le blog de MARILYNE BERTONCINI

(re) Commencement

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Si tu nages jusqu’au bout de ton rêve

tu parviens outre la porte des songes

sous les algues flottantes du sommeil

dans l’aurore de blancs coquillages

 

Là comme aux tout premiers temps

les choses espèrent d’être dites

et dans l’attente d’un destin

balbutient d’éphémères formes

 

Tout désordre te lie

aux choses qui s’ébauchent

entravant ton retour

au monde des vivants

*

25 décembre, 2016 à 8:59 | Commentaires (0) | Permalien


Phryné déesse grenouille (Micromythologie, 16)

GRENOUILLE  allien (2)

 

Sybillin signe sur la vase séchée

la fleur de lys laissée par une patte

 

Une nymphe est cachée

sous l’aile du silence

 

Les cigales tziganes détissent le ciel blanc

et son reflet dans l’eau

 

Sous le reflet de l’eau et les cheveux des algues

le ruisseau est marbré de l’or des diatomées

 

Serti d’un anneau d’or sous la floraison d’eau

t’observe inobservé le noir onyx de l’oeil

 

de Phryné camouflée

dans sa livrée de moire

 

28 octobre, 2016 à 11:33 | Commentaires (0) | Permalien


Hespérides du Tram (Micromythologie – 13)

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Elles n’ont même pas vingt ans

Elles vivent dans le printemps même quand l’automne haute-couture

met des chasubles de damas aux arbres roux de l’avenue

 

et elles rient et se chahutent :

elles sont libres

Combien de temps?

 

Les mariages arrangés,

retour au bled pour des vacances -

Tu te rends compte, hop dans l’avion, et mariée !

et les costumes chamarrés – tu les mettrais toi?

 

Tout les fait rire

Combien de temps?

 

Elles parlent des garçons

et textotent du bout de doigts gracieux comme

le bouton des roses miniatures

à la vitrine du fleuriste

 

C’est bon d’écouter la jeunesse

me dit aussi une voisine

 

Plus loin, debout contre la vitre

sur laquelle elle flotte en son reflet nocturne

une autre jeune femme seule et chargée de sacs

 

Dans le triangle découvert du voile noir qui la recouvre

ses yeux tristes suivent sans voir

les arbres qui défilent dans l’outre-monde du vitrage.

1 octobre, 2016 à 9:15 | Commentaires (0) | Permalien


Scène de Plage (micromythologie – 1)

 

 

Niki de Saint-Phalle

Niki de Saint-Phalle, Nana au Grand Palais

 

Le soleil feule comme un léopard

pour la dame aux tétons roses

sur les galets gris de la plage

 

Sa peau brune de terre cuite luit

si belle

sur ses rondeurs primordiales

 

Ses yeux mi-clos ensilent

une semaille d’étoiles

dans le ciel à l’envers

30 août, 2016 à 18:45 | Commentaires (0) | Permalien


Ma tête est soudée – illustration de Pierre Rosin

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Ma tête est soudée à l’intérieur de la tienne

et ta tête repose dans la mienne

la vulnérable paroi de mon crâne

butant contre ta fontanelle

 

Tes yeux voient à travers les miens

nos bouches se superposent

tes pensées me traversent

comme un fleuve électrique

 

Tu rêve mon retour

dans le creux de mon rêve

et notre rêve s’évapore

dans la salive du matin

*

19 février, 2016 à 18:29 | Commentaires (0) | Permalien


Lendemain

cap ferrat (13)

Là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

Ces mots au réveil – d’où venus?

 

Les membranes du sommeil

s’effilochent

les frondes bougent

avec un frisson d’aise

 

Les souvenirs s’effeuillent

aux branches des forêts

mortes

 

Le réel s’insinue

sous la peau du sommeil

les paupières obstinées

et les lèvres fermées

 

là où tremblent encore

des ombres d’un vert tendre

 

avant l’explosion du plein jour

l’essaim des cris

l’éclat des mots

la mort.

17 novembre, 2015 à 11:08 | Commentaires (0) | Permalien


Poème du grain de sel (extrait d’un travail en cours)

DSCN3866 - CopieDans l’oeil du rocher

l’écaille incandescente du sel

         – éblouissante obole au nocher

reprise par la vague

dans l’incessant voyage d’ici à

l’eau

        -delà.

 

22 juillet, 2015 à 14:42 | Commentaires (0) | Permalien


Le Grain de Sable

pluies de novembre (1)

Un grain de sable sous la paupière

poussière de la mort entre ton œil

et la lumière

Oh que le grain ne meure

pas et que le rêve s’agglomère !

2 avril, 2015 à 9:41 | Commentaires (0) | Permalien


Lorsque la mort nous rêve

2015-01-09 14-40-12_0019

Lorsque la mort nous rêve

derrière ses paupières

une graine de mort germe

dans chaque mot

28 mars, 2015 à 20:06 | Commentaires (0) | Permalien


Pelures de pleurs

écorce pelure

.

.

.

Lames de rasoir à l’angle de mes yeux

il pleut

et l’écorce-pelure de chair d’eucalyptus

frissonne

13 mars, 2015 à 20:50 | Commentaires (0) | Permalien


INRI – poèmes et photos

Poème à feuilleter sur Calaméo en suivant le lien : http://fr.calameo.com/read/004120293eb2904deea9e

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26 janvier, 2015 à 21:04 | Commentaires (0) | Permalien


Fantômes d’E.(rydice) – extrait d’un travail en cours

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Avant la vapeur d’or

sur les collines

le liseré d’émeraude

à l’aube de la mer

un instant je

ferme les yeux

et

tu

es

frémissant derrière mes paupières

battement d’oiseau à la jugulaire

haleine tiède sur le gris

de la pluie

 

mon compagnon de cendre

18 janvier, 2015 à 15:45 | Commentaires (0) | Permalien


L’Ombre

ce soir les oreilles des arbres...

 

Du fond du puits croît l’ombre

sans mémoire

l’ombre des yeux fermés

paupières verrouillées

une absence

totale

27 novembre, 2014 à 18:08 | Commentaires (1) | Permalien


Haïku de l’Oeil

 

eau forte, aquatinte au sel de Dominique Crognier

eau forte, aquatinte au sel de Dominique Crognier

*

L’oeil du monde palpite

Le vent ploie les oiseaux

Qui te regarde encore

dans l’ombre qui s’étend?

*

19 novembre, 2014 à 7:52 | Commentaires (0) | Permalien


Haïku des Etoiles

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Des yeux clos des étoiles sourdent des

diamants

qui s’accrochent au matin à la pointe

de l’herbe

 

 

13 novembre, 2014 à 20:29 | Commentaires (0) | Permalien


L’Oeil du monde…

 

 

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Le ciel a la candeur

paisible d’un regard

 

Des bruissements d’odeurs frisent

la toison de fougères

au ventre des talus

Le vent couleur de feuilles frissonne

et frôle de sa langue à la saveur de menthe

le clair filet d’eau vive

que reflète le ciel

 

Et dans tes yeux ouverts

enclos comme une image

je regarde le monde

à son premier matin.

(inédit – 1979)

 

8 novembre, 2014 à 9:14 | Commentaires (0) | Permalien