le blog de MARILYNE BERTONCINI

Diano Marina (Micromythologie -10 )

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Quel giorno

quando il treno si fermò

a Diano Marina

 

le swing de Paul Anka

croonant au creux de mes oreilles

Stay by me Diana

 

signe venu de si

loin

dans l’éclat de midi

 

I hope we’ll never part

 

terrifiante et soudaine certitude

d’avoir définitivement

rejoint

ta

même

solitude.

 

25 septembre, 2016 à 16:52 | Commentaires (0) | Permalien


Micromythologie – 9 – Démeter et Koré

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Matriochka au foulard d’aurore ourlé d’or

elle cherche une adresse et tend en souriant

un papier griffonné

 

Sa fille est une princesse russe

jaillie de sa longue robe fleurie

de pavots

.

Souple tige d’une tulipe noire

elle se balance sur des chaussures blanches

comme des cothurnes à semelles de liège

 

J’indique de la main l’arrêt qui correspond :

elles descendent à Acropolis

et disparaissent entre les vases

d’oliviers.

 

coquelicot balcon (1)

 

 

 

 

22 septembre, 2016 à 11:37 | Commentaires (0) | Permalien


« INRI » et « Un Peu de Terre pour des Racines », sur Levure Littéraire, n.12

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Un peu de terre pour des racines

(extrait)

Comme des graines jetées au vent

les fonctionnaires du vaste Empire

du Milieu,

emportaient avec eux une poignée

de leur terre natale –

noirs grumeaux agrippés aux racines d’un arbre

nain,

dans le grès d’un pot à couverte céladon,

couleur de l’air après la pluie,

ou aux glaçures flambées de lavande

et de langues de pourpre –

fragile cosmos portatif

couleur du Ciel

ou de la Terre.

 

Arbre de vie, porteur du nom,

arbre-pont chargé d’histoire,

de main en main, de père en fils,

il passait

comme un témoin

de l’origine vers l’avenir :

 

Il suffisait de bien peu de terre,

autour des racines de l’arbre,

pour retrouver,

dans sa changeante feuillaison,

le babil du pays natal,

les brumes du matin,

l’odeur du jasmin

écrasé sous la langue

pour en sucer le miel…

 

le texte est à lire sur la revue dirigée par Rodica Draghincescu qui publie deux de mes poèmes et des photos dans le numéro consacré aux « Camps de la Résistance & les Champs de la Conscience », avec un prestigieux sommaire :  http://levurelitteraire.com/marilyne-bertoncini2/#

 

31 mai, 2016 à 10:19 | Commentaires (0) | Permalien


A Fleur d’Etang

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J’arpente vos songes

à pas de velours d’oiseau

de cris de musaraigne

pris à la soie perlée qui tremble dans l’allée

 

à pas de feuille et de mousse

dans le lit vert de la fontaine

je glisse sur vos songes

à pas de nèpe d’eau

 

sur les coussinets du gerris

sous les algues du sommeil et la mousse des fées

dans le silence de l’étang

Je cueille vos songes

 

fantômes de vos vies

couleur de menthe mauve

couleur de cresson pâle

imparfaite dentelle de pensées nuagées.

 

24 juillet, 2015 à 9:23 | Commentaires (2) | Permalien


Le Retour des Hirondelles

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Les hirondelles qui s’arrêtent à Nice, en automne, sont-elles les mêmes qui ont cisaillé le ciel de Parme tout l’été?

A vol d’oiseau, ce n’est pas si loin… Il ne leur faut certes pas tout le temps que j’ai mis cet été-là, pour rentrer par le train de vacanciers, avec arrêt à toutes les gares de la Riviera, bondé de gens de toute sorte – valises trop grandes, petits chiens à la mode, odeurs de sandwichs et de pizzas froides – les voix braillardes qui s’entremêlent, et la chaleur, à n’en plus finir…

Certains profitaient du voyage pour vendre une voiture d’occasion – échanger des numéros de téléphone ; des jeunes filles maintenaient le contact par portable obligatoire avec des amis voyageant en voiture. Il y avait aussi… Trop de gens, il y avait : beaucoup de jeunes debouts dans le couloir, mal assis sur leurs sacs empilés. Pourquoi n’avais-je pas pris la ligne directe?

La tempête des jours précédents avait embourbé les eaux et des traces de pluie , couleur de limon, maculaient le paysage, qui traversait les vitres en longues coulures d’un vert sale. De temps à autre, un plongeur faisait s’exclamer les passagers surpris, découvrant, en surplomb, les gerbes d’écume qu’il soulevait. Le train se vidait et se remplissait sans cesse : il semblait que le monde entier avait décidé de se déplacer, à sauts de puce, sur ce trajet ; tous enjambaient, comme une ombre silencieuse, un homme assis dans le couloir. J’avais oublié, ou n’avais pas remarqué, quand il avait embarqué : au premier arrêt après Milan?

