le blog de MARILYNE BERTONCINI

AMARCORD, je me souviens

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Abandonnata sulla strada deserta
Gelsomina piangeva

 Ti ricordi?

 Lenti passavano un cavallo
e il vento grigio della vita
ed i nostri sogni dolci-
amari

 Questa sera siamo noi seduti
come lei
sulla pietra

 Guarda

 Le stelle ballano sopra il battistero
- o forse saranno insetti affascinati dalle luci

 Lo sai bene, che di notte vedo castelli
eretti lungo il torrente
dove di giorno stano soltanto vecchi
palazzi

 Di fronte alla scala del Teatro Reggio s’incarna
il viso vuoto e luminoso d’un passaggio
arquato

 Il vento si beffa d’un vecchio sacchetto di plastica
fantasmino che vola secondo la sua
fantasia 

Nessuno passa a quest’ora
Sotto il rosso scuro dei lampioni

tutto si diluisce nel colore sepia delle vecchie foto

Ascolta

Su Piazza della Pace il cantiere taciturno rimbomba come
un palco di Cinecittà alla fine del filmato

Delle bici vano lentamente
e una vespa ronza senza metà

 Ignavi vagano i Vitelloni
senza più cosistenza dei
personnagi bidimensionali dello schermo

 Ecco però
quello che manca alla scena -

 il ritornello di Gelsomina
quei maldestri suoni della tromba
richiamo dei
ricordi

 Eppure

sono qui ancora
sotto la pietra più vivi di tutti i piaceri

più strazianti di ogni dolore

 Sono il cuore della città addormentata
nella tisana della noia

 Aspetta

 che la nostra voce sciolga la maggia

 Ti ricordi?

11 juillet, 2017 à 9:37 | Commentaires (0) | Permalien


Milan était asphalte ( Milano era asphalto (Milo De Angelis)

.

Milan était asphalte, asphalte liquéfié. Dans le désert
d’un jardin nous surprit la caresse, la pénombre
adoucie envahissant les feuilles, heure sans jugement,
espace absolu d’une larme. Un instant
en équilibre entre deux noms s’avança vers nous,
devint lumineux, se posa en respirant sur la poitrine,
sur la grande présence inconnue. Mourir fut cet
émiettement des lignes, nous là et le geste partout,
nous dispersés dans la suprême tension de l’été,
nous parmi les ossements et l’essence de la terre.

(trad. Marilyne Bertoncini)

.

pluies de novembre (2)

 

Milano era asfalto, asfalto liquefatto. Nel deserto
di un giardino avvenne la carezza, la penombra
addolcita che invase le foglie, ora senza giudizio,
spazio assoluto di una lacrima. Un istante
in equilibrio tra due nomi avanzò verso di noi,
si fece luminoso, si posò respirando sul petto,
sulla grande presenza sconosciuta. Morire fu quello
sbriciolarsi delle linee, noi lì e il gesto ovunque,
noi dispersi nelle supreme tensioni dell’estate,
noi tra le ossa e l’essenza della terra.

Milo De Angelis

23 mars, 2017 à 16:15 | Commentaires (0) | Permalien


Aux Portes de Yeruham

.

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 C’était jadis

c’est aujourd’hui

 

Ils avaient cheminé longtemps vers le couchant

parcouru les déserts

franchi le fleuve de la peine et ses eaux de limon

vers le pays de Canaan

 

Beaucoup étaient morts sur la route

et leurs os blanchis sur les sables

dessinaient le chemin douloureux

de l’Exode

La cohorte sans fin marchait les yeux fixés à l’horizon

femmes avec des enfants dans les plis de leurs robes

hommes au regard creusé chargés de peu d’effets

après tant de chemin et après tant d’efforts

 

jericho

collage Ghislaine Lejard

 

 

