En toi mon regard devint aurore
Et ma voix gazouillis de nid…
Et ma rouge bouche passionnée
Avait la fraîcheur du lin pâle…
Et ton baiser m’enivra comme un vin
Fauve d’Espagne, en une coupe ciselée…
Et de mes cheveux dénoués
J’étendis à tes pieds l’ombre d’un chemin…
Mes paupières sont couleur verveine,
j’ai les yeux pers et je suis brune
Et c’est afin de te connaître que je suis née…
Toute ma vie Je t’ai désiré,
Et maintenant que je te parle, que je te vois,
Je ne sais si je t’ai trouvé… ou bien perdu…
Ma traduction à partir de la version italienne de Sergio Baldelli, Brughiera in fiore , en attendant la sortie de LE LIVRE DES CHAGRINS, ouvrage qui réunit quatre recueils de Florbela Espanca (1894-1930), aujourd’hui considérée comme une des poétesses majeures de la littérature portugaise. Il s’agit de Le livre des chagrins, Sœur Saudade, Bruyère en fleur et Reliquiae. Il est préfacé par un autre grand poète portugais : Al Berto (1948-1997). La traduction a été réalisée par Claire Benedetti.)