Là sans y être, tache noire parmi l’essaim coloré et bruyant de vacanciers en short, de vieilles maquillées couvertes de bijoux dorés, de vitelloni devenus de vieux boeufs bronzés aux UV… Il se taisait, se déplaçait comme une algue, selon le flux des voyageurs, parfois visible, parfois lointain, toujours solitaire. Je le remarquai assez tard, parce qu’il m’évoquait un autre voyage entre Aix et Marseille : un homme s’était dressé soudain dans le couloir où tous le bousculaient pour entrer et sortir – et il avait crié – un long cri déchirant – puis il avait sorti sa carte de militaire, qu’il pointait du doigt en lançant des sanglots de mots rauques – ancien légionnaire, il criait son désespoir de chômeur et de marginal, cherchant dans les regards qui l’évitaient une réponse, un sens à son abandon.

Un peu avant San Remo, on put s’asseoir plus confortablement. Ce muet compagnon de route rejoignit notre compartiment, avec un seul petit sac, aussi fatigué que lui – de ces sacs qui ont fait nombre de voyages sans prestige. Il sourit, et se replia sur ses pensées – et nous sur les nôtres. Il avait l’air tellement las, tellement usé, que je m’interrogeais sur les raisons de son voyage. Alors que je remarquais, machinalement et à mi-voix, la présence de nombreux climatiseurs sur les toits verruqueux – il prit la parole : « Sur la Riviera, on récupère tous les espaces pour les louer aux touristes. Sous le toit – c’est la place des domestiques : ou tout en haut, ou tout en bas, il n’y a pas de juste milieu ». Puis il sourit, et nous salua : il était finalement arrivé. Après un voyage de vingt-quatre heures. Venu du sud de la Botte pour prendre un travail saisonnier. Ombre noire, il descendit, avec les derniers passagers, avant la frontière.

De Parme à Nice, les hirondelles survolent tant de toits et tant de climatiseurs… Qui se trouve en dessous n’existe pas pour elles. Et celui qui demeure sous ces toits n’a pas non plus le temps de les regarder passer.

12 juillet, 2015 à 10:05 | Commentaires (0) | Permalien


La Rouille du Temps (8) avec Bérénice Mollet

éclosion au soir brun (peut être)n

 

Dans l’espace apaisé surgissent mes pensées

et l’île bleue où mènent en pointillé

le dédale de la toile

et l’échelle ajourée du voyage idéal.

*

18 mai, 2015 à 17:18 | Commentaires (0) | Permalien


Le Voyage Secret des Forêts (extrait 2)

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La dentelle des branches blêmes

s’éloigne dans la brume

nervures de mes nerfs

filaments de mémoire

 

Les arbres dansent vers

le rêveur horizon

voyageuse forêt de sable

du sommeil.

7 mai, 2015 à 8:02 | Commentaires (0) | Permalien


Voyage Secret des Forêts (extrait)

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Brume de fantômes

couleur de leurs racines

neige sur neige des souvenirs

- les arbres se libèrent

4 mai, 2015 à 7:07 | Commentaires (0) | Permalien


« Coquelicots » et « La Quête d’Eurydice » dans la revue Temporel d’Anne Mounic

Anne Mounic accueille deux poèmes dans le numéro 19 de la revue Temporel – je l’en remercie : à lire intégralement en suivant le lien

http://temporel.fr/Marilyne-Bertoncini-poemes

temporel d'anne mounic

28 avril, 2015 à 9:15 | Commentaires (2) | Permalien


Esquisse d’un voyage en train (extrait)

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Le ciel sombre se couvre des plumules d’un jeune goéland

Comme son négatif inversé sur la pellicule atmosphérique

Une meute de petits nuages pommelés

entre terre et cendre

Hésite à refléter l’ourlet de l’aube au col de Villefranche

Happée par la lumière plate des quais

Qui découpe en lames de couteau les palmiers.

 

7 avril, 2015 à 12:17 | Commentaires (0) | Permalien


Esquisse d’un Voyage

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Jeudi

 

Des traits de suie délitent l’horizon derrière

Les vitres embuées de l’âcre haleine de cigarettes

Et l’usure des corps

Dans le ventre métallique du train

Halètent les ailes d’un journal déplié

 

Monaco

Le train dégorge

Vide sa panse

Dans l’orbite cafardeuse du tunnel suinte

L’aube aigre

 

Puis l’eau de pierre aigue-marine et azur vert -

Dans l’infini ressassement des métaphores, c’est la mer, simplement, qui le mieux se désigne  elle-même -

Se pare d’un pâle reflet d’or rose

Une touche de lavis crépusculaire à l’horizon

Sous l’ocre plumage des nuages.