Au pied de Yeruham

ils s’étaient arrêtés

assoiffés de l’ombre des palmiers

bleue parmi les fontaines

et les chants des ramiers qui montaient dans le ciel

rose du crépuscule avec des cris d’enfants

comme des éclaboussures

sur l’or aride du désert

 

Mais la ville était fermée

 

 

 

*

 

Cétait jadis

c’est aujourd’hui

 

Instables comme les dunes au souffle du désert

furent dressées devant la ville

cadenassée sur ses richesses

les ailes frissonnantes d’un camp de toile

et les enfants nés en chemin contemplaient la porte

immense qui leur barrait l’avenir

 

Et les troupes de Yehoshua enlacèrent

sept jours durant

l’oasis aux palmiers

du chant des trombes et des rhombes

sous le soleil ardent

dans l’ombre rousse de la ville

falaise roide surgie des sables

 

Mais au coeur inflexible de la citadelle

le coeur des habitants demeurait sourd

au son d’or des trompettes

faisant fleurir sur la muraille des plaies de roses

comme des mains agriffées à la roche

 

La vie indifférente y poursuivait son cours

dans le calme discret de leurs frais patios

où chuchotent les oiseaux

sur les marchés où dattes et citrons s’amoncèlent

dans les rires et les cris des hommes insouciants

 

*

 

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collage Ghislaine Lejard

C’était jadis

c’est aujourd’hui

 

Sept jours durant les troupes

enlacèrent la ville

 Au soir de la septième lune

dans des clameurs de cuivre s’écroulèrent les murs

Au souffle des trompes d’or une fine poussière

s’éleva en colonne noire et tourbillonnante en place des murailles

et quand elle retomba

des fleurs saignaient dans les gravats

devenus sable à Yeruham

 

*

 

Souvent à travers le désert

jusqu’au rivage de la mer

le vent roule – pelotes sèches -

les roses mortes de Yeruham

 

Elles attendent une larme pour ouvrir leurs rameaux

et reverdir en l’âme qui saura les cueillir

 

C’était jadis

c’est aujourd’hui

.

.

(février 2017 – poème inspiré par les collages de Ghislaine Lejard.)

.

.

9 février, 2017 à 19:11 | Commentaires (0) | Permalien


Hespérides du Tram (Micromythologie – 13)

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Elles n’ont même pas vingt ans

Elles vivent dans le printemps même quand l’automne haute-couture

met des chasubles de damas aux arbres roux de l’avenue

 

et elles rient et se chahutent :

elles sont libres

Combien de temps?

 

Les mariages arrangés,

retour au bled pour des vacances -

Tu te rends compte, hop dans l’avion, et mariée !

et les costumes chamarrés – tu les mettrais toi?

 

Tout les fait rire

Combien de temps?

 

Elles parlent des garçons

et textotent du bout de doigts gracieux comme

le bouton des roses miniatures

à la vitrine du fleuriste

 

C’est bon d’écouter la jeunesse

me dit aussi une voisine

 

Plus loin, debout contre la vitre

sur laquelle elle flotte en son reflet nocturne

une autre jeune femme seule et chargée de sacs

 

Dans le triangle découvert du voile noir qui la recouvre

ses yeux tristes suivent sans voir

les arbres qui défilent dans l’outre-monde du vitrage.

1 octobre, 2016 à 9:15 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 9 – Démeter et Koré

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Matriochka au foulard d’aurore ourlé d’or

elle cherche une adresse et tend en souriant

un papier griffonné

 

Sa fille est une princesse russe

jaillie de sa longue robe fleurie

de pavots

.

Souple tige d’une tulipe noire

elle se balance sur des chaussures blanches

comme des cothurnes à semelles de liège

 

J’indique de la main l’arrêt qui correspond :

elles descendent à Acropolis

et disparaissent entre les vases

d’oliviers.

