 8:12 | Commentaires (0) | Permalien