 

Surgit en mémoire « la mer glauque » – glauco, ce bleu-vert opalin comme le  reflet du jour dans le cristal blanchi d’un oeil mort,

Comme le mouvant manteau de l’huître sur le fond nacré de la coquille

Du même blanc-bleuâtre que le marli d’écume qui cerne  les rochers.

 

 

 

*

14 mars, 2012 à 21:08 | Commentaires (0) | Permalien


LE ROI-CERF (extrait)

 

 

 

(…)

 

                                  *

 

    Je m’abreuve à ce fleuve et la tête me pèse

    Un labyrinthe de pensées s’y presse

    Fantômes exigeants chasseresses insoumises en  lutte dans le dédale                                                     

 Agiles cavales en furie ayant perdu les guides et battant à mes tempes un rythme d’agonie

 

    Je m’abreuve à ce fleuve où mes pensées se mirent

   Ayant forcé mon front d’un corail qui le ceint de son vivant diadème

 

    Nuées comme l’essaim hors de la ruche enfui

    Elles tracent dans l’onde où elles coagulent  l’arbre qui me couronne comme un madrépore

 

    C’est la vie qui me quitte dans le précis reflet où s’achève ma tête

    Et double ma douleur

 

    Dépouille je m’abreuve à mes pensées.

 

                                  *

    Meute de mes années repaissez-vous de moi 

    J’ai de mon sabot d’or fait jaillir les étoiles

    Ma danse vagabonde organise le monde

    Et la gloire où me mène l’amble de mon pas illumine le gouffre où me porte la Roue

    Solaire

    A mi-parcours                                     

    Sous la forêt des signes mâchant trèfle et cerfeuil une biche et son faon paisibles se  promènent

 

    Une mésange au loin chante dans le sureau et dans le crépuscule la cloche d’une église

    Tinte

 

    O votre humide haleine attachée à mes traces

    Meute de mes années

    Toujours me déchirant mes Ménades intimes

              Le poignet tatoué du beau signe de mort

    Et railleuses toujours mes pensées avec vous

    Et les abois cendreux de l’infernale meute

              Rouges oreilles dressées comme tisons ardents

 

    Dans les frondes des mots mes ramures se prennent en entraînant mes songes.

 

                                  *

 

    Or je rêvais

 

    Sur la croisée fermée le soleil irisait l’oeil brun et douloureux

    D’un cerf

 

    Et l’oeil

    Se reflétant sur lui-même

 

 

    Créait l’illusion d’un second oeil

    Tendre

    Et insondable (…)

 

   

7 mars, 2012 à 21:51 | Commentaires (3) | Permalien


coquelicots

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Voyages en train – Voix retrouvées

 

Comme une tapisserie, une doublure

Sous ma peau se déroule

tout un paysage vivant de prairies de rivières et d’étangs

Fines nervures des racines entre souvenir et présent

 

Est-ce lui qui défile le long des rails sur les talus entraperçus  dans l’aube du voyage?

Pavots

Pavone

Papaveri

Cadaveri

Fleur de l’oubli dans le matin  engourdi qui somnole

Non le pavot à feuilles de velours de l’Odyssée

Ni le pavot ponceau des jardins mais

Anémiés fragiles

Ni mauves ni fleurs sauvages

De pâles pavots couleur lilas

Zébrure double  sur la vitre du train

Cicatrice ancienne au rebord du talus

 

Exsangues

Désincarnés

drapeaux

claquant au vent marin

Finesse de paupière de leurs pétales clos en transparence sur

Mes souvenirs d’enfance

 

Pavot coquelicot dont la soie chiffonnée cloque comme une promesse dans la

Douceur vert tendre du bouton penché sur le bord du talus

Impalpable rêve de chair évanoui dès qu’on l’effleure

 

Ephémère

et banale

fleur sans calice

et
sans calcul

Fleur sans fard
au nom éclatant

Tourmentée par le vent comme un précaire calicot portant inscrits

Les mots pâlis de la mémoire

 

*

 

Sources et
réflexions  :

Odyssée IV-221 – pavot à feuilles velues

La banalité du
mot est-elle garante de son potentiel poétique ? coquelicot :
création populaire onomatopéïque – invention, donc poésie pure d’un mot SANS
racines savantes.

Homophonie :
calicot (tissu de Callicut – bande de tissu portant une inscription) – ceci
fait-il du mot cible le symbole d’une qualité inférieure ?

Ceci serait
relayé par la fleur sans calice : sépales caducs, mauvaise herbe – fleur
sans calcul, banale, familière…

Ponceau : du
paon – nom botanique du pavot – désigne en chimie un colorant rouge vif très
foncé ;

Poppies – autre
traduction au bruit charnel de baisers – lèvres humides : polpa,
pulpe : propos et paroles – puppies, poupées.

 

6 mars, 2012 à 23:16 | Commentaires (2) | Permalien