 

coquelicot balcon (1)

 

 

 

 

22 septembre, 2016 à 11:37 | Commentaires (0) | Permalien


PAESINE, tableau-poème avec Ghislaine LEJARD

paesine

27 juin, 2016 à 18:15 | Commentaires (0) | Permalien


Aube…

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Les membranes du rêve s’effilochent

Des goélands phosphorescents

survolent les grues étoilées

et les membra disjecta de la ville en chantier.

.

.

*

14 janvier, 2016 à 12:15 | Commentaires (0) | Permalien


Ciel d’Octobre (suite) – le platane

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L’aube s’étire dans les branches d’or vert -

gravière crissant d’oiseaux -

puis d’un seul coup

un noir parapluie se déploie

claque d’un bruit d’éventail

par-dessus la cime du platane

et couvre de son ombre la place qui se fige

un instant

puis s’ébroue tandis

que commence le trafic

et déjà le chantier où se meuvent les grues.

13 novembre, 2015 à 12:17 | Commentaires (0) | Permalien


Ciel d’Octobre, les étourneaux – vidéo-poème

Instantané 2 (28-10-2015 13-13)

à voir et lire en copiant le lien dans votre navigateur :

https://www.youtube.com/watch?v=jrzdfg7w7A0

28 octobre, 2015 à 14:11 | Commentaires (0) | Permalien


Transition de l’Aube (3)

ciel (27) - Copie

Le matin s’avance masqué

dans l’ombre des nuages

Le palmier cache un rire de geisha

derrière la palme d’une main

 

Une pie qui jacasse

au-dessus du balcon

 secoue dans le silence

son grelot de bois sec

 

Le vol lourd des choucas

entraîne le platane

dont l’ombre s’évapore

sur la place déserte

 

Crépuscule inversé

la nuit s’évanouit.

1 août, 2015 à 19:51 | Commentaires (0) | Permalien


Mon Balcon

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Sur mon balcon

deux fauteuils de bois clair

un vieux guéridon

des étagères de guingois avec leurs planches de récup’

les pots de terre rouge

l’arborescence de la fougère

dont la fronde tamise la lumière

menthe et basilic

 

J’y goûte mes fraises

cueille des tomates

replante de vieilles « patates »

germées et ridées, rebourgeonnant à l’infini…

 

Le brouhaha lumineux de la ville s’accroche aux vrilles de la courge

A l’ombre de ses larges feuilles

suspendue dans le temps -

 

ma Thébaïde minuscule.

14 mai, 2015 à 8:06 | Commentaires (0) | Permalien


Les Antipodes (extrait d’Enfances – en cours)

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Les Antipodes

 

Te souviens-tu -

la cour de la maison et son étroite plate-bande aux grosses têtes roses et bleues – les rhododendrons. Velours sourd contre le mur de briques noires.

On habitait rue Blanche. Dans un angle de la cour, la tête de loup. Elle chassait les araignées – impossible de savoir si quelques unes encore s’y trouvaient. On frissonnait de doux effroi.

Sous la terre noire des rhododendrons, nous creusions, dans l’espoir d’atteindre les antipodes. En cachette. Chemin de fuite pour enfants rêveurs, enfermés entre quatre murs d’une courette où des toilettes aux portes vertes exhalaient une haleine d’enfer.

Qui le premier craignit, ainsi creusant, de croiser quelque mort errant sous la rue Blanche?

4 avril, 2015 à 8:54 | Commentaires (0) | Permalien


S’ensable la ville sans ombre

 

pluie de novembre à Nice (6)

la rue blafarde est un chat maigre

ondulant au rythme

des néons

 

des épaules dans l’ombre glauque d’une cabine

tressautent dans le silence qui les relie

au fil du téléphone

 

entre les lauriers-roses

un train bruisse

fracas de naufrage

et cliquetis de rames

 

25 janvier, 2015 à 9:09 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku de la Plume de Paon

Parma oct (38)

Sur le pavé luisant de pluie

une plume de paon s’irise

de grelots de lumière

17 novembre, 2014 à 18:19 | Commentaires (2) | Permalien


AEONDE (extraits)

 (cliquer sur les photos pour dérouler le diaporama)

 

Aeonde

 

 

                                   I choose a mournful Muse

 

 

 

 

Au jardin, une grive draine frotte  du bec les écailles de la grille

La bruine a brûlé les parterres

Des fantômes en pleurs  secouent leurs bras

 

Eprise de reflets l’eau givre comme le tain

Le réel glissant à la surface se greffe au filigrane des futaies endormies

Sous le grésil du vif-argent

 

La voix fixe les images et je franchis

Les confins qu’aux choses assignent les paroles

Le monde spéculaire contient la laitance des étoiles et l’éclat mort  d’anciens désastres

 

De grands blocs de détresse se heurtent en l’indifférent ressac se retirent et s’affrontent

Béliers en combat sans issue froissant leur chair de glace

Dans le grand barattage où fume la tristesse comme une opaque brume

 

Le silence dévore la carcasse de villes

Aux  perspectives nues à la blancheur de crâne sur un autel

Où les gestes insensés de statues dans leurs niches se figent

 

Des âmes en exil enchevêtrent leurs voix au silence des choses

Le jardin s’est couvert d’un pelage de loup

La tempête broie les arbres dans un muet fracas

 

Les allées sont jonchées de mains coupées

 

Enfin s’éteint lentement le murmure et la tête des ombres se couvre

Les ailes repliées Aeonde au jardin pleure

Et mon âme à ses pieds

 

Comètes déclinantes et calcinées

Astres en pluie de suie mâchurant l’horizon

Le ciel en fusion boit l’haleine des charniers

 

 

Au jardin Elle pleure la déréliction d’une foule fantôme

La chaîne que rien ne rachète

La chair couleur de tourbe

 

C’est le Jardin des Repentirs où flotte un parfum d’aubépine

Une chevêche en son vol silencieux traverse le ciel

Le cerisier décapité dresse son cou

 

Un oiseau familier s’est perché sur l’épaule du rouvre décharné

Où le sang a caillé.

 

 

 

 

 

***

29 mars, 2012 à 22:32 | Commentaires (0) | Permalien


Amarcord

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Abandonnée le long de la rue désertée

Gelsomina pleurait

 

T’en souviens-tu?

 

Lentement passaient un cheval et le vent gris

De la vie et de nos songes doux-amer

 

Ce soir nous voit assis comme elle sur la pierre  

 

Regarde

 

Les étoiles dansent autour du baptistère

Comme insectes captifs dans le halo des lampes

                        Mais tu sais que je vois aussi des châteaux  le long du torrent

                        Là où s’élèvent diurnes de simples immeubles              

 

Face à l’escalier du Teatro Reggio s’incarne le visage vide et lumineux

D’un passage voûté

 

Le vent joue avec un sachet de plastique

Petit fantôme volant selon sa fantaisie

 

Personne ne passe à cette heure

Sous le sombre rougeâtre des lampions

Tout baigne dans le crépuscule sépia de vieilles photos

 

Ecoute

 

Place de la Paix le chantier taciturne résonne comme

Un plateau de Cinecittà après le dernier clap

 

Les vélos passent lentement

Vrombit une vespa sans but

Nonchalants les Vitelloni errent sans plus de consistance que

Des images de cinéma

 

Voici pourtant ce qui manque au décor

La ritournelle de Gelsomina

                        Le son nasillard  de la trompette

                        Appeau des

Souvenirs 

Pourtant toujours là

                        plus vivants sous la pierre que tous les plaisirs

                        plus déchirants que la douleur

 

Coeur de la ville

Endormie

 

Ils attendent que nos

Voix dissipent la magie

 

Te souviens-tu?   

 

 

 

 

*

10 mars, 2012 à 20:37 | Commentaires (2) | Permalien